Columbine
Columbine désigne la tuerie du lycée de Columbine (Columbine High School), commise le 20 avril 1999 à Littleton, dans le Colorado, aux États-Unis, par deux élèves de l’établissement, Eric Harris et Dylan Klebold. Ils ont tué douze élèves et un enseignant et fait plus d’une vingtaine de blessés avant de se donner la mort dans la bibliothèque du lycée. L’événement est devenu une référence tragique dans l’histoire des violences scolaires et un sujet d’étude pour la psychologie.
Le déroulement des faits
Les deux auteurs avaient préparé leur attaque pendant des mois. Ils avaient fabriqué des engins explosifs, dont des bombes au propane déposées dans la cafétéria, qui n’ont heureusement pas fonctionné. Armés de fusils et d’armes semi-automatiques, ils ont ouvert le feu à l’extérieur puis à l’intérieur du lycée. L’enseignant Dave Sanders a été mortellement blessé en aidant des élèves à se mettre à l’abri. L’essentiel des victimes a été tué dans la bibliothèque, où les deux auteurs se sont suicidés.
Deux profils différents
Les journaux intimes, écrits et vidéos laissés par les deux adolescents ont été longuement étudiés. Ils dessinent deux personnalités distinctes. Eric Harris exprimait dans ses écrits un mépris et une haine marqués envers l’humanité, ainsi qu’un fort sentiment de supériorité. Dylan Klebold y apparaissait surtout désespéré, dépressif, avec une image très négative de lui-même et des pensées suicidaires. Des spécialistes ont souligné la dynamique de leur duo, chacun entraînant l’autre dans un projet qu’il n’aurait peut-être pas mené seul.
Les parents n’avaient pas perçu la gravité de la situation, ni l’existence des armes cachées. Sue Klebold, la mère de Dylan, a plus tard témoigné publiquement dans un livre pour sensibiliser à la détresse psychique invisible des adolescents et à la prévention du suicide.
Des explications simplistes démenties
Dans les jours qui ont suivi, plusieurs explications ont circulé : vengeance de souffre-douleur contre les sportifs, appartenance à un groupe gothique, influence de la musique de Marilyn Manson ou des jeux vidéo. Les enquêtes et les travaux ultérieurs ont largement relativisé ces récits. Les deux auteurs ne visaient pas un groupe précis, et leur projet initial, un attentat à la bombe, montre qu’ils cherchaient à tuer le plus de monde possible. Marilyn Manson, désigné comme bouc émissaire, a lui-même répondu publiquement à ces accusations.
Les conséquences
La tuerie a profondément modifié la réponse des forces de l’ordre. Lors de l’attaque, la police avait attendu la constitution d’unités spécialisées avant d’entrer ; depuis, les doctrines privilégient une intervention immédiate des premiers agents présents pour neutraliser le tireur. Les établissements scolaires américains ont généralisé les exercices de confinement.
Columbine a aussi inspiré des œuvres qui interrogent la violence et la société américaine, comme le documentaire Bowling for Columbine de Michael Moore (2002) et le film Elephant de Gus Van Sant (2003), Palme d’or au Festival de Cannes.
L’effet de contagion
Les psychologues et criminologues observent que plusieurs auteurs de tueries ultérieures se sont référés à Columbine, voire ont cherché à l’imiter. C’est pourquoi de nombreux spécialistes recommandent aux médias de ne pas mettre en avant les noms et les visages des auteurs, et de privilégier le récit des victimes et des secours. La prévention passe aussi par l’attention aux signaux de détresse et aux menaces exprimées par un jeune, qui doivent toujours être prises au sérieux.


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