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Le développement psychoaffectif chez l’enfant

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INTRODUCTION

Jusqu’à Sigmund Freud (1856-1939) la sexualité sexualité génitale, commence à la puberté, moment où s’éveille l’instinct génital avec l’entrée en fonction de la capacité de reproduction. On considère en effet, à cette époque, que la sexualité infantile est inexistante.
Freud n’a pas inventé la sexualité infantile, mais il l’a “découverte” (1908).

Auprès du monde scientifique de son temps, il fait valoir la réalité et la normalité de l’existence d’une sexualité dans l’enfance. De plus, selon Freud, la sexualité génitale normale de l’adulte ne se réduit pas à la génitalité.

Après avoir présenté dans un premier temps, les principaux stades de la sexualité infantile, nous nous attacherons à la période de transition entre sexualités infantile et adolescente: la période de latence. Enfin, dans une troisième partie, nous présentons les questions les plus fréquentes et nous proposons quelques conseils aux parents pour une meilleure éducation sexuelle.

LES STADES DU DÉVELOPPEMENT PSYCHOAFFECTIF DE L’ENFANT

Selon S Freud, c’est une description chronologique du développement psychoaffectif, cet enchaînement met en évidence différentes problématiques successives (orale, anale, phallique) et laissant des traces

Stades pré-génitaux qui précèdent l’organisation du complexe d’oedipe

Stade oral

recouvre la première année de la vie

La zone érogène prévalente : est la zone bucco-labiale, le carrefour aero-digestif jusqu’au l’estomac, les organes de la phonation mais aussi tous les organes sensoriels
L’objet pulsionnel est représenté par le sein maternel ou par son substitut (biberon).
La fonction alimentaire sert de médiateur principale à la relation symbiotique mère-enfant, et le plaisir oral vient s’étayer sur l’alimentation. L’enfant découvre que l’excitation buccolinguale procure un plaisir en soi.
Le but pulsionnel : il d’agit d’une part de plaisir auto-érotique par stimulation de la zone érogène orale (succion) et d’autre part un désir d’incorporation des objets.
Le sevrage représente le conflit relationnel spécifique à cette période, si le sevrage est trop tardif, il peut être vécu par l’enfant comme conséquence de ses pulsions agressives c’est-à-dire une punition ou une frustration.

A ce stade, il existe une équation symbolique pour l’enfant entre la nourriture et la mère et les difficultés relationnelles avec celle-ci peuvent se traduire

Stade anal

recouvre la deuxième année de la vie.
Le plaisir anal (étayé sur l’excrétion des selles) existait déjà auparavant mais il va désormais se conflictualiser
La zone érogène prévalente est la muqueuse ano-recto-sigmoïdienne, voir toute la muqueuse digestive. A ce stade, il s’agit soit de conserver les objets passés à l’intérieur de soi, soit de les expulser.
L’objet pulsionnel est les fèces et la mère qui est également un objet partiel à maîtriser et à manipuler.
Le but pulsionnel est donc double, d’une part un plaisir auto-érotique par stimulation de la zone érogène anale grâce aux selles, d’autre part une recherche de pression relationnelle sur les objets et les personnes qui commencent à se différencier. Il trouve du plaisir à expulser et à retenir.

Stade phallique

recouvre la troisième année de la vie.

La zone érogène prévalente est l’urètre avec le double plaisir de la miction et de la rétention. C’est à ce stade que se manifeste la curiosité sexuelle infantile. L’enfant prend conscience de la différence anatomique des sexes (présence/absence du pénis).

Stade génital: Le complexe d’oedipe

c’est le moment fondateur de la vie psychique assurant le primat de la zone génitale
La période œdipienne se situe approximativement entre 3 et 5ans. Le complexe d’oedipe permet l’avènement d’un objet global, entier et sexué.

  • L’angoisse de castration: s’origine dans la constatation de la différence de sexes ; face à cette angoisse, le garçon va se défendre par le surinvestissement du pénis . La fille, elle, qui a découvert son clitoris va développer une « envie du pénis ». Cette envie du pénis va introduire la fille à la problématique œdipienne. Dans la légende, le complexe d’œdipe correspond à une attirance pour le parent de l’autre sexe et à des sentiments de haine ou de rivalité pour le parent de même sexe.

