psychologie effet d'assimilation
L’effet d’assimilation, en psychologie, désigne la tendance à juger une information, une opinion ou une personne comme plus proche d’un point de référence qu’elle ne l’est réellement. Ce point de référence peut être notre propre opinion, une norme ou un élément présenté juste avant. L’effet d’assimilation s’oppose à l’effet de contraste, qui accentue au contraire les différences.
Définition et mécanisme
Juger, c’est toujours comparer. Lorsqu’un élément est perçu comme appartenant à la même catégorie que la référence, l’écart entre les deux tend à être sous-estimé : il est « absorbé » par la référence. C’est l’effet d’assimilation. Lorsqu’au contraire l’élément est perçu comme étranger à cette catégorie, l’écart est exagéré : c’est l’effet de contraste. Les deux effets décrivent donc une même déformation du jugement, dont le sens dépend de la distance perçue entre l’objet jugé et la référence.
La théorie du jugement social
Les psychologues Muzafer Sherif et Carl Hovland ont donné à cette notion sa forme classique dans leur ouvrage Social Judgment, publié en 1961. Selon leur théorie du jugement social, chacun évalue un message persuasif à partir de sa propre position, entourée de trois zones :
- une zone d’acceptation, qui regroupe les positions jugées acceptables ;
- une zone de rejet, qui regroupe les positions jugées inacceptables ;
- une zone de non-engagement, entre les deux.
Un message qui tombe dans la zone d’acceptation est perçu comme plus proche de notre opinion qu’il ne l’est : il est assimilé. Un message qui tombe dans la zone de rejet est perçu comme plus éloigné : il subit un effet de contraste. Plus une personne est impliquée dans une question, plus sa zone de rejet tend à être large, et plus elle est difficile à convaincre.
Exemples dans la vie sociale
L’effet d’assimilation conduit à surestimer l’accord avec ceux qui nous paraissent proches. Une personne engagée contre les discriminations, par exemple, aura tendance à prêter ses propres convictions à quelqu’un qu’elle range dans le même camp, même si celui-ci ne les a jamais exprimées. Cette lecture produit des malentendus : on croit partager des opinions qui ne sont pas partagées, et l’on découvre tardivement des désaccords réels.
Le même mécanisme s’observe dans d’autres domaines du jugement : l’impression laissée par un élément de contexte peut « déteindre » sur l’évaluation d’une personne, d’un produit ou d’une performance lorsque les deux sont perçus comme liés.
À ne pas confondre
Le mot « assimilation » a d’autres sens en psychologie. Chez Jean Piaget, l’assimilation désigne le processus par lequel l’enfant intègre une situation nouvelle à ses schèmes existants, en complément de l’accommodation. En psychologie interculturelle, l’assimilation est l’une des stratégies d’acculturation, celle où un individu adopte la culture d’accueil en abandonnant sa culture d’origine. Ces notions n’ont pas de lien direct avec l’effet d’assimilation propre au jugement social.
Pourquoi cet effet compte
Connaître l’effet d’assimilation aide à interpréter les débats et les campagnes de persuasion : un message trop éloigné de la position du public risque d’être rejeté en bloc, alors qu’un message modérément éloigné peut être accepté et faire évoluer les opinions. Dans la vie quotidienne, il invite à vérifier ce que pense réellement l’autre plutôt que de le déduire de son appartenance à un groupe.


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