Autorité

L’autorité est la capacité d’obtenir l’obéissance ou l’adhésion d’autrui sans recourir à la force, parce que celui qui commande est reconnu comme légitime. On parle de l’autorité d’un parent, d’un professeur, d’un chef d’équipe, mais aussi d’une institution ou d’un expert qui « fait autorité ». En psychologie et en sociologie, la notion éclaire les relations de commandement, d’influence et d’obéissance.
D’où vient le mot « autorité » ?
« Autorité » vient du latin auctoritas, de la même famille qu’auctor, qui a donné « auteur ». L’auctor est celui qui fonde, qui garantit, qui est à l’origine de quelque chose ; le mot se rattache au verbe augere, « augmenter, faire croître ». Avoir de l’autorité, c’est donc être reconnu comme garant et source légitime d’une décision ou d’une parole.
Autorité et pouvoir : une distinction essentielle
Le pouvoir est la capacité d’imposer sa volonté, au besoin par la contrainte. L’autorité, elle, repose sur la reconnaissance : celui qui obéit accepte la demande parce qu’il la juge fondée. Dans leur Dictionnaire critique de la sociologie, Raymond Boudon et François Bourricaud la décrivent comme une relation de confiance, où l’on accueille l’avis ou l’injonction d’autrui sans hostilité. La philosophe Hannah Arendt soulignait de son côté que l’autorité exclut à la fois la contrainte par la force et la persuasion par arguments : là où il faut menacer ou convaincre, elle a déjà disparu.
Les sources de la légitimité selon Max Weber
Le sociologue allemand Max Weber a distingué trois types idéaux de domination légitime :
- traditionnelle, fondée sur la coutume et le respect de ce qui a toujours été, comme l’autorité d’un patriarche ou d’un monarque héréditaire ;
- charismatique, fondée sur les qualités exceptionnelles prêtées à une personne, chef religieux ou leader politique ;
- légale-rationnelle, fondée sur des règles impersonnelles, comme celle d’un fonctionnaire ou d’un dirigeant nommé selon des procédures.
L’obéissance à l’autorité : les expériences de Milgram
Au début des années 1960, le psychologue américain Stanley Milgram a étudié jusqu’où des personnes ordinaires obéissent à une figure d’autorité. Des participants devaient infliger des décharges électriques, en réalité fictives, à un autre participant, sur ordre d’un expérimentateur en blouse. Une proportion importante d’entre eux est allée jusqu’aux niveaux présentés comme dangereux. Ces travaux, publiés en 1963 puis dans le livre Soumission à l’autorité, montrent la force de la situation et de la légitimité perçue sur le comportement.
L’autorité dans le travail et le management
Dans l’entreprise, l’autorité du responsable ne tient pas seulement à sa position hiérarchique, mais aussi à sa compétence et à sa manière de diriger. Dès 1939, Kurt Lewin et ses collègues ont comparé des styles de direction autoritaire, démocratique et « laisser-faire » auprès de groupes d’enfants. Pour approfondir :
- Le travail : Pouvoir, autorité et management
- Le travail : Les style d’autorité et les recherches sur le leadership



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