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PSYCHOLOGIE

Le couple et l’argent : Le couple et l’argent, différents modèles

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3334Sans tenir compte des comportements de dépendance à l’argent, il est possible de distinguer une liste non exhaustive de modèles de fonctionnement du couple face à l’argent.

T’occupe ! Le pognon c’est mon problème

Un seul des deux partenaires gère le budget. Parce que cela l’arrange. Il tient scrupuleusement l’autre à l’écart et tend même à lui faire comprendre que, de toute façon, il ne comprendrait rien. Évidemment, en cas de problème, l’autre est toujours responsable. « Qu’est-ce que tu peux claquer comme fric ! Tu te rends compte de ce que tu dépenses ! Mais c’est un salaire de ministre qu’il nous faut pour survivre ici ! »

Le conjoint est un inconscient qui dépense sans compter et se comporte en irresponsable. S’il demande à avoir des explications, il reste sur sa faim. Le « conjoint-comptable » s’efforce de poser sur la tenue du budget un flou artistique qui l’arrange.

Il s’impose ainsi en expert, ce qui accroît son emprise sur l’autre, qui ne peut que se sentir de plus en plus coupable et responsable des déboires financiers.

À la longue, l’équilibre du couple peut s’en trouver menacé. Le conjoint en vient à se révolter et à refuser son statut de victime, ou les disputes répétées à l’occasion de la séance des comptes finissent par l’exaspérer. Mais, bien souvent, cette situation perdure et le conjoint victime se dévalorise, perd confiance en lui et peut même finir par avoir peur de l’argent, voire d’en parler.

Le bel indifférent

La compétence de l’un est soit reconnue avec insistance par l’autre, soit suscitée par une attitude délibérée de la part de ce dernier à démontrer son incapacité dans le domaine. L’un des partenaires devient le spécialiste esseulé des comptes. Dès qu’il aborde le sujet, il n’obtient pour toute réponse que du silence ou un : « Moi, je n’y comprends rien ! Ne me parle pas pognon, ça ne m’intéresse pas ! »

En cas de problème, notre expert désigné se trouve piégé, démuni, et se sent immanquablement responsable de la situation. Angoisse ! De surcroît, les remarques ne manqueront pas de fuser : « Ben, qu’est-ce que t’as fait ? On ne peut vraiment pas compter sur toi ! Ce n’est pourtant pas difficile de gérer un budget et d’éviter les découverts ! »

L’argent ne tarde pas à devenir un point de discorde, et si le partenaire indifférent ne se réveille pas, le trésorier malgré lui finira par se rebeller. Pas toujours hélas ! Là encore, la victime peut subir durablement son sort.

L’inconscient

L’un des deux persiste à avoir des attitudes infantiles face à l’argent, qui l’effraie. Dès que le sujet est abordé, panique à bord et fuite. Cette peur remonte effectivement à l’enfance. Des disputes fréquentes entre les parents ont amené le sujet à concevoir l’argent comme un dangereux objet de discorde. Avec l’argent, on se dispute, on ne s’aime plus et on se sépare. Alors autant fuir cette chose maléfique et s’imaginer que le budget se gérera magiquement tout seul, qu’en cas de difficulté, tout finira bien par s’arranger.

Le partenaire est obligé de prendre la responsabilité de la gestion des comptes. Il souffre rapidement du manque de soutien de la part du compagnon ou de la compagne et cette insécurité peut gagner l’ensemble des actes de la vie quotidienne. Que ce soit un problème d’argent ou une décision importante, il se retrouve seul à décider et à agir, ce qui ne tarde pas à devenir pesant.

Le «je sais tout »

Pénible à supporter. Il (ou elle) sait tout faire et est persuadé(e) de s’y connaître en tout : ménage, éducation des enfants et bien sûr finance. Son besoin de contrôle et de maîtrise l’érige en dictateur omnipotent qui ne laisse de place à personne. Il envahit tous les territoires, officie dans tous les domaines et s’impose comme le seul être capable de la maisonnée.

