Le stress au travail : Le modèle de Hans selye (1946)

> > Le stress au travail : Le modèle de Hans selye (1946) ; écrit le: 27 janvier 2012 par tayechi

Pour comprendre cette réaction non spécifique de stress, Selye (1946) propose un modèle appelé « syndrome général d’adaptation ». Lorsqu’un être vivant est face à une situation nouvelle, et particulièrement difficile, l’organisme se pré­pare à l’action pour lui permettre de s’adapter. Il distingue ainsi trois phases :

1.   Une réaction d’alarme qui correspond à la prise de conscience de la diffi­culté de la situation et au questionnement sur ce qu’il faut faire (combat­tre ou fuir, par exemple).

2.   Une phase de résistance qui correspond à l’action d’adaptation elle- même pour essayer de retrouver un état d’équilibre dans l’organisme.

3.   Une phase d’épuisement si l’individu n’a pas pu s’adapter et retrouver son équilibre.

La réaction de stress proprement dite se produit lors de la première phase : face à l’environnement et par le biais des organes sensoriels, le cerveau active la production d’hormones (catécholamines et glucocorticoïdes) selon deux axes :

–    une réaction rapide, d’urgence : accélération du rythme cardiaque, augmentation de la pression sanguine, arrêt temporaire du système digestif, augmentation de l’oxygénation ;

–   et une réaction plus lente, d’endurance : production de glucose, inhi­bition des réactions inflammatoires, libération d’endorphines (anti­douleur).

Le stress est donc une réaction « saine » de l’organisme qui se prépare à agir pour faire face à la situation. Cette action se déroule dans la deuxième phase et si l’adaptation est satisfaisante, l’organisme revient à son équilibre antérieur normal.

Si, par contre, l’action adaptative a été insuffisante, voire inefficace, par rapport à la nouvelle situation, la réaction physiologique continue, l’organisme est en déséquilibre et, à long terme, des pathologies peuvent apparaître (troi­sième phase du modèle).

Ce modèle soutient donc l’idée qu’il peut y avoir un « bon » stress (appelé parfois eustress) qui nous mobilise et nous prépare à l’action et un « mauvais » stress (distress) qui peut détériorer nos performances et entraîner certaines maladies. Le constat d’un lien entre stress et performances a parfois conduit certaines entreprises à penser que les salariés doivent toujours être « sous tension ». Cependant cette approche s’avère dangereuse car la limite est très variable et peu claire entre le stress qui facilite l’action et celui qui conduit à multiplier les erreurs au travail et les problèmes de santé pour les individus. Comme le dit Selye, « le stress devient dangereux quand il est prolongé de manière inhabituelle, qu’il arrive trop souvent ou quand ils se concentre sur un organe particulier du corps ».

On constate aussi que cette réaction de stress nous prépare surtout pour une action physique (combattre quelqu’un, fuir un animal redouté) or, non spé­cifique, elle peut aussi se déclencher quand il s’agit de faire face intellectuelle­ment à une nouvelle situation. Ce qui est de plus en plus le cas pour de nombreux travailleurs, plus « intellectuels » que « manuels ». Bien sûr, le cer­veau aussi a besoin de glucose et d’oxygénation mais en quantité moins impor­tante que pour courir sur 100 mètres. On comprend ainsi les recommandations médicales qui proposent aux travailleurs « intellectuels » d’avoir une activité sportive régulière. Cependant, ce n’est pas cette activité sportive qui change la situation de travail qui les a stressés. Cette

Les effets à court terme du stress sont maintenant bien connus. Sur le plan physique, on trouve, avec des variations individuelles :

–      maux de tête ;

–      problèmes digestifs ;

–      sur ou sous alimentation ;

–      troubles du sommeil ;

–      fatigue chronique ;

–      douleurs musculaires ;

–      rougeurs, urticaires ;

–      grincements de dents ;

–      tics musculaires ;

–      affections chroniques ;

–      dysfonctionnements sexuels ;

–      diarrhées ;

–      constipation.

Sur le plan psychologique, on observe les symptômes suivants :

–      pertes de mémoire, oublis ;

–      colère ;

–      frustration ;

–      anxiété ;

–      irritations envers les membres de la famille ;

–      surconsommation d’alcool ou de cigarettes ;

–      surconsommation de médicaments ;

–      dépression ;

–      sentiment d’impuissance ;

–      irritation ou isolement vis-à-vis des collègues ;

–      plus de difficultés au travail ;

–      erreurs d’attention.

A plus long terme, des liens ont été clairement établis avec les problè­mes physiques suivants :

–      hypertension ;

–      maladies cardiaques ;

–      attaques d’apoplexie ;

–      diabète ;

–      ulcères ;

–      maladies infectieuses ;

–      troubles musculo-squelettiques (TMS).

Et sur le plan psychologique :

–      dépression ;

–      accidents ;

–      violence domestique ;

–      comportements suicidaires ;

–      alcoolisme ;

–      abus de psychotropes ;

–      divers désordres psychologiques (décompensations).

Pour revenir au domaine du travail, il faut souligner que les réactions de stress ne s’arrêtent pas à la sortie de l’usine ou du bureau. Si beaucoup de tra­vailleurs s’accordent des « sas de décompression » avant de revenir chez eux après une journée de travail, ce n’est évidemment pas toujours suffisant pour faire disparaître l’état de stress.

Une fois cette réaction de stress connue, il reste à comprendre les fac­teurs qui peuvent la déclencher et, peut-être, les moyens de l’atténuer lorsqu’elle s’avère dangereuse.

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