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Dysphasie – “Disphasie”

Vous êtes ici : » » Dysphasie – “Disphasie” ; écrit le: 15 novembre 2011 par La rédaction modifié le 29 juillet 2018

Disphasie

Définition de la dysphasie :

La dysphasie est une anomalie chronique plus ou moins sévère qui touche le développement et l’apprentissage du langage oral de l’enfant. Elle entraine l’échec d’une acquisition normale du langage réceptif et/ou expressif, il ne s’agit ni d’un retard intellectuel ni d’un trouble psychologique, et ce n’est pas non plus un trouble de la communication. L’enfant dysphasique a des difficultés a comprendre ou à mémoriser des informations et il a du mal à s’exprimer, alors qu’il comprend très bien. Les dysphasiques souffrent de troubles précoces et isolés du langage, ils parlent mal et tardivement. Il ne s’agit pas d’un simple retard de langage, mais c’est une pathologie sévère et durable qui touche deux grands domaines du langage oral : la compréhension et l’expression.



Des chiffres concernant la dysphasie :

La dysphasie touche 1% de la population, soit plus d’un million de personnes en France.
La dysphasie touche au moins un enfant sur 100 en âge de la scolarité, chaque année, en France.
Les garçons sont concernés trois fois plus que les filles sans qu’on sache bien pourquoi.

Les différents types de dysphasie :

On distingue de manière générale trois types de dysphasie:
Dysphasie légère transitoire : l’enfant parle mais les mécanismes d’acquisition démarrent tard et les diverses étapes du développement du langage durent plus longtemps.
Dysphasie de développement : non seulement l’enfant parle tard, mais il parle mal encore à 6 ans.
Dysphasie sévère persistante : l’enfant ne parle toujours pas à 4 ou 5 ans et même encore plus tard.

Les causes de la dysphasie :

La dysphasie n’est pas le résultat d’une déficience intellectuelle, ni d’un déficit sensoriel, ni d’un trouble autistique de la communication et de la relation. Les enfants dysphasiques ne présentent pas d’anomalie cérébrale et ils ne sont ni sourds, ni autistes, ni attardés, ni déficients mentaux.
Les recherches récentes mettent en avant une origine neurobiologique, c’est-à-dire un dysfonctionnement de certaines structures cérébrales qui traitent spécifiquement les informations liées au langage présent dès la petite enfance ainsi que les aires avoisinantes qui ont d’autres fonctions que le langage. La dysphasie touche d’autres fonctions neuropsychologiques telles que l’attention, la mémoire, la planification et l’organisation ainsi que la motricité fine et globale.
La parole articulée ne se limite pas à la fabrication et l’assemblage des mots, elle fait aussi interagir des zones qui interviennent dans le vocabulaire, la façon d’utiliser les mots et la combinaison complexe des sons ou des mots pour avoir un sens. Si une ou plusieurs des structures qui forment le langage articulé se sont mal développées, des troubles du langage apparaissent ce qui donne la dysphasie.
L’activation cérébrale chez le dysphasique :
Quand on parle à un enfant dit normal qui n’a pas de trouble, il va activer une région précise du cerveau située dans l’un des lobes du cerveau qu’on appelle le lobe temporale (appeler aussi planum temporal). L’enfant dysphasique va activer toute la surface du cerveau mais pas spécialement cette zone.

Les signes de la dysphasie :

Le cerveau humain est biologiquement programmé pour développer le langage : à 6 mois, l’enfant babille, à 1 an, il dit ses premiers mots et à 4 ans, le langage est normalement formé. Or, dans la dysphasie, le langage oral ne suit pas les étapes du développement normal. Chez certains dysphasiques, cette programmation innée est complètement perturbée. Certains signes peuvent nous alerter : à18 mois, l’enfant n’emploie encore aucun mot, à 2 ans, l’enfant ne fait pas de phrases significatives et il a un vocabulaire inférieur à 30 mots, à 3 ans, le langage de l’enfant est inintelligible et il ne fait pas de combinaison de deux mots, et à la fin de l’école maternelle, l’enfant est jugé immature.

La prise en charge thérapeutique :

Le bilan professionnel:

La prise en charge d’un dysphasique doit passer en premier lieu par un bilan fait par un ou plusieurs spécialistes (un médecin spécialiste, un orthophoniste, un psychologue, neuropsychologue, psychomotricien, ergothérapeute, etc.) voire par une équipe pluridisciplinaire. Plus le diagnostic est fait tôt, plus vite l’enfant sera pris en charge.
La rééducation orthophonique : La prise en charge thérapeutique nécessite une rééducation orthophonique. L’idéal c’est une séance par jour de logopédie. L’orthophonie est indispensable pour aider l’enfant dans la communication et accompagner les parents.
La rééducation en psychomotricité : L’enfant dysphasique a souvent un problème de repérage dans l’espace et dans le temps, il a donc besoin d’une rééducation en psychomotricité.

Le traitement global :

La prise en charge traite généralement l’enfant dans sa globalité. Le traitement doit être adapté au cas par cas en fonction du type de trouble du langage, des compétences de l’enfant et des troubles associés à sa pathologie. Selon ses troubles l’enfant aura besoin de différents types de traitement et de différents spécialistes : psychologue, pédopsychiatre, psychomotricien, etc. Le cas de l’enfant sera toujours discuté et réévalué par une équipe multidisciplinaire. Les progrès sont généralement assez lents et la rééducation est très longue avec la participation indispensable des enseignants à l’école et des parents à la maison.

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Une réponse pour "Dysphasie – “Disphasie”"

  1. dubel nicolas  2 avril 2015 at 21 h 29 min

    mon enfant Nathan agée de 2ans, il ne fais toujours pas de frase structurer et il a un vocabulaire inferieur a30 mots ;par contre pour le déplacement dans l’espace il n’y a pas de problème il est même plutôt habile il a plus des problème d’attention de planification et d’organisation pour le rangement des jouets il ne tien pas en place dans ce cas pourait on dire que mon fils ais dysphasique ou hyper actif ……?

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