La période de latence:

c’est une période a-conflictuelle, se situe entre 7 et 12ans, on assiste progressivement à une désexualisation des pensées et des comportements grâce à un travail de refoulement* permettant les sublimations. Celles-ci, déplaçant les buts pulsionnels vers des objets plus socialisés (jeux, musique, sport…), et donnant lieu à une disponibilité de l’enfant pour les apprentissages pédagogiques.

La puberté et l’adolescence:

On parle de crise qui vient colorer soudainement la période de latence.
Il s’agit d’une crise narcissique et identificatoire avec des angoisses intenses et à l’authenticité et à l’intégration du soi, du corps et du sexe
,on assiste à des modifications physiques, somatiques ainsi à des émergences pulsionnelles massives.
On décrit alors une réactivation du complexe d’œdipe avec un déplacement sur des substituts parentaux (professeurs, artistes…)
On constate à cette époque une tendance au passage à l’acte, une manipulation de l’idée de mort et l’émergence fréquente d’idées dépressives.
La problématique de dépendance et d’autonomisation (psychique) sont à l’œuvre avec parfois des difficultés à se séparer et pour l’adolescent la quête d’une autonomie, toujours plus grande, tout en évitant le risque de se retrouver seul

Quelques définitions à retenir

  • La pulsion
    est une force biologique inconsciente qui, agit d’une façon permanente. La source des pulsions est corporelle. C’est un état d’excitation (comme la faim, le besoin sexuel…) qui oriente l’organisme vers un objet, grâce auquel la tension sera réduite. La pulsion fournit l’énergie psychique nécessaire à l’activité de l’appareil psychique. C’est une charge énergétique qui fait tendre l’appareil psychique vers un but.
  • Oedipe, le mythe :
    Œdipe, fils de Laïos, roi de Thèbes, est un enfant abandonné par ses parents car promis à un funeste avenir. L’oracle lui a prédit qu’il « tuera son père et épousera sa mère ». La macabre prédiction se réalisera : lors d’un voyage, Œdipe, devenu adulte, sera en effet amené à tuer un homme, qui est en fait son père, puis épouse la veuve reine de Thèbes qui, sans qu’il le sache, est en fait Jocaste, sa mère. Il prend ainsi la place de son père et devient roi de Thèbes. Il a deux fils et deux filles. Plus tard, le secret de la naissance d’Œdipe est connu et le fait qu’il ait épousé sa mère fait scandale; il se crève les yeux et renonce à la royauté.
  • Refoulement
    Action de refouler, de rejeter en arrière, de repousser.Action de repousser de sa conscience certaines tendances, certains instincts. Action de déplacer un aéronef vers l’arrière.

QUELLES SONT LES QUESTIONS LES PLUS POSÉES PAR LES ENFANTS

Toute question mérite une réponse. Alors si vous évitez une question de votre enfant, il risque d’aller chercher ses réponses ailleurs. Alors même s’ils vous embêtent, les points d’interrogation de votre enfant méritent que vous y donniez suite.

Pourquoi les filles n’ont pas de zizi ?

A partir de 3 ans, l’enfant est de plus en plus intrigué par les différences entre son corps et celui des autres. Il cherche à surprendre la nudité de ses parents. Les petites filles s’inquiètent de ne pas posséder un pénis ; il faut lui expliquer que son sexe à elle est placé à l’intérieur de son ventre. Les petits garçons, eux, ont peur de voir leur sexe s’envoler. A vous de leur expliquer que le pénis est “attaché” au corps et grandira au fur et à mesure et que sa taille diffère selon les garçons.

Comment on fait les bébés ?

Une graine a été déposée par le papa dans le ventre de la maman. Elle rencontre un œuf dans lequel un être vivant se développe. Après neuf mois un bébé sort du ventre de sa maman.

