Classification psychotropes

La classification des psychotropes regroupe les substances qui agissent sur le système nerveux central en modifiant l’activité mentale, la perception, l’humeur ou la conscience. Il en existe plusieurs, selon qu’on les range d’après leur effet sur le psychisme, leur usage médical ou leur statut juridique.
Qu’est-ce qu’un psychotrope ?
Un psychotrope est une substance, naturelle ou synthétique, qui agit principalement sur le cerveau en modifiant certains processus biochimiques et physiologiques. Elle peut ainsi transformer les sensations, l’humeur, la vigilance, le comportement ou la pensée. La définition ne préjuge ni de l’utilité thérapeutique de la substance, ni de sa toxicité, ni de sa capacité à entraîner une dépendance : un médicament prescrit, l’alcool, le café ou une drogue illicite peuvent tous être des psychotropes.
La classification de Delay et Deniker
Les psychiatres français Jean Delay et Pierre Deniker, connus pour avoir introduit l’usage de la chlorpromazine en psychiatrie au début des années 1950, ont proposé une classification fondée sur l’effet de la substance sur l’activité psychique. Elle distingue trois grands groupes :
- les psycholeptiques, qui diminuent l’activité mentale : hypnotiques, anxiolytiques, neuroleptiques ;
- les psychoanaleptiques, qui la stimulent : antidépresseurs, stimulants de la vigilance ;
- les psychodysleptiques, qui la perturbent : hallucinogènes, certaines drogues.
Les régulateurs de l’humeur, apparus ensuite, ont été ajoutés à ces groupes.
Les grandes classes de médicaments psychotropes
En pratique médicale, on range aujourd’hui les médicaments psychotropes en cinq grandes classes thérapeutiques :
- les antipsychotiques (ou neuroleptiques), utilisés notamment dans la schizophrénie et d’autres troubles psychotiques ;
- les antidépresseurs, utilisés dans la dépression et certains troubles anxieux ;
- les anxiolytiques, prescrits contre l’anxiété ;
- les hypnotiques, prescrits pour certains troubles du sommeil ;
- les thymorégulateurs (régulateurs de l’humeur), utilisés dans le trouble bipolaire.
Ces médicaments ne doivent être pris que sur prescription et sous surveillance médicale : plusieurs exposent à des effets indésirables, à des interactions ou à une dépendance, et leur arrêt doit être encadré par un médecin.
La classification de Louis Lewin
Dans son ouvrage Phantastica (1924), le pharmacologue allemand Louis Lewin a proposé une classification historique des substances selon leurs effets :
- Euphorica : substances qui apaisent l’activité psychique et procurent un bien-être, comme l’opium et ses dérivés, auxquels Lewin rattachait aussi la coca ;
- Phantastica : hallucinogènes, comme le peyotl ou certaines solanacées ;
- Inebriantia : substances enivrantes, comme l’alcool, l’éther ou le chloroforme ;
- Hypnotica : calmants et somnifères ;
- Excitantia : stimulants comme la caféine, le tabac ou le khat.
Le cadre juridique international
Sur le plan international, le contrôle de ces substances repose principalement sur la Convention unique sur les stupéfiants de 1961 et sur la Convention sur les substances psychotropes de 1971, qui les classent en tableaux selon leur dangerosité et leur intérêt médical. Chaque pays transpose ces listes dans son droit, et les classements évoluent régulièrement.


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