Psychologie macrogenèse
En psychologie, la macrogenèse désigne la mise en place de transformations psychologiques stables sur une longue période, correspondant aux grandes étapes ou stades du développement. Elle s’oppose à la microgenèse, notion complémentaire qui étudie les changements se produisant sur un temps très court, par exemple au cours de la résolution d’un problème.
Définition de la macrogenèse
Le terme est formé du grec makros, « grand, long », et genesis, « naissance, formation ». La macrogenèse s’intéresse à la façon dont les capacités psychologiques, intellectuelles, affectives ou sociales, se construisent au fil des mois et des années. Elle décrit des changements durables : une fois acquis, un nouveau mode de pensée ou de comportement s’installe et sert de base aux acquisitions suivantes.
Dans les manuels de psychologie du développement, la macrogenèse correspond souvent à ce que l’on appelle simplement le développement au sens de l’ontogenèse, c’est-à-dire le développement de l’individu de la naissance à l’âge adulte, voire tout au long de la vie.
Macrogenèse et théories des stades
Les grandes théories du développement relèvent pour l’essentiel d’une approche macrogénétique. La théorie de Jean Piaget, par exemple, décrit une succession de stades de l’intelligence : sensori-moteur, préopératoire, opératoire concret et opératoire formel. Chaque stade correspond à une organisation stable de la pensée, qui se transforme lentement pour donner naissance à la suivante.
D’autres auteurs, comme Henri Wallon ou Erik Erikson, ont également proposé des descriptions du développement par grandes périodes, chacune caractérisée par des enjeux et des acquisitions propres.
La microgenèse, notion complémentaire
La microgenèse étudie, au contraire, le changement observé sur une échelle de temps brève : quelques minutes, quelques séances. On observe par exemple comment un enfant découvre une nouvelle stratégie pour résoudre un problème de calcul, essaie, se trompe et finit par adopter une procédure plus efficace. Des chercheurs comme Robert Siegler ont développé une méthode dite microgénétique, qui consiste à observer de façon très rapprochée une période de transition afin de saisir le changement en train de se faire.
Ces deux échelles sont complémentaires : les transformations lentes de la macrogenèse résultent en partie de l’accumulation de nombreux changements microgénétiques, tandis que le niveau de développement atteint conditionne ce qu’un individu peut apprendre à court terme.
Les différents domaines génétiques
Certains auteurs, dans la lignée de Lev Vygotski, distinguent plusieurs échelles de genèse du psychisme :
- la phylogenèse, histoire de l’espèce ;
- la sociogenèse, histoire culturelle des sociétés ;
- l’ontogenèse, développement de l’individu ;
- la microgenèse, formation d’une conduite ou d’une idée dans un temps court.
La macrogenèse se situe ainsi du côté des transformations longues et stables, qu’elles concernent l’individu ou, plus largement, l’espèce et la culture.

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