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Propositions métapsychologiques :L’affect dans son rapport a la fonction et au fonctionnement

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Propositions métapsychologiques :L’affect dans son rapport a la fonction et au fonctionnement

 

L’inscription signifiante

L’inscription signifiante crée l’écart entre fonction et fonctionnement, c’est-à- dire que cet écart est articulé précisément avec «la tempérance» (à rapprocher du «loup de foudre» freudien qui déborde entièrement par excès de facilité de frayage ilmis la douleur).

Cette inscription signifiante suppose un support

  • C’est sur ce support que va fonctionner la parole de la mère qui vient symboliser la lunction en la parlant, pour permettre un fonctionnement — ce qui engage la compétition  de la mère à faire plus ou moins fonctionner par la parole.
  • Ce  support de l’inscription, qui soutient un écart, ne peut se faire que du côté de la fonction, car c’est dans la’fnesure où la fonction fonctionne, que le fonctionnement a liipport à la fonction; car le fonctionnement suppose d’avoir été anticipé par la fonction, llltiis cette supposition ne prend effet réel, que du signifiant qui s’y inscrit, et qui l’inscrit.

En effet, c’est dans la mesure où la fonction fonctionne, c’est-à-dire produit du fonctionnement, que peut se situer le support. Car la fonction est susceptible d’anticiper le fonctionnement; la fonction est un trou de signifiance puisqu’elle est phalique, et que le phallus n’a pas de signifiant, et que le S2 (ou savoir inconscient)  cela représente, attend d’un S, (c’est-à-dire d’un signifiant maître : par exemple lr savoir et la compétence de la mère) de prendre signifiance. Les chaînes de signi- tlmice du fonctionnement tournent autour du trou de la fonction, et c’est de cette limnière que le fonctionnement renvoie à ces fonctions réelles que sont les orifices, les Irous du corps, autour desquels tourbillonnent les signifiants du fonctionnement.

La fonction, pour préciser les qualités du support de l’inscription signifiante, lippnraît double, et doit être envisagée sous deux aspects :

  • la fonction dépend de ce en quoi elle se trouve être organisée par la loi phallique qu’elle est;
  • la fonction est liée au réel organique des structures qui la sous-tendent (lésions du nysiôine nerveux central, cécité, privations sensorielles, maladies génétiques, etc.). ( n i correspond à la qualité du support de la fonction du côté de l’enfant. Mais, autre piiut important, la qualité de ce support dépend aussi de ceux (mère, institution, etc,)qui tiennent lieu de fonction pour l’enfant étant donné son immaturation foncière. Lu qualité du support dépend donc de ces deux données de fait. Il en est de même du fonctionnement, dans la mesure où celui-ci va être amené ji déborder à la fois la fonction qu’il est chargé de faire fonctionner, et ceux qui tien- 1 nent lieu de la fonction tant qu’elle est immature.

L’inscription signifiante consiste à confier à ce débordement du fonctionnement un indice :

  •  indice d’une transgression par débordement maximal : douleur ou jouissance ; I
  •  indice d’un frein par réduction maximale dii fonctionnement à la fonction (chez l’obsessionnel par exemple, ou dans les inhibitions pathologiques) ;
  • indice d’un arrêt du fonctionnement qui met en péril l’organe soutenant lu fonction (par exemple amblyopie par strabisme) ;
  • indice d’un déplacement d’un fonctionnement d’une fonction sur une autre, voire d’un organe vers un autre, pour en détruire un, ou le protéger;
  • indice de condensation : dans le cas ou il y a un fonctionnement pour x fonctions.

La psychanalyse de l’enfant est particulièrement capable, apte à démontrer la perti- | nence de ces débordements ainsi indexés, et celle de leurs ravages pas seulement dans leurs effets organiques.

Signifiance d’organe

Si l’on prend l’organe pour autre chose que ce qu’il est dans sa fonction propre, du côté de l’analyse si on le prend sous l’angle des excès ou des déficits de fonctionne- « ments et des débordements, l’organe peut être alors compris et pensé, non plus du seul point de vue fonctionnel et organique mais aussi du côté de la jouissance (le fonctionnel peut être un effet de la jouissance), dont la fonction peut être exercée par le fonctionnement ou le dysfonctionnement.

