Cleptomane

Un cleptomane, ou kleptomane, est une personne atteinte de cleptomanie : un trouble psychique caractérisé par l’impossibilité répétée de résister à l’impulsion de voler des objets dont elle n’a pas besoin, ni pour son usage personnel ni pour leur valeur marchande. Le vol n’y est pas motivé par l’intérêt, mais par une tension intérieure que l’acte soulage momentanément. Ce trouble est rare et doit être distingué du vol ordinaire.
Les caractéristiques du trouble
Les classifications psychiatriques, comme le DSM-5 de l’Association américaine de psychiatrie, rangent la cleptomanie parmi les troubles du contrôle des impulsions. Elles en retiennent plusieurs traits :
- l’échec répété à résister à l’impulsion de voler des objets inutiles ou sans valeur pour la personne ;
- une sensation croissante de tension juste avant le vol ;
- un plaisir, une gratification ou un soulagement au moment de l’acte ;
- l’absence de motivation par la colère, la vengeance, un délire ou une hallucination ;
- l’impossibilité d’expliquer ces vols par un autre trouble, comme un épisode maniaque ou une personnalité antisociale.
Les objets dérobés sont souvent donnés, jetés, cachés ou restitués en cachette. Après l’acte surviennent fréquemment la culpabilité, la honte et la peur d’être découvert.
Origine du terme
Le mot vient du grec kleptein, « voler », et mania, « folie ». La notion a été décrite au début du XIXe siècle par des aliénistes, parmi lesquels le Français Jean-Étienne Esquirol. Les deux orthographes, cleptomanie et kleptomanie, sont admises.
Troubles associés
La cleptomanie s’accompagne souvent d’autres difficultés psychiques : troubles de l’humeur, en particulier la dépression, troubles anxieux, troubles des conduites alimentaires ou addictions. Elle débute fréquemment à l’adolescence ou au début de l’âge adulte et peut évoluer par périodes. Beaucoup de personnes concernées ne consultent qu’après une interpellation, par honte de leur comportement.
Prise en charge
La cleptomanie se soigne. Les thérapies cognitives et comportementales aident la personne à repérer les situations à risque, à tolérer la tension sans passer à l’acte et à développer d’autres réponses. Un traitement médicamenteux peut être envisagé par un psychiatre selon la situation, notamment lorsque des troubles associés sont présents. Une personne qui se reconnaît dans cette description, ou son entourage, gagne à consulter un médecin ou un psychiatre : le trouble est mieux pris en charge lorsqu’il est reconnu tôt.
Cleptomanie et responsabilité
Le diagnostic de cleptomanie ne supprime pas le caractère délictueux du vol : il revient à la justice d’apprécier la responsabilité de la personne, éventuellement éclairée par une expertise psychiatrique. Il importe aussi de ne pas employer le mot à la légère : la plupart des vols à l’étalage ne relèvent pas de ce trouble.


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