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Les troubles anxieux : Aspects cliniques

Vous êtes ici : » » Les troubles anxieux : Aspects cliniques ; écrit le: 21 février 2012 par tayechi

Séméiologie générale  ou commune

L’anxiété est, dans tous les cas, un état émotionnel caractérisé par trois ordres de manifestations:

– psychiques : sentiment de peur vague, d’inquiétude, d’attente d’un danger. Cependant, dans certains cas, le patient ne rapporte qu’un vécu d’irritabilité. Dans les formes sévères, on peut voir s’installer un sentiment de dépersonnalisation et de déréalisation.
– neuro-végétatives : précordialgies, palpitations, tachycardie, sensations d’oppression thoracique et d’étouffement, sensations d’évanouissement ou de vertiges, nausées (parfois vomissements), sensations de boule dans Sa gorge, dysphagie, sécheresse de la bouche, paresthésie, tension musculaire, tremblements, pollakiurie, diarrhée.
– comportementales : la mimique peut exprimer la peur, l’inquiétude (le visage les mains peuvent être crispés). Quand l’anxiété est importante, on peut observer une instabilité motrice (incapacité à rester en place qui se traduit par un besoin impérieux de bouger) voir un état d’agitation ou, à l’opposé, une inhibition psychomotrice.

Formes sémiologiques:

L’anxiété pathologique revêt trois formes cliniques principales :

la crise d’angoisse paroxystique ou attaque de panique ( A.P.) réalise un tableau extrêmement évocateur : le début en est volontiers brutal ; le patient est en proie à une peur à Sa fois intense et vague, sans objet précis ; il est dans i’attente d’une catastrophe imminente ; dans certains cas, cette angoisse dite flottante trouve une ébauche de fixation dans la peur de devenir fou, de perdre le contrôle de soi ou encore de mourir, peur alimentée par les nombreuses manifestations somatiques, surtout cardio-respiratoires : le sujet souffre d’une tachycardie, d’une sensation de constridtion tiioracique, d’une impression d’étouffement, sa gorge est serrée avec sensation d’étranglement. Il transpire de manière importante et peut être en proie à une sensation de vertiges ou d’évanouissement, à une impression de brouillard visuel à des bouffées de chaleur. Il existe, parfois, des nausées, des vomissements, une diarrhée ou une polyurie ; de même, les manifestations neurologiques ne sont pas rares : tremblements, sensation de dérobement des jambes, de paresthésie (picotements, engourdissement des membres).

L’aspect général du malade et son comportement témoignent de cet état d’angoisse aigu : le visage est pâle, les traits tirés ; le patient est tantôt prostré, paralysé par la peur, tantôt agité et fébrile.
La durée est variable, de quelques minutes à quelques heures (en moyenne 30 minutes).
Au décours de la crise le patient ressent une profonde asthénie, une sensation d’épuisement et de désarroi. La peur anticipatoire d’une nouvelle attaque s’installe en général à partir de la deuxième crise.



 L’anxiété chronique :

le trouble anxieux chronique reproduit sur un node mineur mais quasi continu les principaux traits de la crise d’angoisse paroxystique :

sur le versant psychologique, on retrouve un sentiment d’inquiétude continu présent la plupart du temps au cours de la journée. Ce sentiment d’inquiétude peut être >3c je, imprécis, se focaliser sur une crainte particulière (par exemple, crainte d’une récidive r attaque de panique dans le cas du T.P., crainte d’être malgré soi confronté à une situation pnobogène chez le phobique) ou encore être généralisée (craintes exagérées face à tous les souds de la vie quotidienne dans le cas du trouble anxiété généralisée). Ce fond d’inquiétude rémanent s’accompagne souvent d’une sensation d’être survolté, d’une irritabilité, de difficultés de concentration ou de trous de mémoire, d’une hyperesthésie sensorielle
rto érance au bruit, réaction de sursaut exagérée), de troubles du sommeil (difficultés ; endormissement ou sommeil interrompu) et d’une fatigabilité.
sur !e versant somatique : l’anxiété chronique est responsable de nombreuses – arrestations neuro-végétatives dont les plus fréquentes (90%) touchent la sphère cardio- -rsoiratoire : le malade se plaint d’une gêne respiratoire plus ou moins prononcée, de rrécordialgies, de palpitations ; des perturbations digestives sont présentes dans la moitié ;es cas : sensation de barre épigastrique, de pesanteur abdominale, de bouche sèche, aérophagie, nausées, spasmes coliques etc. En fait, toutes les sphères peuvent être concernées : urinaire, neuromusculaire, sensorielle, etc.

Remarques :
l’attaque de panique n’est pas spécifique du trouble panique. Ce n’est pas un diagnostic mais une forme sémiologique. On peut, par exemple, la retrouver dans les roubles phobiques. Mais, à la différence du trouble panique, elle n’est pas imprévisible Isque déclenchée par la confrontation à la situation phobogène.
De même l’anxiété chronique n’est pas synonyme d’anxiété généralisée chronique. C’est également une forme sémiologique et non un diagnostic. On peut la retrouver :ans divers troubles anxieux.

 Formes somatiques : Cette richesse et cette variété de l’expression somatique ;e l’anxiété expliquent le recours des patients à la médecine surtout spécialisée. Et ce c autant que toutes ces manifestations peuvent se présenter de façon isolée, sans le contexte psychologique évocateur. C’est ce qu’on appelle les formes somatiques ou masquées de l’anxiété, où les symptômes neuro-végétatifs résument le tableau clinique. Il existe des formes somatiques d’attaque de panique et des formes somatiques d’anxiété chronique.

Aspects culturels de la sémiologie anxieuse

Le diagnostic de l’anxiété se base sur la présentation du malade en particulier sa mimique et son attitude mais aussi et surtout sur son discours. Ce dernier point nous amène à faire quelques remarques sur la manière dont les patients expriment leurs symptômes d’anxiété dans notre contexte socio-culturel.

L’anxiété psychique : pour exprimer leur vécu émotionnel d’anxiété certains patients utiliseront les locutions « khayef » ou « khayef min ghir sbeb ». Le terme de « khayef » est surtout employé par les patients qui présentent un trouble panique ou phobique. Ces termes ou locutions permettent au médecin de situer clairement l’éprouvé psychique dans le registre de l’angoisse.

Ce n’est pas le cas des termes « kalak », « feded », « mnervez » sont, également, souvent utilisés par les anxieux pour qualifier leur vécu subjectif. Il faut savoir que ces termes sont imprécis au niveau de leur sens: par exemple le terme « kalak » (qui est la traduction académique du terme anxiété) ou de « feded » peut très bien être utilisé par un patient dont l’éprouvé psychique est celui d’une tristesse.

Le terme de « mnervez » traduit un vécu d’irritabilité. Or l’irritabilité est un signe peu pertinent dans la démarche diagnostique en psychiatrie (car on la retrouve dans de nombreuses pathologies, la dépression notamment).

Les manifestations somatiques : dans toutes les cultures, et c’est particulièrement le cas dans la notre, les patients anxieux mettent souvent leurs symptômes somatiques à l’avant plan de leur discours. Ils posent en général peu de problèmes de reconnaissance sémiologique.

Les manifestations comportementales : posent également peu difficultés de reconnaissance sémiologique. Dans notre contexte socio-culturel on retrouve dans les attaques de paniques, assez fréquemment, des pseudo pertes de connaissance qui font porter, à tort, le diagnostic de manifestations de conversion hystériques.

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