Psychologie boite de Skinner: boite de skinner
La boîte de Skinner est une cage d’expérimentation mise au point par le psychologue américain Burrhus Frederic Skinner (1904-1990) pour étudier le conditionnement opérant chez l’animal. Le rat ou le pigeon qui y est placé peut agir sur un levier ou une touche, et cette action déclenche, selon les règles fixées par l’expérimentateur, la distribution de nourriture.
Le dispositif
Skinner a conçu cette « chambre de conditionnement opérant » au début des années 1930, à l’université Harvard. Elle comprend :
- un levier pour le rat, ou un disque à picorer pour le pigeon ;
- un distributeur qui délivre une petite quantité de nourriture ou d’eau ;
- parfois une lumière ou un son servant de signal, et un plancher capable de délivrer une légère décharge dans certaines expériences ;
- un enregistreur cumulatif, qui trace automatiquement le nombre de réponses au fil du temps.
Skinner lui-même n’aimait pas l’expression « boîte de Skinner », popularisée par d’autres chercheurs.
Le conditionnement opérant
L’animal, privé de nourriture pour être motivé, explore la cage. Parmi ses comportements, il finit par appuyer sur le levier : c’est la réponse opérante. Si cet appui est suivi de nourriture, la probabilité qu’il se reproduise augmente. Skinner appelle « renforcement » toute conséquence qui accroît la fréquence d’un comportement.
Ce principe prolonge la « loi de l’effet » formulée par Edward Thorndike à partir de ses boîtes à problèmes : un comportement suivi d’une conséquence satisfaisante tend à être répété. Skinner distingue :
- le renforcement positif, qui ajoute une conséquence agréable ;
- le renforcement négatif, qui retire une stimulation désagréable ;
- la punition, qui diminue la fréquence d’un comportement ;
- l’extinction : quand le renforcement cesse, la réponse finit par disparaître.
Les programmes de renforcement
La boîte permet de faire varier la règle de distribution. La récompense peut suivre chaque réponse, un nombre fixe ou variable de réponses, ou la première réponse après un délai fixe ou variable. Skinner a montré que ces programmes produisent des rythmes de réponse très différents : les renforcements intermittents et imprévisibles entretiennent un comportement particulièrement persistant.
La méthode du façonnement, qui renforce des approximations successives du comportement voulu, permet d’obtenir des conduites que l’animal n’aurait jamais produites spontanément.
Portée et critiques
Ces travaux, exposés notamment dans The Behavior of Organisms (1938), ont fondé l’analyse expérimentale du comportement. Leurs applications sont nombreuses : pédagogie programmée, thérapies comportementales, dressage, et réflexion sur les mécanismes qui entretiennent certains comportements de jeu.
Le béhaviorisme radical de Skinner a aussi été critiqué, en particulier par la psychologie cognitive, pour avoir laissé de côté les représentations mentales et la compréhension dans l’explication de l’apprentissage.


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