La profession des infirmiers: conditions du travail et risques pour la santé

> > La profession des infirmiers: conditions du travail et risques pour la santé ; écrit le: 15 novembre 2011 par La rédaction

La profession infirmier

Définition de la profession infirmier

Selon le code de la santé publique en France
«Est considérée comme exerçant la profession d’infirmière ou d’infirmier toute personne qui donne habituellement des soins infirmiers sur prescription ou conseil médical, ou en application du rôle propre qui lui est dévolu. L’infirmière ou l’infirmier participe à différentes actions, notamment en matière de prévention, d’éducation de la santé et de formation ou d’encadrement.»

Le rôle propre des infirmiers

Les soins infirmiers constituent une fonction où l’infirmier est chargé de l’élaboration et de la mise en œuvre du projet de soins du patient. Dans ce sens, il réalise des soins destinés à maintenir ou restaurer la santé de la personne malade.

  • Il surveille l’état de santé des patients et coordonne les soins pendant leur hospitalisation et lors de leur sortie.
  • Il agit, soit à son initiative, soit selon les prescriptions du médecin préparation et distribution de médicaments, pansements, prélèvements, prise de tension, injections, accompagnement des visites du médecin…
  • Il participe à la rédaction et la mise à jour du dossier du malade, ainsi qu’à l’information et à l’accompagnement du patient et de son entourage.
  • Il encadre une équipe d’aides-soignants et travaille en étroite relation avec le corps médical. Il transmet par écrit ou par oral les informations relatives aux patients pour garantir le suivi des malades dans les meilleures conditions.

L’infirmier peut être amené à travailler la nuit, le week-end et les jours fériés.
Plusieurs spécialisations permettent à l’infirmier d’évoluer dans sa profession et de découvrir d’autres missions, notamment au sein des hôpitaux infirmier anesthésiste, infirmier de bloc opératoire… Après quelques années de pratique et une formation de cadre de santé, il peut évoluer vers des fonctions d’encadrement de service ou de formateur en institut de formation et il peut être salarié dans des établissements extrahospitaliers, des entreprises ou des associations humanitaires.

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  • L’infirmier évalue l’état de santé et le degré d’autonomie de la personne et réalise les soins infirmiers et les traitements adaptés. Il travaille en équipe et organise le travail des aides-soignants sous sa responsabilité.
  • Il doit être en mesure de créer une relation de confiance avec le patient et son entourage, et le choix d’être infirmier, dépend de son envie d’aider et de soigner

Les gens. C’est pour cela qu‘il faut aimer les contacts et savoir prendre le temps d’écouter les patients.

  • Il arrive que l’infirmier accueille en hôpital, des patients qui viennent effectuer un bilan endocrinien, aussi des patients hospitalisés en urgence, alors son rôle est multiple il doit tout d’abord les accueillir et les installer, leur expliquer

le déroulement de leur séjour et répondre à leurs questions. Puis l’infirmier doit réaliser des prélèvements en vue des examens (bilan sanguin, analyse d’urine, pose de cathéters…) ou il les prépare à d’autres examens(radiologiques, etc.).

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  • De même l’infirmier participe aussi aux visites avec le médecin et au moment de leur sortie, il doit prévoir la suite de leur prise en charge.

Pour ces raisons la fonction pédagogique d’infirmier est importante; par exemple avec des patients diabétiques, il leur explique comment effectuer leur glycémie sur le doigt et leur injection d’insuline et parfois il est face à des maladies très complexes, ce qui demande de lui une certaine connaissance.
Toutes ces fonctions rendent l’infirmier responsable dans son travail.

Conditions de travail des infirmiers

Charge physique

la pénibilité du travail
La pénibilité est liée à un ensemble de facteurs contraignants, notamment physiques, impliqués par l’hyper sollicitation répétée due à la contrainte de rythme du travail.
D’abord, la charge physique liée aux conditions du travail engendre de la fatigue et du stress.
Le manque de personnel est pointé du doigt, augmentant ainsi la charge du travail et nécessitant une cadence lourde.
Une infirmière qui doit travaille à cent pour cent peut effectuer six jours consécutifs, n’a que peu de possibilité de prendre des repos, ceci est du essentiellement au manque de personnel.
Ceci explique que, par exemple, dans l’unité de médecine interne chaque infirmière doit s’occuper au moins de cinq malades par jour, tout en gardant en même temps la précision de la qualité de travail; voilà un témoignage de l’une des infirmière qui dit que le médecin lui demande de faire un travail rapide et de qualité.
De même la posture debout quasi constante est encore gênante pour tous les soignants auprès des malades Ils sont debout six heures et plus, et doivent coucher des patients et de les soulever sans aide mécanique plusieurs fois par jour.
Les tâches impliquant beaucoup de posture penchée sont aussi réalisées le plus fréquemment par les aides soignants, qui doivent laver, habiller, baigner des patients et les aider à s’alimenter .
toutes ces contraintes du travail peuvent avoir des effets en termes de pathologie de la santé physique des travailleurs.

