Les phobies

> > Les phobies ; écrit le: 15 novembre 2011 par La rédaction modifié le 11 novembre 2014

Définition des phobies :

Phobie a une étymologie grecque, phobos qui indique une peur intense avec une idée de fuite et de désordre.
En médecine,la phobie désigne la crainte angoissante d’un objet donné. Cette angoisse est irraisonnée, incontrôlable (ou peu contrôlable) et disproportionnée face à la dangerosité réelle de l’objet. Cet état d’angoisse se manifeste en présence de l’objet et il s’apaise en son absence.
L’intensité des manifestations anxieuses en présence de l’objet est variable.
L’objet phobogène « qui génère l’angoisse phobique » peut être très variable d’un malade à l’autre. Ce peut être un objet précis (couteau, plume, etc.), un animal, ou une situation particulière (agoraphobie, claustrophobie, etc.).
Le sujet phobique a conscience du caractère pathologique de son trouble (caractéristique générale des troubles névrotiques en opposition aux troubles psychotiques).
La clinique décrit les conduites d’évitement où le malade évite dans la mesure de ses possibilités la rencontre avec l’objet et des mesures contra-phobiques moins rationnelles d’allure magique ou superstitieuse qui aident le sujet à affronter l’objet.
Les symptômes phobiques se rencontrent essentiellement dans une maladie : la classique névrose phobique. Des approches plus récentes, influencées par des théories cognitivocomportementales. Cette névrose phobique classique se retrouve de plus en plus souvent séparée en trois troubles : trouble panique et agoraphobie, la phobie simple et la phobie sociale.
Les théories cognitivo-comportementales mettent en avant le rôle de l’apprentissage. La phobie résulte d’un apprentissage erroné ou étendu abusivement. La maladie résulte d’un mauvais traitement de l’information avec un psychisme qui interprète à tort des situations, ou des objets, comme potentiellement dangereux.
Ces approches débouchent sur des attitudes qui peuvent diverger. Toujours en simplifiant, dans l’approche classique, le symptôme névrotique n’est pas directement visé par le soin ; il s’intègre à une névrose. Hormis la situation particulière d’une confrontation à l’objet phobogène, le névrosé phobique obtient un relatif confort psychique. La phobie est en quelque sorte “sa solution”.
Dans le deuxième type d’approche le symptôme phobique sera mis au centre du problème et sa disparition concentrera l’effort thérapeutique. Un nouvel apprentissage vise la disparition du symptôme. La phobie n’est plus “une solution” mais le problème à éliminer.

Les phobies simples :

C’est la phobie classique, avec un objet phobogène précis ou une situation spécifique.
Les approches « modernes » séparent la l’agoraphobie et de la phobie sociale car le symptôme phobique est isolé et stable dans le temps.
Elle est fréquente, le trouble est souvent peu invalidant.
Les objets phobogènes précis les plus fréquemment rencontrés sont :
– Les animaux (souris, le pigeon, chiens, rats, serpents, araignées).

  • Objets coupants ou pointus (couteau, aiguilles, etc.)

Des objets phobogènes de situation :

  • L’orage ou d’autres situation d’environnement naturel (pluie, vent, neige, montagne).
  • la claustrophobie (peur des lieux clos). Elle peut se rencontrer dans l’agoraphobie.
  • La phobie des hauteurs (l’acrophobie).
  • L’hôpital, le dentiste, le sang, la vue du sang, et la prise de sang etc.
  • Les moyens de transport (train, avion, voiture, etc.). Elles entrent le plus souvent dans le cadre d’une agoraphobie.
  • La nosophobie , la phobie des maladies. Ce signe peut entrer dans le cadre des phobies simples avec une peur isolée de tout ce qui touche à la maladie (Discussion, lecture, malade) et un évitement.

Mais souvent c’est plus complexe et ce signe entre dans le cadre d’autres maladies (névrose obsessionnelle par exemple).
Cette phobie peut parfois être le prolongement d’une peur infantile –phobie de l’enfance- (surtout les animaux). Elle se révèle le plus souvent à l’âge adulte.
Dans de rares cas, elle est secondaire à un événement traumatisant (phobie des transports).
Il s’agit d’un trouble très fréquent (5 à 10 % des adultes). Il touche plus souvent la femme (plus de 10%.
Le trouble est durable et il reste stable sans provoquer les complications des autres troubles phobiques.
L’évitement est le plus souvent facile.
Les formes peuvent être plus ou moins sévères, selon l’intensité de l’angoisse selon la fréquence de rencontre de l’objet phobogène. Parfois l’anxiété peut être déclenchée par la simple évocation ou la vue d’une image de l’objet.
Généralement la maladie ne suscite pas une demande de soins.