  •  Exemple

Dans le transfert, Séraphine, qui est gênée et «ne peut» parler de ce qui la gêne dans la gorge et dans le ventre, mais peut le dessiner. A la question « en avez-voiiH ■ parlé à vos parents et que vous en ont-ils dit?», elle répond que «si ça continue, ils l’emmèneraient chez le médecin» :

_  les parents, par leur réponse, montrent qu’il sont compétents à ne pas se laissci déborder en ne répondant pas à tout ;

 _    l’analyste en fait autant en disant qu’il ne s’intéresse qu’à la parole, parce qu’il n’est pas médecin ;

D’où l’effet tempérant : les «maux» cèdent aux mots.

Il y a là quelque chose d’un rapport transférentiel qui n’imaginarise pas le corps au point d’en menacer réellement les organes (s’il s’agissait d’une appendicite par exemple, le danger d’une telle imaginarisation serait de détruire l’organique).

  •     Dans le cas d’un non fonctionnement, qu’est-ce qui peut détruire un organe, parce qu’il est privé de la jouissance du fonctionnement? Ceci pose d’abord la question de la relation entre fonctionnement et jouissance.

Dans la première topique freudienne, il était question de la jouissance ; mais I c’était celle à laquelle le principe de plaisir venait faire limite, et justement par la baisse de tension — ce que nous appellerons tempérance.

Nous avions vu l’effet du refoulement sur l’emballement ou sur le déficit du fonctionnement; dans la mesure où la pulsion et ses objets sont indissociables du lunetionnement, c’est-à-dire dans la mesure où ils sont indissociables de tout ce qui relève de la posturo-motricité (contingent constant), comment pourrait-on négliger II’ fait que ce fonctionnement soit aussi chargé d’affect, si nous entendons par là l’excitation sexuelle en qualité bien déterminée» dont parle Freud dans son Entwurff a  propos du contingent constant du complexe perceptif? Ce bien déterminé freudien est intéressant car il nous ramène, à propos du rapport fonction et fonction­nement, à la tempérance grâce à laquelle il n’y a d’excès ni en surcharge ni en di’licit pour le fonctionnement. Le rapport fonction et fonctionnement tend donc normalement» vers la régulation phallique que la fonction, grâce à l’inscription lénifiante, impose au fonctionnement, afin que ce rapport ne produise pas trop de débordement, afin, pourrions-nous dire, qu’il soit «bien déterminé» sinon «bien tempéré».

  •  La jouissance phallique est celle qui se rapporte au phallus, lequel est sans signifiant. C’est donc une jouissance à laquelle manque un signifiant, signifiant qui manque également dans le grand Autre. Cette jouissance est phallique parce qu’elle fait  loi dans l’organique; à ce titre, elle est jouissance de la fonction, puisque la lonction est phallique. Si la fonction est phallique, le phallus n’étant pas un signifiants, la fonction n’est bordée que des signifiants qui font inscription pour elle dans mm fonctionnement.

Sa jouissance est ordonnée à une loi, et ne connaît que tempérance ou écart dans ses débordements. Comment sa jouissance pourrait-elle devenir Autre? La jouissance Autre ne fait rien d’autre que de destituer du registre phallique la fonction, pour la invaler au pur réel, pour en réelliser le mécanisme. Le débordement est cette fois  réel, et peut conduire à la destruction de l’organe dont se soutient la fonction.

La jouissance Autre, c’est le fonctionnement sans dépendance aucune par rapport à lu formule du fantasme. C’est le déchaînement des lettres ou l’acharnement contre la fonction.

La jouissance sexuelle :

C’est celle qui a rapport au fonctionnement et plus précisément à ses objets : les pulsions, les demandes et les besoins s’y conjoignent; il s’agit de la théorie sexuelle et de la qualité particulière des souvenirs d’enfance.

Cette question ramène à celle que pose Lacan à propos de la place et de la fonction ilu sexuel proprement dit. Pour lui, le sexuel est toujours horizontal, c’est-à-dire à l’horizon. Chez l’enfant, le sexuel n’a pas de réel mais est fixé à son horizon non moins que chez l’adulte. C’est pourquoi la pulsion peut prendre pour l’enfant l’importance que lui confère la jouissance, devenant ainsi «sexuelle», jouissance à des pulsions chez l’enfant qui va ultérieurement compliquer le réel sexuel chez l’adolescent.

