psychologie épistémique: sujet épistémique
L’expression « psychologie épistémique » renvoie à l’étude psychologique de la connaissance : comment un individu acquiert, organise et justifie ce qu’il sait. Le mot épistémique, du grec epistêmê, « connaissance, science », est surtout associé en psychologie à Jean Piaget et à sa notion de « sujet épistémique ».
Le sujet épistémique selon Piaget
Jean Piaget (1896-1980), psychologue et épistémologue suisse, cherchait à comprendre comment se construisent les connaissances. Pour cela, il distinguait le sujet individuel, ou psychologique, avec ses particularités, et le sujet épistémique : ce qu’il y a de commun à tous les sujets d’un même niveau de développement, c’est-à-dire les structures de pensée et les mécanismes de construction des connaissances partagés par tous. Ce n’est pas une personne réelle, mais une abstraction qui permet de décrire les lois générales du développement de l’intelligence.
Le sujet épistémique s’oppose ainsi au sujet clinique, celui qu’étudient le psychologue clinicien ou le psychanalyste, défini par son histoire, ses émotions et ses conflits singuliers.
L’épistémologie génétique
Piaget a nommé son projet « épistémologie génétique » : étudier la genèse des connaissances chez l’enfant pour éclairer la nature de la connaissance en général. Il a fondé à Genève, en 1955, le Centre international d’épistémologie génétique, qui réunissait psychologues, logiciens, mathématiciens et physiciens. Selon lui, l’enfant construit activement ses connaissances par deux mécanismes complémentaires : l’assimilation, qui intègre une situation nouvelle aux schèmes existants, et l’accommodation, qui modifie ces schèmes. Leur équilibration produit des structures de plus en plus stables.
Les grands stades du développement
- le stade sensori-moteur, de la naissance à environ 2 ans ;
- le stade préopératoire, d’environ 2 à 7 ans ;
- le stade des opérations concrètes, d’environ 7 à 11 ou 12 ans ;
- le stade des opérations formelles, à partir de 11 ou 12 ans.
Ces âges sont indicatifs ; c’est l’ordre de succession des stades qui est, pour Piaget, le même pour tous. Des travaux ultérieurs ont nuancé ce modèle en montrant chez le jeune enfant des compétences plus précoces que prévu.
Autres usages du mot épistémique
En psychologie, l’adjectif sert aussi à qualifier la curiosité épistémique, décrite par Daniel Berlyne : le désir de savoir, de combler une lacune dans ses connaissances. On parle également de croyances épistémiques pour désigner les idées qu’une personne se fait de la nature du savoir (est-il certain ou provisoire, s’acquiert-il d’un coup ou progressivement ?), un thème étudié notamment en psychologie de l’éducation.


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