L’agoraphobie :

En étymologie, l’agora, c’est la place centrale de la cité, là où se réunissaient les citoyens de la cité grecque antique.
L’agoraphobie, c’est la peur des lieux publics. Cette pathologie a été isolée des troubles phobiques pour être rapprochée du trouble panique.
Elle serait rarement isolée mais serait secondaire à un trouble panique. Cette phobie serait la crainte du patient de se retrouver dans une situation où il ne peut pas obtenir de l’aide, ou dans une situation où le sujet craint la survenue d’une nouvelle attaque de panique.
Ainsi le plus souvent l’agoraphobie ne serait pas la phobie spécifique d’un lieu mais secondaire à l’anxiété consécutive à un trouble panique.
Le trouble est évolutif et les situations phobogènes ont tendance à devenir de plus en plus nombreuses.
L’agoraphobie est une peur de l’extérieur et des lieux publics.
Les lieux anxiogènes les plus fréquents sont les rues, surtout s’il y a de la foule, les grands magasins particulièrement, la file d’attente, le métro, le bus, le train,les salles de cinéma mais aussi les grands espaces vides, les lieux déserts. Les lieux fermés sont aussi concernés (tunnel, ascenseur). Ce sont des situations ou le sujet craint par exemple d’être ridicule, ne pas pouvoir agir, où être bloqué si une crise survenait.
Il n’y a pas de lieu vraiment spécifique mais d’une manière générale le malade craint tous les lieux où il ne se sent pas en sécurité (présence d’étrangers,éloignement d’un proche ou d’une aide).
Après une ou plusieurs attaques de panique, les lieux qui évoquent la première crise d’angoisse sont évités (apprentissage). La crainte d’une nouvelle crise(anticipation) développe l’évitement de situations de plus en plus nombreuses.
L’anxiété persiste et le malade se replie sur une “zone de sécurité”, les lieux familiers, son quartier, son domicile. Progressivement l’évitement limite sa zone de sécurité et le trouble a tendance à s’aggraver. L’agoraphobe n’arrive plus à sortir de chez lui dans les formes invalidantes.
La survenue de nouvelle attaque de paniques renforce “l’apprentissage négatif” et limite la “zone de sécurité”.
Les objets et les mesures contra-phobiques sont fréquents. Plus ou moins logique, avec une efficacité d’allure magique, ils servent à minimiser l’angoisse et à affronter l’extérieur.
L’évolution est Parfois spontanément favorable. Après une ou plusieurs attaques de panique et une difficulté à aller dans certains lieux extérieurs, le sujet retrouve confiance (apprentissage positif) et retrouve son autonomie.
Le risque d’une chronicisation et d’une aggravation progressive est à craindre.
Dans les formes sévères, la zone de sécurité est tellement restreinte que le sujet peut se retrouver confiné dans son lit.
Les complications peuvent progressivement prendre le devant du tableau :

  • L’alcoolisme. La consommation d’alcool peut au départ aider à affronter l’extérieur. En devenant de plus en plus fréquente, il peut s’installer une dépendance physique et après plusieurs années, le tableau initial d’une agoraphobie peut passer au second plan voir même disparaître derrière un alcoolisme chronique massif.
  • La surconsommation médicamenteuse avec un abus d’anxiolytiques une dépendance physique.
  • La dépression et le risque suicidaire.

Le traitement médicamenteux base sur l’utilisation de certains antidépresseurs qui ont une action préventive de l’attaque de panique.
C’est l’utilisation prudente, du fait du risque d’abus, des benzodiazépines qui apportent une amélioration rapide de l’anxiété
Les psychothérapies avec les thérapies cognitives et comportementales qui visent une amélioration symptomatique. Les thérapies d’inspiration analytique. La relaxation. L’hypnose.

Les phobies sociales :

La phobie sociale se caractérise par des situations phobogènes où le malade est observé par les autres et où il craint d’agir d’une manière embarrassante ou honteuse.
Les situations phobogènes sont variables et nombreuses :

  • Parler en public.
  • La peur de rougir (éreutophobie) ou de transpirer.
  • Écrire devant les autres (la crampe de l’écrivain).
  • Manger en public.
  • Utiliser les toilettes.
  • Demander un renseignement dans la rue.

Très fréquentes dans des formes mineures, elles sont parfois très invalidantes.
Ce trouble toucherait autant la femme que l’homme
L’âge de début est précoce, pré-pubertaire mais la maladie peut ne se révéler que tardivement
Le trouble va entraîner un évitement de la situation phobogène et ainsi, il peut être bien toléré.
La confrontation à la situation phobogène entraîne une anxiété et une altération des performances qui va renforcer le trouble. La phobie peut ainsi s’aggraver avec des manifestations anxieuses plus importantes (attaque de panique) et une augmentation de l’évitement avec un isolement social du sujet.
Souvent présentées à part, les phobies sexuelles avec la crainte d’une performance insuffisante (homme et femme) peuvent être rapprochées des phobies sociales.
Dans les théories cognitives de l’apprentissage, ces échecs renforcent le symptôme.
Les objets contra-phobiques peuvent aider. Par exemple un objet porte bonheur, comme une personne connue dans l’assistance pour faire un discours en public.
Souvent bien toléré ce trouble peut se compliquer : alcoolisme, surconsommation médicamenteuse et dépression.

Les phobies de l’enfant :

Les peurs et les phobies font partie du développement normal de l’enfant

  • la peur de l’étranger vers le 6ème mois
  • L’angoisse de séparation avec la mère jusqu’à 2 ans
  • Les terreurs nocturnes, les cauchemars les rituels du coucher avec la peur du noir (à partir de 3 à 4 ans)
  • A partir de cette époque, La peur des animaux le loup, la peur des sorcières, etc.

L’intensité des troubles peut parfois orienter vers une pathologie et ils peuvent être invalidants.Les phobies de l’enfant.
Les peurs et les phobies font partie du développement normal de l’enfant.

L’intensité des troubles peut parfois orienter vers une pathologie et ils peuvent être invalidants.
Deux tableaux cliniques peuvent justifier des soins, l’angoisse de séparation (avec la mère ou la maison) et la phobie scolaire.

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