Psychologie dilution de responsabilité: dilution de responsabilités
La dilution de la responsabilité est un phénomène de psychologie sociale par lequel une personne se sent moins personnellement responsable d’agir lorsque d’autres personnes sont présentes ou concernées. Elle explique en partie pourquoi, dans une situation d’urgence, plus les témoins sont nombreux, moins chacun d’eux a tendance à intervenir : c’est l’effet du témoin, ou effet spectateur.
Définition
Lorsqu’une personne est seule face à une situation qui demande une action, la responsabilité d’agir lui revient entièrement. Lorsque plusieurs personnes sont présentes, cette responsabilité se trouve en quelque sorte partagée entre elles : chacun peut penser qu’un autre va agir, ou qu’un autre est mieux placé pour le faire. La part de responsabilité ressentie par chaque individu diminue, et avec elle la probabilité qu’il intervienne.
La notion est proche de la désindividualisation, qui désigne la perte du sentiment d’identité personnelle au sein d’un groupe ou d’une foule.
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Les expériences de Darley et Latané
Le phénomène a été étudié de façon systématique à la fin des années 1960 par les psychologues américains John Darley et Bibb Latané. Dans une expérience célèbre publiée en 1968, des étudiants participaient à une discussion par interphone et entendaient soudain un autre participant simuler une crise d’épilepsie. Ceux qui se croyaient seuls à l’entendre alertaient bien plus souvent et plus rapidement l’expérimentateur que ceux qui pensaient que plusieurs autres personnes l’entendaient aussi.
Ces travaux avaient été motivés par le meurtre de Kitty Genovese à New York en 1964, présenté à l’époque par la presse comme ayant eu lieu sous les yeux de dizaines de voisins indifférents. Des enquêtes ultérieures ont montré que ce récit était largement exagéré, mais le phénomène lui-même a été confirmé par de nombreuses expériences.
Les mécanismes en jeu
Plusieurs processus se combinent pour freiner l’intervention :
- la dilution de la responsabilité proprement dite : « quelqu’un d’autre va s’en occuper » ;
- l’ignorance collective : chacun observe le calme apparent des autres et en conclut qu’il n’y a pas d’urgence ;
- la peur du jugement : crainte de se tromper ou de paraître ridicule en intervenant devant témoins.
Des effets nuancés
Des synthèses de recherches plus récentes ont montré que l’effet du témoin est moins marqué lorsque la situation est clairement dangereuse : le danger évident lève l’ambiguïté et pousse davantage à agir. Les liens entre témoins, leur compétence, comme une formation aux premiers secours, et le sentiment d’être directement sollicité réduisent aussi la dilution de la responsabilité.
Comment la contrer
Savoir que ce mécanisme existe aide à y résister. En situation d’urgence, il est recommandé de s’adresser à une personne précise plutôt qu’à la foule (« vous, avec la veste bleue, appelez les secours ») : on lui attribue ainsi une responsabilité individuelle. Pour la victime comme pour le témoin, désigner nommément quelqu’un augmente fortement les chances d’obtenir de l’aide.
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