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Travail prescrit et travail réel

Vous êtes ici : » » Travail prescrit et travail réel ; écrit le: 15 novembre 2011 par La rédaction modifié le 5 mars 2019

L’ergonomie dans son approche, distingue deux composantes du travail humain : la tâche et l’activité. Le sens de cette distinction fonde sa problématique et définit le point de vue particulier qu’elle adopte sur le travail.

Travail « autorégulé » et « Travail aliéné» :

Le travail autorégulé :

Lorsqu’un particulier décide de refaire lui-même son appartement, il conçoit un projet, plus ou moins précis, en fonction duquel il détermine les matériaux et les outils dont il devra disposer, il évalue le temps qu’il y consacrera, et envisage les aides possibles.
Au fur et à mesure du déroulement de son travail, des difficultés peuvent survenir, qu’elles proviennent de son propre état interne (fatigue…) et de son environnement.

Il agira alors sur les moyens matériels et sur les moyens humains, ou encore sur ses objectifs.
Dans ce travail autorégulé, l’homme est à la fois concepteur et exécutant de son propre travail.
Maître de son activité, il peut, ainsi établir un équilibre entre le facile et le difficile.
Le facile lui procure la joie d’agir sans efforts démesurés, sans fatigue excessive et la joie d’exercer ses talents.

le travail aliéné :

Si un maçon réalise les mêmes travaux dans le cadre d’une entreprise du bâtiment, il est soumis à des contraintes sociales qui vont déterminer son temps de travail, sa qualification, sa rémunération, et à des contraintes technico-organisationnelles imposées par sa direction compte tenu de la demande du client.
Donc on peut parler de travail « aliéné » dans la mesure où l’opérateur cède, à l’entreprise dont il fait partie, sa stabilité de définir les résultats, le temps et le sens de son travail.
Il garde sa liberté fondamentale de négocier, de gérer et de redéfinir ce sens, ce temps et ces objectifs, mais dans un cadre contraignant.



Le but peut être identique dans le cas du travail «  autorégulé » et dans le cas du travail « aliéné » mais l’activité déployée ne sera pas la même puisque les marges de liberté pour la réguler se diffèrent.
L’ergonomie se propose de comprendre cette activité socialement contrainte afin de faire prendre en compte ses exigences dans la conception des systèmes de travail.

Travail prescrit et travail réel :

*Travail prescrit :

Cette notion recouvre tout ce qui, dans l’organisation du travail, définit le travail de chacun au sein d’une structure donnée :

-Les objectifs à atteindre en contrepartie de la rémunération ;

-La manière de les atteindre, les consignes et les procédures imposées ;

-Les moyens techniques mis à disposition (outils, machines…) ;

-La répartition des tâches entres les opérateurs ;

-Les conditions temporelles (horaires et la durée) ;

-Les conditions sociales (qualification, salaire) ;

-L’environnement physique du travail.

*Dans les entreprises de grande taille :

Différents services contribuent à la définition du travail dont, principalement, le « bureau de méthode » ou les « services organisation » qui conçoivent les différentes tâches et leur répartition. Ceci donne lieu à l’élaboration de documents appelés « fiche de poste », « consigne », « instruction » et/ou « gamme » qui définissent plus au moins les éléments qui composent la tâche.

*Dans les entreprises de moindre importance :

Cette fonction de conception et d’organisation est souvent assurée par l’encadrement et ne donne pas obligatoirement lieu à une formalisation écrite.

Le travail réel :

On a déjà dit que la tâche est une prescription, un cadre formel, qui permet la réalisation de la production, c’est le travail réel des hommes. Ce dernier n’est jamais le pur reflet de la tâche, il n’est jamais pur exécution. A tous les plans définis par l’organisation du travail, se manifestent des écarts entre le prescrit et le réel :

– Généralement, les objectifs intériorisés ne sont pas identiques aux objectifs prescrits : c’est l’exemple de la standardiste qui recherche les informations nécessaires pour répondre aux questions de ses interlocuteurs et transforme sa tâche de simple transmission des communications en tâche d’accueil afin d’en accroitre l’intérêt et l’efficacité.

– Les résultats obtenus ne sont pas toujours le reflet des objectifs intériorisés car il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir.

– La manière dont l’opérateur réalise son travail, ses modes opératoires sont l’expression de l’ajustement constant qu’il réalise pour répondre aux variations de la situation et de son propre état interne, affectif et psychologique.

– Il arrive que les moyens techniques fournis ne soient pas utilisés ou qu’ils ne remplissent pas toute la fonction qu’ils sont supposés remplir.

L’écart entre tâche et activité :

L’approche mécaniste :

Beaucoup pensent que si l’activité diffère de la tâche, si l’opérateur ne réalise pas son travail de la manière qui lui a été prescrite, c’est que la tâche a été mal conçue. Ce serait alors le rôle de l’ergonomie d’apporter les recommandations nécessaires à une conception adaptée au fonctionnement de l’homme.
Selon cette approche, l’homme comme la machine peut être réduit à l’opération qu’il exécute : si l’on respecte son fonctionnement physiologique et psychologique, le travail pourra être réalisé dans les meilleures conditions pour l’homme et pour la production.

L’approche systémique :

L’ergonomie montre que les connaissances générales sur le fonctionnement de l’homme sont nécessaires mais non suffisantes pour comprendre comment il agit dans une situation particulière.
Elle aborde l’activité de travail dans une approche systémique : une situation de travail est un système dynamique évolutif et ouvert dont les éléments ne peuvent être considérés indépendamment de leurs interactions. Certes l’organisation s’impose aux individus mais ceux-ci ajustent leurs comportements pour répondre à ses contraintes. Donc, face à ces comportements informels qui lui échappent, l’organisation peut être amenée à son tour à des ajustements.
Par conséquence, « l’activité » traduit la dynamique de toute situation de travail. Elle diffère toujours de la « tâche » qui demeure une prescription théorique mais ceci ne veut pas dire qu’elle en est indépendante : la qualité de la conception du travail prescrit demeure un élément déterminant du coût de la réalisation du travail et de son efficacité.

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