Définition schizophrénie

La schizophrénie est une maladie psychiatrique chronique qui altère la perception de la réalité, la pensée, les émotions et le comportement. Elle débute le plus souvent à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte. Selon l’Organisation mondiale de la santé, elle touche environ une personne sur trois cents dans le monde.
Définition et origine du mot
Le terme a été proposé au début du XXe siècle par le psychiatre suisse Eugen Bleuler, à partir du grec skhizein (fendre) et phrên (esprit). Il désignait la dissociation entre les différentes fonctions psychiques. Avant lui, le psychiatre allemand Emil Kraepelin avait décrit la maladie sous le nom de « démence précoce ». Contrairement à une idée répandue, la schizophrénie n’est pas un « dédoublement de la personnalité » : ce dernier relève d’un autre trouble, le trouble dissociatif de l’identité.
Les symptômes
Les manifestations varient beaucoup d’une personne à l’autre. On les regroupe habituellement en plusieurs ensembles :
- symptômes positifs : idées délirantes (conviction d’être persécuté, surveillé ou investi d’une mission), hallucinations, le plus souvent auditives (entendre des voix) ;
- désorganisation : discours incohérent ou difficile à suivre, comportement bizarre ou inadapté ;
- symptômes négatifs : appauvrissement des émotions et de la parole, perte de motivation, retrait social ;
- troubles cognitifs : difficultés d’attention, de mémoire et de planification, qui pèsent lourdement sur la vie scolaire et professionnelle.
Le diagnostic est posé par un psychiatre, à partir d’entretiens cliniques et de l’évolution des troubles sur plusieurs mois ; aucun test biologique ni examen d’imagerie ne suffit à l’établir.
Les causes
La schizophrénie résulte de l’interaction de plusieurs facteurs. La part génétique est importante : le risque est plus élevé dans la famille d’une personne atteinte, et nettement plus élevé chez son jumeau monozygote, sans que la maladie soit pour autant systématique. Des facteurs d’environnement interviennent aussi : complications de la grossesse et de l’accouchement, certaines infections pendant la vie prénatale, consommation de cannabis à l’adolescence, stress et isolement social. On la considère comme un trouble du neurodéveloppement, dont les premières anomalies précèdent souvent de plusieurs années l’apparition des symptômes.
Traitement et évolution
La prise en charge associe généralement des médicaments antipsychotiques, prescrits et suivis par un médecin, et des approches psychosociales : psychoéducation du patient et de sa famille, thérapies cognitives et comportementales, remédiation cognitive, accompagnement vers le logement et l’emploi. Plus le traitement commence tôt, meilleur est le pronostic. L’évolution est variable : certaines personnes connaissent une rémission durable, d’autres des rechutes.
Les personnes atteintes de schizophrénie sont bien plus souvent victimes de violences qu’auteurs. En cas de doute pour soi ou pour un proche, le médecin traitant, un psychiatre ou un centre médico-psychologique peuvent orienter vers une évaluation.


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