Hystérie définition
L’hystérie désigne, dans la psychiatrie classique et en psychanalyse, une névrose caractérisée par des symptômes corporels sans lésion organique (paralysies, troubles de la sensibilité, crises ressemblant à l’épilepsie, perte de la voix ou de la vue) et par une expressivité émotionnelle marquée. Chargé de préjugés, le terme a été abandonné par les classifications médicales actuelles, qui parlent de troubles de conversion, ou troubles neurologiques fonctionnels, et de personnalité histrionique. Contrairement à une idée ancienne, ces troubles ne concernent pas que les femmes.
Un mot venu de l’Antiquité
Le mot vient du grec hystera, l’utérus. Certains textes médicaux de l’Antiquité grecque attribuaient en effet divers malaises féminins à un utérus qui se serait déplacé dans le corps. Cette explication, purement imaginaire, a durablement associé l’hystérie aux femmes et a nourri, au fil des siècles, une vision dévalorisante de leurs plaintes.
Charcot et la Salpêtrière
Dans les années 1870 et 1880, le neurologue Jean-Martin Charcot fait de l’hystérie un objet d’étude médicale à l’hôpital de la Salpêtrière, à Paris. Il décrit la « grande crise hystérique », utilise l’hypnose pour reproduire les symptômes et affirme l’existence de l’hystérie masculine. Ses leçons publiques, très suivies, attirent des médecins de toute l’Europe, dont le jeune Sigmund Freud, qui y séjourne en 1885-1886. Après la mort de Charcot, son élève Joseph Babinski souligne le rôle de la suggestion dans ces symptômes.
Freud et la conversion
En 1895, Freud publie avec le médecin viennois Josef Breuer les Études sur l’hystérie. On y trouve le cas d’« Anna O. », patiente de Breuer, qui qualifiait son traitement de « cure par la parole » (talking cure). Freud y développe la notion de conversion : un conflit psychique inconscient s’exprime dans le corps sous une forme symbolique. Il pense d’abord que ces troubles proviennent de séductions sexuelles réellement subies dans l’enfance, puis renonce à cette théorie générale ; dans une lettre à Wilhelm Fliess du 21 septembre 1897, il écrit ne plus croire à sa « neurotica ». Il accorde dès lors une place centrale au fantasme et au complexe d’Œdipe.
Ce que l’on dit aujourd’hui
À partir de 1980 et du DSM-III, l’ancienne hystérie est répartie entre plusieurs catégories :
- le trouble de conversion, appelé dans le DSM-5 (2013) « trouble à symptomatologie neurologique fonctionnelle » : des symptômes neurologiques réels et involontaires, sans lésion qui les explique ;
- les troubles dissociatifs, qui touchent la mémoire, l’identité ou la conscience ;
- la personnalité histrionique, marquée par la recherche d’attention, la dramatisation et une émotivité changeante.
Les troubles neurologiques fonctionnels sont fréquents en consultation de neurologie. Le diagnostic ne se pose pas seulement en éliminant les autres maladies : le neurologue s’appuie sur des signes cliniques positifs, comme le signe de Hoover dans certaines faiblesses d’une jambe. La prise en charge associe une explication claire du diagnostic, de la kinésithérapie et, selon les cas, une psychothérapie. Ces symptômes ne sont ni simulés ni imaginaires : la personne ne les contrôle pas.
Dans le langage courant, « hystérique » est souvent employé comme une insulte, en particulier envers les femmes ; ce sens n’a plus rien de médical. Pour situer l’hystérie parmi les autres névroses, voir : La névrose.

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