Psychologie analyse fonctionnelle
En psychologie, l’analyse fonctionnelle est la première étape d’une thérapie comportementale et cognitive (TCC). Elle consiste à recueillir des informations et des observations pour comprendre dans quelles circonstances un comportement problème apparaît et, surtout, ce qui le maintient. Elle aboutit à un modèle propre à chaque patient, qui guide le choix du traitement.
Le principe
Le comportement problème (une crise d’angoisse, une compulsion, une consommation d’alcool, un évitement…) n’est pas étudié isolément, mais en lien avec ce qui le précède et ce qui le suit. On s’intéresse à ses déclencheurs, aux émotions et aux pensées qui l’accompagnent, puis à ses conséquences à court et à long terme. Le mot « fonctionnel » renvoie à une question centrale : à quoi sert ce comportement pour la personne, quelle fonction remplit-il ?
La démarche transpose en clinique la méthode expérimentale : observation, formulation d’hypothèses, mise à l’épreuve par l’intervention, puis évaluation des résultats. L’analyse est révisée au fil de la thérapie.
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Elle distingue ce qui déclenche le comportement (situations, pensées, sensations corporelles) de ce qui l’entretient : un comportement qui procure un soulagement ou une récompense immédiate tend à se répéter, même s’il est nuisible à long terme. Ce principe vient des théories de l’apprentissage, en particulier du conditionnement opérant.
Les grilles utilisées
Plusieurs grilles aident le thérapeute à organiser les informations :
- le modèle ABC : antécédents (Antecedents), comportement (Behavior), conséquences (Consequences) ;
- le modèle SORC : stimulus, organisme (les caractéristiques propres à la personne), réponse, conséquences, issu des travaux du psychologue américain Frederick Kanfer ;
- la grille SECCA, proposée par le psychiatre français Jean Cottraux : situation, émotion, cognition, comportement, anticipation.
D’autres grilles, plus détaillées, passent en revue l’ensemble des domaines de la vie de la personne : relations, santé physique, histoire, attentes.
Un exemple
Une personne souffrant d’anxiété sociale évite les réunions de travail. Situation : une réunion est annoncée. Émotion : une anxiété intense. Pensée : « je vais rougir, tout le monde va me juger ». Comportement : elle trouve une excuse pour ne pas y aller. Conséquence immédiate : un soulagement. Conséquence à long terme : la peur se renforce, faute d’avoir pu constater que la situation était supportable. L’évitement, récompensé par le soulagement, entretient ainsi le trouble ; c’est ce cercle que la thérapie cherchera à rompre, par exemple par une exposition progressive aux situations redoutées.
Intérêt et limites
L’analyse fonctionnelle permet d’adapter le traitement à chaque patient plutôt qu’à une étiquette diagnostique, de fixer des objectifs précis et d’en mesurer l’atteinte. Elle demande une collaboration active : le patient tient souvent un carnet d’observation entre les séances. Elle fait partie de la démarche diagnostique sans remplacer le diagnostic psychiatrique, et doit être menée par un professionnel formé aux TCC.
L’expression « analyse fonctionnelle » désigne aussi, dans d’autres disciplines, une branche des mathématiques et une méthode de conception en ingénierie, sans rapport avec la psychologie.
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