Psychologie auto-présentation (ou présentation de soi)
L’auto-présentation, ou présentation de soi, désigne l’ensemble des comportements par lesquels une personne cherche à contrôler l’image qu’elle donne d’elle-même à autrui lors d’une interaction sociale. Elle passe par ce que l’on dit de soi, mais aussi par les attitudes, les vêtements, les gestes et les expressions du visage.
Définition de l’auto-présentation
Dans toute rencontre, chacun transmet des informations sur lui-même, volontairement ou non. L’auto-présentation recouvre la part de ces informations que l’individu choisit et met en forme. Elle peut être sincère et viser simplement à se faire connaître tel qu’on est ; elle peut aussi être embellie, partielle ou même trompeuse lorsque l’objectif est de produire une impression favorable, ou une impression adaptée à la situation.
En psychologie sociale, on parle aussi de gestion des impressions pour désigner ces efforts de contrôle de l’image transmise.
L’apport d’Erving Goffman
Le sociologue Erving Goffman a donné à la notion son cadre classique dans La Mise en scène de la vie quotidienne, publié en anglais en 1959. Il y compare la vie sociale à une représentation théâtrale : chacun joue un rôle face à un public, sur une « scène », tandis que les « coulisses » sont les lieux où l’on peut relâcher son rôle. L’auto-présentation n’y est pas un mensonge, mais une dimension ordinaire de toute interaction.
Les principales stratégies
Les psychologues Edward Jones et Thane Pittman ont proposé une classification des stratégies d’auto-présentation selon l’impression recherchée :
- l’insinuation : se rendre sympathique, par exemple en flattant ou en se montrant d’accord ;
- l’autopromotion : paraître compétent en mettant en avant ses réussites ;
- l’exemplarité : paraître moralement irréprochable ;
- l’intimidation : paraître redoutable ;
- la supplication : paraître faible pour obtenir de l’aide.
On décrit aussi l’auto-handicap, qui consiste à se créer ou à invoquer un obstacle avant une épreuve afin de pouvoir expliquer un éventuel échec sans remettre en cause ses capacités.
Des différences entre les personnes
Tout le monde ne se soucie pas de son image au même degré. Le psychologue Mark Snyder a proposé la notion d’auto-surveillance, ou monitorage de soi : les personnes à forte auto-surveillance ajustent beaucoup leur comportement à la situation et aux attentes des autres, tandis que celles à faible auto-surveillance agissent davantage en fonction de leurs convictions et de leur humeur, quelles que soient les circonstances.
Auto-présentation et vie numérique
Les réseaux sociaux ont donné une nouvelle ampleur à la présentation de soi : choix des photos, des publications et des informations partagées composent un profil soigneusement construit. Cette mise en scène permanente soulève des questions étudiées par les chercheurs, notamment sur la comparaison sociale et sur l’écart entre l’image publique et l’expérience vécue.


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