Recherche Qualitative

> > Recherche Qualitative ; écrit le: 21 novembre 2011 par La rédaction

Recherche qualitative, qu’est ce que c’est ?

C’est le recueil des informations relatives aux attitudes, aux opinions et aux expériences des personnes par rapport à un concept, à une idée ou un produit donné. Cette méthode de recherche a été utilisée en sociologie, en psychologie et plus récemment en marketing et même en ergonomie de conception.
Particulièrement en marketing des logiciels interactifs et site WEB, il semble que les techniques de recherches qualitatives sont très rentables pour réaliser des contenus et des fonctionnalités adaptés aux attentes des utilisateurs et clients cibles.
Ce type de recherche vient en complément à la recherche quantitative (enquête), souvent elle la précède pour formuler des hypothèses à vérifier ou elle en donne suite pour approfondir certains aspects de l’objet de la recherche.

Les outils associés à la recherche qualitative sont l’entretien individuel et l’entretien de groupe. L’entretien individuel, comme son nom l’indique c’est un entretien de face à face avec une seule personne avec un objectif préalablement défini et une méthodologie adaptée.
Dans ce qui suit nous allons détailler un peu plus la présentation de l’entretien de groupe dit également ‘’focus group’’, discussion dirigée de groupe ou entretien de groupe centré sur lui-même.

Qu’est ce qu’un entretien de groupe ?

C’est une discussion réunissant de 6 à 12 personnes sensées être concernées par le sujet de la recherche qualitative envisagée (futur utilisateurs d’un produit ou d’un service…). Cette discussion dirigée se déroule généralement dans un local autour d’une table en présence d’un modérateur, facilitateur ou animateur avec un observateur chargé d’assurer la logistique de l’enregistrement vidéo ou audio de la discussion.
Le rôle de l’animateur est d’encourager la discussion, faciliter l’expression de chacun et d’obtenir l’interaction entre les participants.
La durée moyenne d’un entretien de groupe est de deux heures, le nombre de groupes à former par objet de recherche est variable de trois à une dizaine et généralement le dernier groupe est celui qui n’apporte pas de plus par rapport à son ou (ses) précédent(s).
En animant une discussion dirigée d’un groupe, on doit s’interdire d’enseigner ou de convaincre mais plutôt se concentrer sur l’écoute du groupe pour recueillir des informations toujours plus riches concernant l’objet de la discussion.

Les principales étapes de l’organisation d’un entretien de groupe :

– Identification d’un sujet à traiter dans le cadre de la recherche qualitative envisagée.
– Définition des objectifs associés au traitement des informations résultantes du déroulement des discussions dirigées de groupes.
– Procéder à des vérifications permettant de s’assurer que les objectifs sont de l’ordre de l’exploration et que le sujet ne soit pas trop sensible pour permettre une discussion en groupe.
– Définition du public cible pour la recherche qualitative envisagée.
– Précision de l’homogénéité du public cible (pour déterminer le nombre de discussions exigées, il faut au moins deux discussions pour chaque public cible homogène, en effet cela dépendra de la complexité des objectifs associés à la recherche qualitative envisagée).
– Sélection des endroits où les discussions dirigées de groupes vont avoir lieu :
. Combien de régions vont être concernées ?
. Combien de région faut-il explorer pour obtenir une certaine confiance et pour que les résultats soient représentatifs de la majorité.
.A chaque endroit, où est ce qu’il faut aller pour trouver un lieu convenable pour la discussion.
– Sélection de l’animateur et le reste de l’équipe (exemple de question à se poser à cette étape c’est : Les participants seront –ils plus confortable avec un homme ou une femme).
– Sélection des moyens logistiques nécessaires au bon déroulement des discussions (moyens d’enregistrement, matière à présenter aux participants, divers moyens : tableau, de quoi écrire, papiers…).
– S’assurer à l’avance que les participants à la discussion dirigée ont bien les caractéristique du public cible précédemment définit.
– Planification du déroulement des discussions dirigées envisagées (date, heure, lieu durée).
– Définition par l’animateur du plan de déroulement de la discussion en particulier la formulation des questions à poser pour obtenir le maximum d’information pertinente
pour l’objet de la recherche, pour diriger la discussion d’une manière logique selon une chronologie prédéfinie des questions à soulever et pour s’assurer une certaine vigilance permettant l’identification de toute idée nouvelle émanant de la discussion.
– Conduite et animation des discussions.
– L’analyse des résultats : extraire les idées et les résumés du discours des participants en rapport avec les objectifs de la recherche qualitative menée puis formuler des recommandations pour la suite.

