Maltraitance psychologique

La maltraitance psychologique désigne des comportements répétés qui atteignent une personne dans son équilibre psychique et son estime d’elle-même : humiliations, dénigrement, menaces, rejet, isolement, chantage. Elle peut viser un enfant, un conjoint, une personne âgée ou une personne vulnérable. Moins visible que la violence physique, elle laisse des traces durables, et la loi la reconnaît.
Les formes de la maltraitance psychologique
- Les insultes, les moqueries et le dénigrement systématique.
- Les menaces et l’intimidation : menace d’abandon, de coups, de représailles.
- Le rejet, l’indifférence et la privation d’affection.
- L’isolement : empêcher la personne de voir sa famille ou ses amis.
- Le contrôle excessif de l’emploi du temps, de l’argent ou du téléphone.
- Pour un enfant, des exigences inadaptées à son âge ou des responsabilités écrasantes.
- L’exposition d’un enfant aux violences entre ses parents, reconnue comme une forme de maltraitance.
L’Organisation mondiale de la santé inclut les mauvais traitements psychologiques et affectifs dans sa définition de la maltraitance de l’enfant, aux côtés des violences physiques, des violences sexuelles et de la négligence.
Les conséquences
Chez l’enfant, la maltraitance psychologique peut entraîner anxiété, troubles du sommeil, difficultés scolaires, faible estime de soi et troubles du comportement. Ses effets peuvent se prolonger à l’âge adulte, avec un risque plus élevé de dépression, de troubles anxieux ou de conduites addictives. Chez l’adulte, elle provoque souvent une perte de confiance en soi, un isolement progressif, une dépression ou des symptômes de stress post-traumatique.
Repérer les signes
Un changement brutal de comportement, la peur de rentrer chez soi, une dévalorisation constante de soi-même, un repli ou au contraire une agressivité inhabituelle doivent alerter. Chez une personne âgée, la peur d’un proche, le retrait ou la perte d’appétit peuvent aussi être des signaux. Aucun signe isolé ne prouve une maltraitance : c’est leur réunion et leur durée qui doivent conduire à s’interroger et à demander conseil.
Ce que dit la loi en France
Le Code pénal punit les violences « quelle que soit leur nature, y compris s’il s’agit de violences psychologiques », précision introduite par la loi du 9 juillet 2010 relative aux violences faites aux femmes. Le harcèlement moral au sein du couple constitue aussi un délit. Depuis la loi du 10 juillet 2019, le Code civil précise que l’autorité parentale s’exerce « sans violences physiques ou psychologiques ». Ces textes évoluent ; un avocat ou une association d’aide aux victimes peut renseigner sur les démarches.
Où trouver de l’aide
- 119 : Allô Enfance en danger, numéro gratuit pour signaler un enfant en danger ou en risque de l’être.
- 3919 : Violences Femmes Info, numéro gratuit et anonyme.
- 3977 : maltraitance des personnes âgées et des adultes en situation de handicap.
- 17 ou 112 : en cas de danger immédiat.
Un médecin, un psychologue ou un travailleur social peuvent aussi aider la victime à sortir de l’emprise et à se reconstruire.



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