Psychologie transfert-contre-transfert
Le transfert et le contre-transfert sont deux notions clés de la psychanalyse qui décrivent les mouvements affectifs inconscients circulant entre le patient et son thérapeute. Le transfert désigne la manière dont le patient reporte sur l’analyste des sentiments, des attentes et des façons d’entrer en relation héritées de ses premiers liens, notamment avec ses parents ; le contre-transfert, l’ensemble des réactions inconscientes de l’analyste envers son patient. L’analyse de ces deux mouvements est au cœur de la cure psychanalytique.
Le transfert selon Freud
Sigmund Freud a d’abord rencontré le transfert comme un obstacle : dès les années 1890, il constate que certaines patientes reportent sur lui des sentiments amoureux ou hostiles sans rapport avec la situation réelle. Il comprend ensuite, notamment après l’interruption de la cure de « Dora » au tout début des années 1900, que ce phénomène est aussi le meilleur levier de la thérapie. Le patient ne se contente pas de se souvenir de son passé : il le rejoue dans la relation avec l’analyste. En interprétant ce qui se répète, l’analyste aide le patient à prendre conscience de conflits anciens.
Transfert positif et transfert négatif
- Le transfert positif regroupe les sentiments tendres, la confiance, l’admiration ; il favorise l’engagement dans la cure, mais peut aussi prendre la forme d’un attachement amoureux qui sert de résistance.
- Le transfert négatif rassemble l’hostilité, la méfiance, la rivalité ; il doit être reconnu et analysé, car il peut conduire à l’abandon du traitement.
Le plus souvent, les deux coexistent : on retrouve là l’ambivalence qui marquait les premières relations du patient.
Le contre-transfert
Freud introduit le terme de contre-transfert en 1910. Il y voit d’abord une gêne : les réactions personnelles de l’analyste, issues de ses propres conflits, risquent de fausser son écoute. C’est l’une des raisons pour lesquelles les psychanalystes doivent eux-mêmes avoir suivi une analyse. À partir de 1950, notamment avec l’article de Paula Heimann consacré à cette question, le contre-transfert est de plus en plus considéré comme un instrument : les émotions que le patient suscite chez l’analyste renseignent sur ce que le patient vit et fait vivre à son entourage.
Au-delà de la psychanalyse
Ces notions sont aujourd’hui utilisées, sous des formes diverses, dans la plupart des psychothérapies d’inspiration psychodynamique, et le mot transfert s’emploie plus largement pour toute relation d’aide : soin, enseignement, accompagnement social. Repérer ce qui, dans une relation professionnelle, rejoue des liens anciens permet de mieux la comprendre et d’éviter que des réactions affectives ne prennent le pas sur le travail engagé.


vous devez être connecter pour déposer un commentaire connecter