Psychologie illusion de controle
L’illusion de contrôle est la tendance à croire que l’on peut influencer des événements qui relèvent en réalité du hasard. Elle pousse par exemple un joueur à penser que sa façon de lancer les dés changera le résultat. Décrite par la psychologue américaine Ellen Langer en 1975, elle fait partie des biais cognitifs les mieux étudiés.
Définition
Il s’agit d’une croyance, souvent inconsciente, qui conduit à surestimer ses capacités à maîtriser une situation aléatoire. L’individu agit comme s’il pouvait commander le hasard, alors que ses actions n’ont aucun effet sur l’issue. Ce biais ne se limite pas à quelques personnes crédules : on le retrouve chez la plupart des gens, à des degrés divers.
Les expériences d’Ellen Langer
Dans une expérience restée célèbre, Ellen Langer a distribué des billets de loterie à des employés. Certains choisissaient eux-mêmes leur billet, les autres en recevaient un au hasard. Lorsqu’on leur proposait ensuite de revendre leur billet, ceux qui l’avaient choisi en demandaient un prix nettement plus élevé, comme si leur choix augmentait leurs chances de gagner. Langer a montré que l’illusion se renforce lorsque la situation ressemble à une situation d’adresse : possibilité de choisir, familiarité avec la tâche, implication personnelle ou compétition.
Exemples dans la vie courante
- Au jeu de dés, de nombreux joueurs lancent doucement pour obtenir un petit chiffre et plus fort pour un grand, comme l’a observé le sociologue James Henslin dans les années 1960.
- Beaucoup de joueurs de loto préfèrent jouer leurs propres numéros plutôt qu’une grille tirée au hasard.
- On appuie plusieurs fois sur le bouton d’un ascenseur ou d’un passage piéton, en croyant accélérer son arrivée.
- Des rituels porte-bonheur précèdent un examen ou une compétition.
Une fonction adaptative
L’illusion de contrôle n’est pas seulement une erreur. Croire que l’on garde une prise sur les événements rassure, diminue l’angoisse face à l’incertitude et encourage à agir. Les psychologues Shelley Taylor et Jonathon Brown l’ont rangée en 1988 parmi les « illusions positives » qui contribuent au bien-être. Des travaux de la fin des années 1970 ont d’ailleurs suggéré que les personnes déprimées en sont souvent moins victimes, un phénomène appelé « réalisme dépressif », dont la portée reste discutée.
Quand l’illusion devient un problème
Dans les jeux d’argent, l’illusion de contrôle entretient la conviction qu’une stratégie ou une intuition permettra de gagner. Elle fait partie des distorsions cognitives qui favorisent le jeu excessif et la dépendance au jeu, et les thérapies cognitives et comportementales s’attachent à la corriger. Elle peut aussi conduire à des décisions risquées en finance ou en entreprise, lorsqu’un dirigeant surestime sa capacité à maîtriser des facteurs qui lui échappent. Une personne qui ne parvient plus à contrôler sa pratique du jeu peut trouver de l’aide auprès d’un médecin ou de services spécialisés.


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