Psychologie altruisme
En psychologie, l’altruisme désigne le fait d’aider autrui sans chercher d’avantage en retour : rendre service, écouter, porter secours. Le mot a été forgé au XIXᵉ siècle par le philosophe Auguste Comte, par opposition à l’égoïsme. La psychologie s’intéresse à deux grandes questions : qui aide le plus volontiers, et dans quelles circonstances aide-t-on ?
Altruisme et comportement d’aide
Les chercheurs distinguent le comportement d’aide, observable, et la motivation altruiste, plus difficile à établir. Une personne peut aider pour soulager sa propre gêne, pour être bien vue ou par habitude sociale ; on parle d’altruisme au sens strict lorsque le but premier est le bien-être de l’autre. Le psychologue américain Daniel Batson a défendu l’hypothèse « empathie-altruisme » : lorsque nous éprouvons de l’empathie pour quelqu’un, notre motivation à l’aider deviendrait réellement tournée vers lui, et non vers nous-mêmes. Ce débat entre motivations égoïstes et désintéressées reste ouvert.
Les facteurs personnels
Une première approche cherche les déterminants individuels de l’aide : existe-t-il une personnalité altruiste, et peut-on la mesurer ? Des questionnaires évaluent la tendance à l’empathie ou le sentiment de responsabilité envers autrui. Les résultats montrent que ces traits comptent, mais qu’ils prédisent assez mal, à eux seuls, ce qu’une personne fera dans une situation donnée. L’éducation, les valeurs familiales et l’exemple des proches jouent aussi un rôle dans l’apprentissage des conduites d’entraide.
Les facteurs de situation
La seconde approche, la plus féconde, étudie les circonstances qui favorisent ou freinent l’aide, indépendamment de la personnalité. Plusieurs résultats classiques sont souvent cités :
- l’effet du témoin : à la suite des travaux de John Darley et Bibb Latané dans les années 1960, on a montré que plus il y a de témoins d’une urgence, moins chacun intervient, car la responsabilité se dilue ;
- l’humeur : dans une expérience d’Alice Isen et Paula Levin, des passants qui venaient de trouver une pièce dans une cabine téléphonique aidaient plus souvent quelqu’un qui laissait tomber des papiers ;
- l’environnement : un bruit intense, comme celui d’une tondeuse, réduit la probabilité d’aider une personne qui a fait tomber des objets ;
- la pression du temps : des personnes pressées s’arrêtent moins souvent pour secourir quelqu’un en difficulté.
Les explications de l’évolution
La biologie de l’évolution propose aussi des explications. Aider ses apparentés favorise la transmission de gènes partagés : c’est la sélection de parentèle, formalisée par William Hamilton. Aider un individu qui rendra la pareille plus tard relève de l’altruisme réciproque, décrit par Robert Trivers. Ces modèles éclairent l’origine des conduites d’entraide, sans épuiser la question des motivations humaines, où la culture, la morale et les normes sociales pèsent lourdement.
Pourquoi l’étudier
Comprendre l’altruisme aide à concevoir des situations qui encouragent l’entraide : former au secourisme, désigner nommément une personne en cas d’urgence plutôt que s’adresser à la foule, réduire l’anonymat. C’est aussi un champ de recherche sur le bénévolat, le don et la coopération au sein des groupes.

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