Psychologie étayage: étayage psychologie
En psychologie, l’étayage désigne un appui sur lequel un processus psychique se construit. Le mot a trois sens principaux : en psychologie du développement, l’aide qu’un adulte apporte à un enfant pour qu’il réussisse une tâche ; en psychanalyse, l’appui des pulsions sexuelles sur les fonctions vitales ; en psychologie clinique, une relation de dépendance à un objet indispensable à l’équilibre du sujet.
L’étayage en psychologie du développement
Dans ce domaine, l’étayage est l’aide apportée à un sujet par une personne plus compétente, à partir d’une initiative que le sujet a lui-même prise. Cette aide vise à guider, soutenir et renforcer son activité, sans faire à sa place. La notion a été formalisée par Jerome Bruner et ses collègues David Wood et Gail Ross dans un article de 1976 consacré au tutorat ; le terme anglais est scaffolding, littéralement « échafaudage ».
Les auteurs décrivent six fonctions du tuteur, souvent reprises dans la formation des enseignants :
- l’enrôlement : susciter l’intérêt de l’enfant pour la tâche ;
- la réduction des degrés de liberté : simplifier la tâche pour la rendre abordable ;
- le maintien de l’orientation : éviter que l’enfant ne s’écarte du but ;
- la signalisation des caractéristiques déterminantes : souligner ce qui compte ;
- le contrôle de la frustration : rendre l’échec supportable ;
- la démonstration : montrer une solution que l’enfant pourra imiter.
Cette conception rejoint la « zone proximale de développement » de Lev Vygotski : l’écart entre ce qu’un enfant réussit seul et ce qu’il réussit avec l’aide d’autrui. L’étayage a vocation à disparaître progressivement, à mesure que l’enfant devient autonome. On parle aussi d’interaction de tutelle.
L’étayage pulsionnel chez Freud
Dans la théorie freudienne, les pulsions sexuelles naissent en s’appuyant sur les pulsions d’autoconservation, qui assurent la survie : elles leur empruntent leur source, une zone du corps, et leur premier objet. L’exemple classique, développé par Freud dans les Trois essais sur la théorie sexuelle (1905), est celui du nourrisson : la tétée répond d’abord au besoin de nourriture, puis le suçotement devient recherché pour lui-même, pour le plaisir qu’il procure. La sexualité se détache alors du besoin vital sur lequel elle s’était étayée.
Le psychanalyste Christophe Dejours a proposé de parler de « subversion libidinale » pour qualifier ce processus : le corps des besoins organiques est transformé en un corps érogène, source de désirs et de plaisirs.
La relation d’étayage ou anaclitique
En psychologie clinique, la relation d’étayage désigne une modalité de relation d’objet marquée par la dépendance du sujet à l’objet, c’est-à-dire à la personne investie : celle-ci apparaît indispensable à son équilibre psychoaffectif. On parle aussi de relation anaclitique, du grec signifiant « s’appuyer sur ».
Freud distinguait, dans Pour introduire le narcissisme (1914), le choix d’objet « par étayage », qui se porte sur la figure qui nourrit ou protège, et le choix d’objet narcissique, modelé sur soi-même. Le psychanalyste René Spitz a quant à lui décrit la « dépression anaclitique » du nourrisson brutalement séparé de sa mère.
Un même mot, une même idée
Malgré leurs différences, ces trois emplois partagent une idée : on ne se construit pas seul. Qu’il s’agisse d’apprendre, de désirer ou d’aimer, le psychisme prend appui sur un support, qu’il s’agit ensuite, idéalement, de pouvoir quitter.


vous devez être connecter pour déposer un commentaire connecter