Psychologie : plancher
En psychologie, l’effet plancher désigne la situation où une épreuve, un test ou une échelle de mesure est trop difficile pour la population étudiée : la plupart des personnes obtiennent des scores très bas, regroupés au minimum de l’échelle. Celle-ci ne permet plus de distinguer les individus entre eux. L’effet plancher est le symétrique de l’effet plafond, observé quand une épreuve est trop facile.
Exemples
Un test de vocabulaire conçu pour des adultes et proposé à de jeunes enfants produira un effet plancher : presque tous échoueront à presque tous les items, et l’on ne pourra pas savoir lesquels ont le meilleur vocabulaire. De même, dans une expérience de mémoire, une liste trop longue présentée trop vite peut conduire tous les participants à ne se souvenir de presque rien, quelle que soit la condition expérimentale. En clinique, une échelle de symptômes peut aussi présenter un effet plancher dans une population où ces symptômes sont rares : la majorité des personnes obtiennent zéro.
Pourquoi c’est un problème
- L’échelle perd son pouvoir discriminant : des personnes de niveaux différents obtiennent le même score.
- Les différences entre groupes ou conditions peuvent être masquées : on conclut à tort à l’absence d’effet.
- La distribution des scores devient asymétrique et la variance diminue, ce qui fausse les moyennes, les corrélations et de nombreux tests statistiques.
- Une amélioration apparente lors d’une seconde mesure peut refléter en partie la régression vers la moyenne plutôt qu’un vrai progrès.
Repérer et éviter l’effet plancher
On le repère en examinant la distribution des scores : une forte proportion de résultats au minimum possible est un signal d’alerte. Pour l’éviter, on adapte la difficulté des items à la population visée, on réalise des études préliminaires, on ajoute des items faciles, ou l’on utilise des tests adaptatifs qui choisissent les questions selon les réponses précédentes. Les modèles de la théorie de la réponse à l’item aident à construire des échelles mieux étalonnées. Lorsque l’effet plancher est inévitable, des méthodes statistiques adaptées aux données censurées permettent d’en limiter les conséquences.
À ne pas confondre : l’effet de primauté
L’effet de primauté, autre notion classique, concerne non la mesure mais le jugement : la première information reçue pèse davantage que les suivantes. Le psychologue Solomon Asch l’a montré en 1946 en présentant à deux groupes la même liste d’adjectifs décrivant une personne (intelligent, travailleur, impulsif, critique, obstiné, envieux), dans un ordre ou dans l’ordre inverse. La liste qui commençait par les qualités produisait une impression nettement plus favorable, alors que l’information était identique. On observe aussi un effet de primauté en mémoire : les premiers éléments d’une liste sont mieux retenus que ceux du milieu.

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