Déroulement type d’une discussion dirigée :

1- Les présentations : l’animateur, les autres membres de l’équipe de la recherche présents, l’observateur (enregistreur) et expliquer les raisons de l’enregistrement (surtout faire comprendre que tout ce qui se dit est intéressent et pour ne pas occuper l’attention de l’animateur par la prise des notes pendant la discussion).les participant les un aux autres. Les présentations durent environ 10mn.

2- Commencer la discussion par les points faciles, simples, pour permettre à chacun des participants d’être à l’aise dans cette situation. Le démarrage de la discussion dure à peu près 10mn.
3- Discussion des points les plus importants ce qui durera à peu près 1heure à 1,5 heure.
4- Discussion des points moins importants car normalement les participants à ce niveau là manifestent certains signes de fatigue. Cette étape durera de l’ordre de 15mn.

5- L’animateur prend un moment de réflexion et éventuellement se concerter avec les autres membres de l’équipe à propos de la meilleure façon d’utiliser les 10 ou 15mn restant pour la discussion.
6- L’animateur signale la fin de la discussion et renouvelle ses remerciements pour les participants d’avoir exprimé leurs idées et leurs opinions concernant le sujet de la discussion.
7- S’il y a des cadeaux de remerciement ou des honoraires, ils sont généralement distribués à la fin de la discussion.

Les problèmes qui peuvent se présenter lors d’une discussion dirigée de groupe :

Participant dominant:

C’est une personne dans un groupe qui initie la conversation, qui défend une position avec fermeté et qui cherche à influencer les autres.
L’animateur peut employer le regard pour inviter les opinions des autres et peut aussi décourager cette personne dominante en ne la regardant pas .Si ces techniques ne sont pas suffisantes, l’animateur peut essayer de dire quelques chose de façon très polie pour communiquer qu’il trouve les pensées de la personne dominante très intéressantes, et qu’il veut aussi avoir les idées des autres participants sur les mêmes sujets. L’idée est de faire taire la personne dominante sans la froisser ou la vexer, parce que cela pourra aussi gêner les autres participants et à cet effet l’animateur devra être sincère ,poli, sensible aux sentiments de la personne dominante et en même temps persuasif à son égard.

Participant timide :

Avec la personne timide, il faut lui faire sentir par le regard que son avis est important pour l’animateur et que ses idées et ses opinions sont aussi importantes que celles des autres participants. Aussi, il y a lieu de suivre le comportement de cette personne et saisir l’occasion quand elle est prête à s’exprimer. Si elle ne commence pas à participer de part elle-même, il faut lui trouver une question très facile et lui demander gentiment une réponse directe. Si la personne n’arrive pas à répondre et commence à être mal à l’aise, il faut continuer avec les autres et essayer de revenir vers lui plus tard.

Expert ou participant plus expérimenté sur le sujet que les autres :

Cette personne peut facilement dominer la conversation, même si elle n’est pas d’un caractère dominant, seulement parce que les autres vont se référer à elle, et vont se taire devant elle. Il faut absolument que cette personne ne domine pas la discussion. Alors, essayer d’expliquer à cette personne et au groupe que son expérience est bien appréciée par le groupe et par l’animateur, mais que les expériences et les idées des autres participants sont également importantes pour comprendre la variété des expériences qu’existent parmi les participants.

Essayer de suggérer que l’expert attende à chaque question que les autres aient pris la parole avant qu’il n’exprime son avis.
Parfois si, l’expert ne peut pas se taire, la meilleure façon de faire c’est de l’inviter à partir, en lui disant que son niveau d’expérience est tellement avancé que ses opinions empêchent la recherche d’atteindre son but …, le but de la recherche étant de comprendre les attitudes et pratiques des non expérimentés sur le sujet.

Tous les participants parlent à la fois :

L’animateur pourra au moment de la présentation expliquer qu’il ya lieu de prendre la parole une à la fois, pour que l’animateur puisse bien comprendre ce que chacun a à dire et pour qu’il puisse bien comprendre l’enregistrement. Parfois, cela bloque au début, et peut empêcher les participants de prendre la parole la première fois. Un autre moyen est d’attendre jusqu’à ce que tout le monde commence à parler à la fois. A ce moment, ils vont eux-mêmes bien apprécier le problème en même temps que l’animateur l’explique.

