Psychologie génitalité
En psychanalyse, la génitalité désigne l’organisation de la sexualité sous le primat des zones génitales, telle que Sigmund Freud la décrit au terme du développement psychosexuel. Le stade génital proprement dit s’installe à la puberté, après la période de latence ; le terme désigne aussi, chez les auteurs post-freudiens, une forme de maturité affective capable de reconnaître l’autre dans sa différence.
Les stades du développement psychosexuel
Dans les Trois essais sur la théorie sexuelle (1905) et dans des textes ultérieurs, Freud décrit une succession d’organisations de la libido, chacune centrée sur une zone du corps et un mode de relation :
- le stade oral, centré sur la bouche et la succion ;
- le stade anal, lié à la maîtrise des sphincters ;
- le stade phallique, vers 3 à 5 ans, marqué par la curiosité pour la différence des sexes et par le complexe d’Œdipe ;
- la période de latence, de la fin du conflit œdipien à la puberté, où les pulsions sexuelles sont mises en sourdine au profit des apprentissages ;
- le stade génital, à partir de la puberté.
Les stades oral, anal et phallique sont dits prégénitaux. Les âges sont indicatifs et les stades se chevauchent.
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Organisation génitale infantile et stade génital
Dans un texte de 1923, L’organisation génitale infantile, Freud précise que l’enfant connaît déjà, vers la fin de la petite enfance, une organisation centrée sur les organes génitaux. Mais elle est dominée par une seule question, la présence ou l’absence du pénis : c’est le primat du phallus, qui caractérise le stade phallique. La reconnaissance véritable de la différence des sexes, et l’union de la tendresse et de la sexualité envers une même personne, n’appartiennent qu’au stade génital.
L’issue du stade phallique dépend de la résolution du complexe d’Œdipe : l’enfant renonce aux désirs incestueux et hostiles envers ses parents et s’identifie à eux, ce qui contribue à la formation du surmoi.
La reprise à l’adolescence
À la puberté, la maturation du corps provoque une nouvelle poussée pulsionnelle. Les questions œdipiennes sont réactivées, à un moment où l’adolescent a désormais les moyens physiques de réaliser ses désirs. Il doit donc renouveler le renoncement aux premiers objets d’amour, s’en détacher et orienter ses désirs vers des partenaires extérieurs à la famille. Ce travail de séparation, comparable à un deuil, est au cœur de nombreuses descriptions psychanalytiques de l’adolescence.
La génitalité comme maturité affective
Chez plusieurs psychanalystes après Freud, notamment Karl Abraham, la génitalité désigne un idéal de relation d’objet dite « génitale » : la capacité d’aimer l’autre comme une personne entière, différente de soi, sans le réduire à l’objet d’un besoin. Cette notion a été discutée et critiquée, certains auteurs y voyant une norme de maturité trop idéalisée.
Une théorie à situer
La théorie des stades psychosexuels est un modèle psychanalytique, influent dans l’histoire de la psychologie et toujours enseigné, mais dont plusieurs points ont été contestés ou nuancés, notamment par la psychologie du développement fondée sur l’observation des enfants. Elle se lit comme une grille d’interprétation clinique, non comme un calendrier biologique.
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