Traitement schizophrénie

Le traitement de la schizophrénie associe en général des médicaments antipsychotiques et un accompagnement psychologique et social, dans la durée. La schizophrénie est un trouble psychiatrique sévère qui altère la pensée, la perception et le rapport à la réalité ; elle se soigne, et une prise en charge précoce et continue améliore nettement les chances de stabilisation et de rétablissement.
Une maladie souvent mal comprise
Contrairement à une idée répandue, la schizophrénie n’est pas une « double personnalité ». Le terme, créé en 1911 par le psychiatre suisse Eugen Bleuler, évoque une dissociation, une perte de cohérence entre les pensées, les émotions et les actes. Bleuler prolongeait les travaux d’Emil Kraepelin, qui avait réuni à la fin du XIXe siècle plusieurs tableaux cliniques sous le nom de démence précoce.
On distingue classiquement trois groupes de symptômes :
- les symptômes positifs : idées délirantes, hallucinations, souvent auditives ;
- les symptômes négatifs : retrait social, appauvrissement des émotions et de la parole, perte de motivation ;
- la désorganisation : discours et comportement incohérents, difficultés de concentration et de mémoire.
La maladie débute le plus souvent à la fin de l’adolescence ou chez le jeune adulte. Les formes qui commencent dans l’enfance existent mais sont très rares.
Les médicaments antipsychotiques
Les antipsychotiques, aussi appelés neuroleptiques, sont le pilier du traitement. Ils agissent surtout sur les symptômes positifs et réduisent le risque de rechute. On distingue les molécules de première génération, apparues à partir des années 1950, et celles de deuxième génération, dites atypiques. Certaines existent sous forme injectable à action prolongée, ce qui peut faciliter la continuité du traitement.
Le choix du médicament, de la dose et de la durée relève exclusivement du psychiatre, en fonction de l’efficacité et des effets indésirables possibles : prise de poids, troubles métaboliques, raideurs ou tremblements, somnolence. Lorsque plusieurs traitements bien conduits restent insuffisants, la clozapine peut être proposée, sous surveillance sanguine particulière. Arrêter un traitement sans avis médical expose à un risque élevé de rechute.
Les prises en charge psychologiques et sociales
Les médicaments ne suffisent pas. Les recommandations actuelles insistent sur des approches complémentaires :
- la psychoéducation, qui aide le patient et ses proches à comprendre la maladie et à repérer les signes de rechute ;
- la remédiation cognitive, qui entraîne l’attention, la mémoire et la planification ;
- les thérapies cognitives et comportementales, utiles notamment face aux hallucinations persistantes ;
- les interventions familiales, qui réduisent les tensions et le risque de rechute ;
- la réhabilitation psychosociale, qui soutient le retour aux études, à l’emploi et au logement.
L’importance d’agir tôt
Plus le délai entre les premiers symptômes et le début des soins est court, meilleur est en général le pronostic. Des équipes spécialisées dans les premiers épisodes psychotiques se sont développées pour accompagner les jeunes patients. Le suivi au long cours, l’attention à la santé physique et la prévention du suicide font partie intégrante de la prise en charge.
Devant des changements inquiétants chez un proche, comme un repli brutal, des propos étranges ou des perceptions inhabituelles, il est conseillé de consulter un médecin ou un service de psychiatrie. En cas d’urgence, le 15 ou le 112 peuvent être appelés.


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