Un participant exprime un point de vue bouleversant l’équilibre de la conversation :

Par exemple, une personne peut dire à une autre que ses idées sont complètement fausses, ou une personne peut dire qu’une question posée par l’animateur est stupide. Il est absolument nécessaire de rééquilibrer la discussion. Une des approches étant de présenter les idées des autres personnes avec les quelles l’animateur a discuté le sujet, avec des opinions à l’opposé de celles du bouleversant .Cette approche donne aux participants la possibilité de choix, sans se sentir attaquées par la personne qui a présenté l’opinion bouleversante.

Les participants posent des questions à l’animateur :

Normalement, il ne faut pas répondre aux questions posées par les participants sur le sujet, premièrement parce que cela rend l’animateur expert, et par conséquent les participants n’oseront pas exprimer leurs avis devant un expert. La meilleure façon d’éviter ces questions est d’expliquer que c’est précisément parce que l’animateur n’est pas un expert sur le sujet des expériences des participants et c’est la raison pour laquelle il est là pour les écouter.
Il faut continuer en expliquant que l’animateur est venu parce que le projet de recherche a besoin des renseignements du groupe cible pour arriver avec succès à son but.
Après cette explication, une des techniques ramenant de riches renseignements étant de demander pourquoi la personne a posé la question ou alors reposer la question au groupe.
Parfois, les participants insistent sur une réponse à un tel point que la discussion risque d’être détruite si l’animateur ne donne pas une réponse. Dans ce cas –là il faut répondre, pour satisfaire la curiosité du groupe, mais en disant le moins possible.

Arrivée des observateurs :
Si la discussion se déroule dans un local (salle, bureau …), il n y aura pas de problème, cependant quant la discussion a lieu dans un village en plein air, sous un arbre ou même dans une salle communautaire du village, cela peut arriver que d’autres villageois s’intéressent au sujet et viennent assister à la discussion. La meilleure chose à faire c’est de les laisser venir si leur présence ne va pas perturber et empêcher la continuation de la recherche.
Si l’animateur, juge que leur présence pourra empêcher les participants d’exprimer librement leurs opinions et leurs pratiques, il faut très poliment leur expliquer que la recherche le demande et qu’ils seront très gentils de partir. S’il ne s’agit que d’interruptions empêchant la concentration des participants ou d’interruptions momentanées par le fait de poser des questions sur le sujet de la discussion, la meilleure chose est de poursuivre ,autant qu’il est possible et de respecter les traditions du village.
Il n’est pas possible de les associer à la discussion, parce qu’ils ne sont pas nécessairement du groupe cible pour la recherche, aussi il est absolument impossible de chercher les ‘’pourquoi’’ et ‘’comment’’(le but de la discussion dirigée) ,surtout quand il ya plus que 12 personnes .Essayer de leur expliquer que leurs questions sont sans doute très intéressantes mêmes aux participants , mais que l’animateur a une grille des questions préparée à l’avance qu’il doit poser pour arriver au but de la recherche, et si le temps le permet à la fin de la discussion, les questions des observateurs peuvent être adressées.

La discussion se déroule hors du sujet :

Si tout le monde discute intensément sur un certain point, parfois hors sujet, l’animateur peut profiter de l’occasion pour réfléchir tranquillement sur sa grille de questions. S’il se rend compte que cela ne sert à rien de continuer une discussion hors sujet, l’animateur peut suggérer que la discussion vient de lui faire penser à une question proche du sujet de la rencontre. De cette façon, l’animateur a donné le temps pour les participants et cela rend que le changement du sujet est plus acceptable de la part du groupe.

Défaillance au niveau du système d’enregistrement :

Immédiatement, après la discussion, il faut rejouer un peu l’enregistrement et s’assurer qu’il a effectivement eu lieu. Sinon, il faut que l’équipe de recherche (Animateur & Observateur) se réunissent le plus tôt possible pour recréer la discussion de mémoire, autrement la discussion va être perdu.

← Article précédent: Vie de couple et infidélité Article suivant: Stress au quotidien comment le combattre


Une réponse pour "Recherche Qualitative"

  1. JEAN LOUIS Jean Calixte  19 septembre 2012 at 14 h 44 min

    quels sont les differents aspects sous lequels on peut definir le concept “evolution” dans un cadre de recherche?

    Répondre

Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié

Top articles de tout le site