En effet, qu’en est-il de l’horizon du sexuel chez l’enfant et de son articulation à la Imiissance? La psychanalyse montre que nous ne pouvons qu’après-coup aborder irlle question, à travers les caractéristiques des théories sexuelles infantiles et la Indique particulière des souvenirs d’enfance

Le fonctionnement serait ce qui permettrait de connaître enfin quelque chose (Je lu jouissance, laquelle est interdite au savoir si l’on s’en tient à la position de Lacan.

Autrement dit, cette jouissance sexuelle chez l’enfant, on voit bien qu’elle a à faire avec la sublimation et l’imaginaire. Sublimation vers la curiosité, le savoir, avec Ifl refoulement et la période de latence, et avec la prégnanpé de l’imaginaire dans le* souvenirs d’enfance.

C’est dire que le refoulement qui aboutit à la théorie sexuelle infantile et ufl souvenir d’enfance, est un refoulement spécial, en ce sens qu’il n’a pas tellement  voir avec le principe de plaisir, mais plutôt avec le principe de réalité et la négation — réalité dont il va être question —- et qui ne concerne justement pas l’appareil génital, mais tout ce qui peut tourner autour.

Ça tourne autour

Ce qui fait énergie pour tout ce qui demeure autour du trou laissé par le refoulement, c’est justement ce que le refoulement ne concerne pas, c’est la jouissance, laquelle ne fait pas partie du grand Autre, dit Lacan.

Le fonctionnement, ses pulsions, ses objets, en bénéficient. C’est cette jouissance qui correspond à l’Affect, tel que Freud en parle dans Y Entwurf et dans la Verneinung. Quand en effet Freud dit que la levée du refoulement ne concerne que lu représentation inconsciente et laisse de côté l’affect, on saisit ce que serait le retour d’un refoulé auquel l’affect ou la jouissance seraient associés!…

Ce qui reviendrait ainsi, provoquerait un débordement de jouissance, un fonc­tionnement qui pourraient n’avoir plus de loi. Ça ne serait pas loin du passage à l’acte du côté de la motricité, et ailleurs, ça organiciserait le retour du refoulé (l’enfant qui déambule, qui devient agressif, qui chie partout, qui bave, etc.). Pour pallier un tel retour de jouissance, le sujet ne peut plus que se réfugier dans lu grande crise végétative, la perte de conscience épileptique, les évanouissements, les maladies aiguës, etc. Ou bien, au lieu de cette aphanisis subjective, il lui reste le pur intellect. Comme dit Freud : ça n’est encore qu’intellectuel. Le plus-de-jouir, c’est justement ce qui compense le quasi impossible retour de la jouissance dans su globalité.

   Si la mère reste au lieu de la fonction, la jouissance détermine un défaut de fonc­tionnement chez l’enfant : il y a un danger pour l’organe qui jouit du fonctionnement; et du même coup, c’est elle qui, telle une fonction ou un organe, jouit du fonctionnement dont l’enfant n’est plus que l’objet. C’est le cas de nombreuses mères d’enfants malades chroniques, ou même de certains dons qu’elles font de leurs organes. La mère est à l’origine jouissance et objet de jouissance.

 A l’inverse, la mère ne se tient pas au lieu d’une fonction. Dès lors l’enfant est privé de son fonctionnement, privé de débordement et de jouissance. Ce qui apparaîl parfois clairement dans certains cas d’autisme et de psychose.

Exemple :

La mère d’un enfant autiste déclare : «Je ne suis pas au lieu du regard-de l’enfanl, donc ça n’est pas moi qui le regarde». N’étant pas dans ses yeux à lui pour regarder ; elle est donc omniprésente. Et puisqu’elle dit que ce n’est pas elle qui le regarde. Elle s’absente. Elle n’est pas là, c’est-à-dire qu’elle n’est pas dans ses yeux pour se voir, C’est en cela, uniquement en cela, qu’il n’y a pas d’objet du regard dans leurs lunges, et que du coup un débordement manque dans ce fonctionnement privé de l’i’h jet qui lui serait nécessaire.

Conclusion

L ‘inscription signifiante crée l’écart entre fonction et fonctionnement quand elle permet qu’existe entre eux un rapport de tempérance grâce auquel la pulsion et ses objets sont embrayés par le fonctionnement au service de la fonction.

L’ inscription signifiante, en créant cet écart, créé le frayage par lequel pulsions et objets  peuvent être à leur tour créés par le fonctionnement.

 

Vidéo : Propositions métapsychologiques :L’affect dans son rapport a la fonction et au fonctionnement

http://www.youtube.com/watch?v=FUIGwtjTDSE

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