Les parents peuvent adapter leurs explications en fonction de l’âge de leur enfant. Quand il est un peu plus grand, on peut lui dire que le pénis du papa entre dans le vagin de la maman et qu’il émet un liquide contenant une semence. C’est celle-ci qui fera croître un bébé dans le ventre de la maman.»

Qu’est-ce que ça veut dire «faire l’amour»?

‘Faire l’amour’, c’est donner et recevoir des câlins spéciaux. Seuls les parents et les amoureux peuvent faire ces câlins. Ils partagent des moments ensemble, ils sont parfois nus et ils se caressent. Les parents doivent aussi préciser qu’on ne fait pas l’amour avec n’importe qui.

Pourquoi on fait des bébés ?

En posant cette question, l’enfant veut savoir plus sur sa propre existence. «Les parents doivent répondre qu’ils veulent avoir un enfant parce qu’ils s’aiment profondément et qu’ils entendent, ainsi conserver une preuve de leur amour.
Les parents font un bébé parce qu’ils le désirent très fort.

Et si votre enfant vous surprenait au lit!

L’enfant peut être traumatisé parce qu’il imagine que le papa est en train d’écraser la maman. La réaction des parents peut également le surprendre, d’où, il est important de le rassurer. Les parents doivent lui expliquer qu’ils ne se font pas mal. Au contraire, ils se font des câlins et des caresses que seuls les adultes s’échangent,les parents doivent insister, également,que cette intimité soit respectée. Si la porte de la chambre des parents est fermée, l’enfant doit cogner et attendre avant d’entrer.

Pourquoi on fait des bébés ?

En posant cette question, l’enfant veut en savoir plus sur sa propre existence. «Les parents doivent répondre qu’ils veulent donner la vie parce qu’ils s’aiment profondément et qu’ils entendent ainsi conserver une preuve de leur amour. Les parents font un bébé parce qu’ils le désirent très fort.

C’est quoi l’homosexualité ?

À un moment ou à un autre, les parents devraient parler à leurs enfants des relations homosexuelles. «Il faut expliquer qu’il peut arriver que deux personnes du même sexe s’aiment et qu’elles développent une relation amoureuse ensemble. Il est nécessaire d’insister sur la notion d’amour, qui est à l’origine de toutes les relations.

Comment réagir face à ses questions ?

  • Vous devez fournir des réponses simples, cohérentes et franches. Les enfants ne recherchent pas des réponses trop détaillées.
  • Évitez de paniquer, si par exemple, vous trouvez votre enfant en train de « jouer au docteur », ce n’est qu’un jeu innocent. Expliquez lui calmement que les parties intimes du corps sont privées, et en tant que telles ne doivent pas être partagées avec d’autres.

Comment se comporter face à la masturbation ?

Les enfants se masturbent dès le plus jeune âge, avant même d’avoir appris à marcher. C’est une manière de découvrir leur corps. Il ne faut jamais l’interdire ni la condamner, au risque pour eux de croire que la jouissance est quelque chose d’interdit.

Expliquez-leur simplement que ce plaisir est normal mais réservé à l’intimité.

Et s’il ne pose pas de question ?

Cela ne veut pas dire qu’il ne s’intéresse pas au sujet mais qu’il a ressenti une gêne de la part de son entourage lorsqu’il a abordé la question auparavant. Donc, il n’ose plus en reparler. Guettez donc les questions indirectes : “Ils viennent d’où les bébés chiens ?”… Sinon, abordez vous-mêmes les sujets en choisissant des mots adaptés à son âge ou en vous aidant d’un livre d’éducation sexuelle.

Vidéo: Le développement psychoaffectif chez l’enfant

Le développement psychoaffectif chez l'enfant

2 Responses to "Le développement psychoaffectif chez l’enfant"

  1. SIRIBO Guy Martial  18 septembre 2012 at 0 h 31 min

    Bonjour à tous je suis étudiants ivoirien en psychologie, je dois animer une formation des formateurs(jeunes de 16 à 20 ans) qui s’occupent des enfants de 08 à 12 ans.

    J’aimerai donc que vous me proposiez un plan d’exposé ainsi que des détails le comportement psychologique des enfants de cette tranche d’age.

    Merci d’avance

    Répondre
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