Les deuils particuliers

> > Les deuils particuliers ; écrit le: 22 février 2012 par abir

Si la personnalité est primordiale dans la capacité à faire un travail de deuil normal, d’autres variables la limitent considérablement. La nature de la mort et la violence qui l’accompagne, pour les deuils contempo­rains d’un syndrome psychotraumatique, les deuils mul­tiples pour les personnes atteintes par le sida et leur propre deuil anticipé doivent être traités à part. Les pro­fessionnels sont confrontés à des pertes fréquentes (soi­gnants, employés des Pompes Funèbres, sauveteurs, sol­dats). Enfin, les disparitions entravent le processus du deuil quand l’assurance de la réalité de la mort n’est pas donnée. Pour les handicapés et les déficients mentaux, réaliser la mort de leurs proches n’est possible qu’en fonction de leurs représentations de la mort et surtout de celles de leur propre mort.

Syndrome psychotraumatique et deuil

Une distinction doit être établie entre les facteurs de deuil traumatique (dépendant principalement de la per­sonnalité) et l’aspect traumatisant de la perte (violence physique, mentale, sociale).

Nous incluons dans ces aspects traumatisants les élé­ments d’une catastrophe naturelle (tremblement de terre, éruption volcanique, raz de marée, inondation) ou d’une « catastrophe humaine » (guerre, attentat, viol, homi­cide, suicide). Discriminer ces dimensions est fondamen­tal. En effet, les personnalités limites sont ici aussi les grandes « victimes » de ces violences (elles figurent majoritairement parmi les traumatisés), mais elles ne sont évidemment pas les seules. Les études menées sur les témoins d’un attentat ou d’un meurtre collectif mon­trent que tous ne présentent pas les mêmes séquelles. Les victimes qui ont subi un événement traumatique pendant l’enfance présentent plus de troubles que les autres. Les femmes sont également plus touchées ; enfin, les per­sonnes qui présentaient des troubles psychiatriques anté­rieurement (troubles dépressifs) sont encore atteintes plus d’un an après le traumatisme.

Le concept de névrose traumatique n’est plus employé mais a laissé la place à la notion d’état de stress post- traumatique (Barrois, 1988). La notion de stress est tel­lement galvaudée qu’elle paraît pourtant largement ina­daptée. En effet, il n’y a pas réaction aspécifique, comme Cannon l’avait postulé, dans le stress, mais plu­tôt absence de réaction après le traumatisme. Les Anglo- Saxons utilisent cependant ce concept, et, bien que nous le trouvions incomplet, il doit être connu de tous les pra­ticiens du deuil. Il y manque, en particulier, les symptô­mes somatiques fréquemment développés par les adultes, et encore plus par les enfants. Ainsi, les troubles du sommeil sont majoritaires, les difficultés de la sphère digestive sont courantes et, surtout, les anomalies der­matologiques, qui vont de simples manifestations eczé­mateuses à des psoriasis, des alopécies.

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