La Jalousie: Qu'est ce que c'est ?
La jalousie est une émotion pénible, mêlant crainte, colère et douleur, que l’on éprouve lorsqu’on redoute de perdre au profit d’un rival une personne ou un avantage auquel on tient. Elle se distingue de l’envie, avec laquelle on la confond souvent : l’envieux désire ce que l’autre possède, le jaloux craint qu’on lui prenne ce qu’il a.
Jalousie et envie : deux sentiments voisins
Le mot « jaloux » vient du latin populaire zelosus, lui-même issu du grec zêlos, l’ardeur, qui a aussi donné « zèle ». La jalousie met en jeu trois termes : soi, l’être aimé ou le bien convoité, et le rival. L’envie n’en implique que deux : celui qui envie et celui qui possède ce qui lui manque, qu’il s’agisse d’une maison, d’une réussite ou d’un bonheur apparent. Le proverbe « l’herbe est toujours plus verte chez le voisin » illustre cette seconde expérience. Dans l’usage courant, les deux mots se mêlent pourtant, et l’on dit volontiers « jaloux » pour « envieux ».
La jalousie amoureuse
La forme la plus connue est la jalousie amoureuse. Elle naît de la peur de perdre l’être aimé et de la douleur d’imaginer qu’il puisse en préférer un autre. Une part de jalousie est banale dans une relation et peut témoigner de l’attachement. Elle devient problématique lorsqu’elle se traduit par la surveillance, le contrôle des fréquentations ou du téléphone, les accusations répétées : elle détruit alors la confiance qu’elle prétend protéger et peut constituer une forme de violence au sein du couple.
La Rochefoucauld en a donné une analyse restée célèbre : « Il y a dans la jalousie plus d’amour-propre que d’amour » (Maximes). La jalousie parle souvent davantage de l’estime de soi et de la peur d’être abandonné que de l’autre.
Le désir mimétique selon René Girard
Pour René Girard, qui expose cette idée dès Mensonge romantique et vérité romanesque (1961), nos désirs ne sont pas spontanés : nous désirons ce que désire un modèle que nous admirons. Ce modèle devient vite un rival, puisque nous convoitons le même objet. La jalousie est un moment de cette dynamique : le jaloux est persuadé que le rival le devance et lui barre l’accès à l’objet, dont la valeur grandit justement parce qu’il est disputé. Le rival fascine autant qu’il est haï, car il incarne ce que le sujet voudrait être.
Quand la jalousie devient pathologique
La psychiatrie distingue la jalousie ordinaire de la jalousie pathologique. Freud, dans un article de 1922, opposait une jalousie « normale », une jalousie « projetée », où l’on prête à l’autre ses propres tentations d’infidélité, et une jalousie délirante. Dans sa forme extrême, la jalousie délirante, parfois appelée syndrome d’Othello d’après la pièce de Shakespeare, consiste en une conviction inébranlable et infondée de l’infidélité du partenaire. Elle peut accompagner certains troubles psychiatriques ou un abus d’alcool, expose à un risque de violence et relève d’une prise en charge médicale.
Quand la jalousie fait souffrir, envahit les pensées ou abîme la relation, en parler à un psychologue ou à un médecin peut aider à en comprendre les racines et à retrouver de la sérénité.


vous devez être connecter pour déposer un commentaire connecter