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Charge émotionnelle

La charge émotionnelle est inhérente à de nombreuses professions, notamment celles où la perception des émotions des autres et la maîtrise des siennes sont essentielles pour mener à bien le travail. Cette charge peut perturber l’équilibre émotionnel de l’individu et se répercuter dans sa sphère privée. C’est souvent le cas dans les professions de soins.

la performance émotive au travail

La dimension émotive du travail est une dimension ambiguë et pourtant lourde de conséquences sur la santé psychologique des travailleurs du secteur de la santé, ainsi recevoir, gérer la détresse des autres et être fréquemment exposé à la misère humaine constituent l’aspect émotif du travail. Les risques à la santé psychologique des travailleurs en relation d’aide se comprenant dans l’écart entre leur capacité d’agir, les demandes et les besoins de leurs clientèles et leur désir d’accomplissement professionnel mais qu’en est-il vraiment de la dimension émotive du travail?

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L’employé doit posséder des qualifications émotives pour accomplir sa tâche. Il développe la capacité de taire ses propres sentiments pour adopter l’attitude et l’expression faciale appropriées. C’est ce qu’on appelle la dissonance affective.
Par exemple, sourire même si on n’en a pas envie ou encore garder une attitude sévère même si on voudrait pouffer de rire. C’est en quelque sorte savoir jouer la comédie ou le drame selon les circonstances et de jouer juste.
La performance émotive au travail n’est pas tant de recevoir les émotions de l’autre que de contrôler ses propres émotions; de jouer un personnage de façon convaincante, de ne pas émettre vers l’autre ce qu’on ressent vraiment pour créer une image publique favorable à la poursuite de l’objectif de service.
Cette performance émotive du travailleur est un des aspects du professionnalisme. Elle est partie intégrante de son rôle.

Dans le même sens, être aux prises avec des émotions contradictoires, taire ce qu’on pense ou ce qu’on ressent vraiment, vivre une émotion et en montrer une autre sont des performances qui peuvent s’avérer périlleuses pour l’identité personnelle.
D’après plusieurs chercheurs, la dissonance émotive et sa conséquence, l’impression de ne plus être vrai, de ne plus être authentique, sont en lien avec la dépression.
Une autre conséquence possible est la fusion des identités personnelle et professionnelle. Le travailleur devient son personnage et n’en décroche plus.
Il utilise son habileté à dépersonnaliser ses interactions pour bloquer l’émotion véritable, prioriser le contexte et l’image professionnelle, créer un fossé entre son cœur et sa tâche, s’effacer comme personne réelle. Jusqu’à se perdre de vue…

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Les sentiments réprimés au bénéfice du rôle ne cessent pas d’exister pour autant. Ils peuvent envahir l’horizon émotionnel du travailleur s’il ne trouve pas un exutoire dans ou hors du milieu de travail.

le malaise profond des infirmiers

Malgré tout, l’infirmière, par déformation professionnelle, dans des interactions de plus en plus saccadées et brèves, tentera de produire l’émotion chez le client. Elle y parvient de moins en moins ou ne sera plus là pour constater le résultat de son travail émotif.
Après un effort de contrôle de ses sentiments, d’ajustement de son expression, elle constate l’impossibilité de récolter les bénéfices et la satisfaction du travail bien fait, puissant antidote à l’aliénation.
On comprend ainsi davantage le malaise profond et actuel de cette profession, la fatigue et les craintes d’atteinte de la santé psychologique des infirmiers.
Elles sont coincées entre les exigences émotives de leur travail et les risques associés (dépression, fusion d’identité, surcharge émotive…) et les obstacles à produire ce travail ou à en voir les résultats. Beaucoup d’efforts non récompensés.

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Charge mentale

La charge mentale du travail peut être évaluée par plusieurs facteurs. Parmi ces facteurs, nous pouvons invoquer les sentiments de responsabilité, l’intensification du travail, le sentiment d’impuissance…

  • Les sentiments de responsabilité: l’exercice de la profession d’infirmier comporte l’analyse, l’organisation, la réalisation de soins infirmiers.Toutes ces activités rendent l’infirmier responsable dans son travail.
  • Intensification du travail: ainsi, Une tendance lourde à l’intensification du travail (sous les formes de réduction des délais et d’augmentation des cadences) se dessine aux hôpitaux ,et elle est marquée notamment par un contrôle plus serré de la productivité individuelle et collective et par la recherche d’un fonctionnement avec un effectif minimum. C’est pour cela l’état de souffrance des soignants s’est aggravé, malgré les apparences qui avantagent leur travail.
  • ces facteurs générateurs de surcharge et de stress chez les infirmiers.

