Psychologie biais endogroupe: biais endogroupe
Le biais endogroupe, aussi appelé biais pro-endogroupe ou favoritisme endogroupe, est la tendance des membres d’un groupe à évaluer plus favorablement et à avantager les membres de leur propre groupe, l’endogroupe, par rapport aux membres des autres groupes, les exogroupes. C’est l’un des phénomènes les mieux établis de la psychologie sociale. Il peut apparaître même lorsque les groupes sont formés au hasard et n’ont aucun passé commun.
Le paradigme des groupes minimaux
Au début des années 1970, le psychologue Henri Tajfel et ses collègues ont montré la force de ce biais par des expériences restées célèbres. Des adolescents étaient répartis en deux groupes sur un critère insignifiant, par exemple leur préférence supposée pour les tableaux de Klee ou de Kandinsky. Sans se connaître ni interagir, ils devaient ensuite répartir des récompenses entre des membres anonymes des deux groupes. Ils favorisaient nettement leur propre groupe, et cherchaient souvent à maximiser l’écart avec l’autre groupe plutôt que le gain total. Le simple fait d’être catégorisé suffisait donc à produire une discrimination.
Les explications
- La théorie de l’identité sociale, formulée par Tajfel et Turner : une partie de l’estime de soi vient des groupes auxquels on appartient ; favoriser son groupe permet de le distinguer positivement des autres, et donc de valoriser l’image de soi.
- La théorie des conflits réels : lorsque des groupes sont en compétition pour des ressources rares, l’hostilité envers l’exogroupe et la solidarité interne augmentent. Les expériences de Muzafer Sherif dans des camps de vacances, dans les années 1950, l’ont illustré.
- La catégorisation sociale : classer les personnes en « nous » et « eux » accentue les ressemblances internes et les différences entre groupes ; les membres de l’exogroupe sont alors perçus comme plus semblables entre eux qu’ils ne le sont.
Ce qui l’accentue
Le biais est plus marqué lorsque l’identification au groupe est forte, lorsque le groupe se sent menacé ou dévalorisé par d’autres, en situation de compétition, et lorsque la cohésion du groupe paraît nécessaire pour atteindre un objectif. Il se manifeste dans les jugements, dans la répartition des ressources et dans l’interprétation des comportements : une conduite positive d’un membre de son groupe est attribuée à ses qualités, la même conduite chez un membre d’un autre groupe à la chance ou aux circonstances.
Conséquences et moyens de le réduire
Le biais endogroupe contribue aux préjugés, aux discriminations, par exemple à l’embauche ou au logement, et aux tensions entre communautés, supporters ou nations. Plusieurs leviers ont été étudiés : le contact entre groupes dans des conditions favorables (statut égal, objectifs communs, soutien des institutions), décrit par Gordon Allport en 1954 ; la poursuite d’objectifs supérieurs qui exigent la coopération de tous, mise en évidence par Sherif ; ou encore la construction d’une identité commune plus large, qui fait de « eux » une partie de « nous ».



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