Les obsessionnels, par anxiété, se comportent ainsi. Mais, le plus souvent, ce sont des personnes souffrant de troubles narcissiques, qui éprouvent sans cesse le besoin de se rassurer sur leur propre valeur.

Cette attitude peut en arranger certains, surtout les personnalités de tendance passive et dépendante. Mais il ne peut être question d’équilibre et d’épanouissement de chacun dans ce système. Un tel comportement correspond à un étouffement du partenaire. Si ce dernier n’a pas une vie extérieure suffisamment riche, gare à la casse.

La cigale et la fourmi

Si l’Harpagon familial est celui qui fait bouillir la marmite, imaginez le calvaire des siens. Si le comportement relève davantage de la fourmi, animal inquiet qui a peur de manquer, l’affaire est moins compliquée, mais pas moins pénible. Une relation de couple équilibrée parviendra à la longue à apaiser l’angoisse de notre forcené de l’épargne. Malheureusement, si avec lui vit une cigale, il faudra du temps.

Cette association des deux opposés n’est pas rare. « Ce qui se ressemble s’assemble » n’est pas forcément une règle dans la formation des couples. Il peut se créer un équilibre dans la gestion du budget, mais après moult conflits.

Parfois, il arrive que l’un ou l’autre se bâtisse une petite cagnotte à l’abri du regard du conjoint. Les hommes ont facilement tendance à adopter ce type de comportement, par souci d’indépendance, de liberté ou par peur de manquer. Si la chose est découverte par surprise par l’autre partenaire, ce dernier le vivra comme une tromperie, qui installera rapidement un climat de suspicion risquant de désagréger le couple. Fourmis, faites-vous connaître.

Le super-cool

Gérer un budget? Qu’est-ce que cela veut dire ? L’argent, pas de problème. À la fin du mois, nos salaires sont versés. Alors, à quoi bon compter? Il y a des choses bien plus importantes dans la vie. Pourquoi se prendre la tête avec ça ? Les banques sont là pour s’en occuper.

Bienheureux les innocents ! Même si certains cherchent surtout à se donner un genre en se conduisant de cette manière, des vrais cool, cela existe. Ils finissent par connaître la galère mais, tels des chats, retombent toujours sur leurs pattes.

Le fait d’avoir grandi dans une famille à l’abri du besoin et où la question de l’argent, ne se posant pas, n’était jamais abordée favorise ce type de comportement.

Le super-anxieux, ou perdre sa vie à la gagner

Tout est sujet à souci. La moindre dépense se révèle une menace pour les ressources du foyer. Le dépôt du bilan familial est pour demain. Comment va-t-on financer les études des enfants ? Pas de panique ! Ils sont encore à la maternelle. Oui, mais il faut tout prévoir. L’éducation explique en partie ces attitudes. Se crée aussi une interaction permanente entre les deux partenaires qui entretient l’angoisse, une sorte de synergie de la peur.

En conséquence, le couple se lance dans un activisme débordant, illusoirement rassurant. Travailler, travailler toujours pour ne pas manquer un jour. Inutile de préciser que leur conception de la vie ne respire pas la joie et la détente.

L’un riche, Vautre pas

L’un des deux conjoints jouit d’une petite fortune personnelle. Il la doit à sa famille ou à l’héritage d’un oncle d’Amérique. L’autre est moins chanceux. L’argent peut devenir un point de fixation. Le prétendant fauché se sent le point de mire de la belle-famille. S’agirait-il d’un intrigant qui en veut à notre argent? Il s’ensuit, pour ce dernier, une course à la réussite. Et si le succès ne vient pas, le couple peut se disloquer.

Si vous êtes le détenteur du pactole, soyez vigilant et efforcez-vous de comprendre ce que ressent votre conjoint.

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