Les risques pour la santé et la sécurité des infirmiers

Risques biologiques

Les infirmiers/infirmières peuvent être exposés à des maladies contagieuses ou infectieuses, y compris des maladies transmissibles par voie aérienne (la tuberculose p. ex.) et par le sang, telles que le SIDA et l’hépatite B et C. Ils peuvent également entrer en contact avec des organismes résistant aux antibiotiques, comme le germe de la tuberculose multiresistante (TB-MR).
En raison de la nécessité de se laver les mains fréquemment, des problèmes cutanés, tels que les dermatites, peuvent apparaître.
Les maladies liées aux blessures par piqûres d’aiguilles peuvent également poser un problème.
Toutes ces contraintes peuvent, également, entraîner différentes maladies
-Maladies, comme la tuberculose et l’hépatite.
-Irritation infectieuse de la peau et dermatoses dues à l’utilisation fréquente de savons.

Risques chimiques

Dans un environnement hospitalier, les infirmiers/infirmières peuvent être exposés à des produits chimiques néfastes pour la santé
-divers produits chimiques utilisés à des fins d’entretien général, de désinfection et de stérilisation.
-des gaz anesthésiques (y compris l’oxyde nitreux, l’halothane, l’éther, , etc.),
– Toucher des médicaments à risque comme par exemple les médicaments cytotoxiques.
Une exposition prolongée à des produits chimiques peut affecter plusieurs organes cibles, y compris le système respiratoire, neurologique, reproductif, dermique et hématopoïétique. L’oxyde d’éthylène, par exemple, a été classé par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) comme un agent cancérogène pour l’être humain.

Risques ergonomiques

Il existe beaucoup de situations où le travail exige une grande force, des mouvements répétitifs, des postures contraignantes et des activités prolongées. Voici des exemples
– marcher ou travailler debout pendant de longues périodes
-soulever
-exercer des efforts excessifs (transporter, etc.)

Risques physiques

Les infirmiers/infirmières peuvent être exposés àdes rayonnements provenant des rayons X et des isotopes radioactifs, et des lasers.

Risques liés à la sécurité

Un hôpital constitue un terrain propice aux accidents, en raison des nombreux équipements qui encombrent les lieux, des déversements des liquides sur le plancher, etc. Glisser, trébucher et tomber constituent les principaux risques auxquels sont exposés les infirmiers/infirmières.
Les infirmiers/infirmières peuvent également se brûler avec l’équipement de stérilisation à chaud.

Risques psychologiques

Les infirmiers/infirmières qui travaillent en solitaire peuvent être victimes de violence.
Être responsable d’administrer les soins, d’intervenir en cas d’urgence et de prendre certaines décisions lorsque personne d’autre n’est présent peut augmenter le stress.
Être confronté à de graves événements traumatisants (voir souvent des mourants ) constitue une autre source de stress. Dans la plupart des services d’intervention en cas d’urgence, aux activités routinières succèdent brusquement de longues périodes de stress ou d’activités intenses.
De plus, la plupart des infirmières travaillent en rotation et selon des horaires prolongés, ce qui peut avoir des répercussions négatives sur leur santé.

Comment éviter ces risques?

Pour éviter tous ces risques, il y a plusieurs préventions à adopter de la part des infirmiers et infirmières

  • Se laver les mains est extrêmement important pour prévenir les infections. S’assurer d’utiliser un hydratant pour éviter d’avoir la peau des mains sèche.
  • Apprendre les techniques visant à éviter les blessures par piqûre d’aiguille.
  • utiliser l’équipement de protection individuelle et les autres protections appropriées à la tâche. Dans certains cas, les gants en latex ne conviendront pas (nettoyage avec certains produits chimiques, p. ex.).
  • Porter des chaussures appropriées (pour marcher/se tenir debout, et assurer une protection contre les objets qui tombent).
  • Apprendre les techniques sécuritaires de levage des patients.
  • Si un travail exige d’adopter une posture contraignante (p. ex. mains au-dessus du niveau des épaules), s’assurer de prendre des pauses fréquemment.
  • Participer à des sessions de verbalisation post-traumatique pour réduire les répercussions du stress causé à la suite d’un incident grave.
  • Demander à la direction d’élaborer une marche à suivre visant à assurer la sécurité des personnes qui travaillent seules ou de mettre en place des marches à suivre éliminant le travail en solitaire.
  • S’assurer que les couloirs et les passages ne sont pas encombrés.
  • Installer et assurer une ventilation adéquate de la zone de travail.

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2 réponses pour "La profession des infirmiers: conditions du travail et risques pour la santé"

  1. TOUNI  13 octobre 2012 at 15 h 46 min

    bonjour,

    je recherche des documents concernant la charge émotive du travail infirmier dans les unités de soins intensifs dans le cadre d’un travail de fin d’études.

    En vous remerciant Mlle TOUNI

    Répondre
  2. Lilou  19 décembre 2012 at 20 h 19 min

    Bonjour,
    j’aimerai connaître la date de publication de cet article ?

    Répondre

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