Schizophrénie dysthymique

La schizophrénie dysthymique est l’ancien nom, surtout employé en France, de ce que les classifications actuelles appellent le trouble schizo-affectif. Il désigne une maladie psychiatrique qui associe des symptômes de la schizophrénie (idées délirantes, hallucinations, désorganisation) et des épisodes marqués de l’humeur, dépressifs ou maniaques. Ce n’est donc pas une simple dépression : c’est la combinaison durable des deux registres qui le définit.
Origine du terme
La notion de psychose « schizo-affective » a été proposée en 1933 par le psychiatre américain Jacob Kasanin pour décrire des patients dont les troubles mêlaient des traits schizophréniques et des troubles de l’humeur, avec un début souvent brutal. La psychiatrie française a longtemps parlé de « schizophrénie dysthymique », le mot dysthymie renvoyant ici au dérèglement de l’humeur. Aujourd’hui, le terme de trouble schizo-affectif est celui des classifications internationales, le DSM-5 et la CIM.
Les symptômes
Le tableau associe, selon les périodes :
- des symptômes psychotiques : idées délirantes, hallucinations, discours ou comportement désorganisés, retrait et appauvrissement affectif ;
- des épisodes dépressifs : tristesse profonde, perte d’intérêt, ralentissement, troubles du sommeil, idées de mort ;
- ou des épisodes maniaques : exaltation, irritabilité, accélération de la pensée, réduction du besoin de sommeil.
On distingue ainsi une forme de type bipolaire, quand des épisodes maniaques surviennent, et une forme de type dépressif.
Comment pose-t-on le diagnostic ?
Le diagnostic est clinique et repose sur l’évolution dans le temps. Selon le DSM-5, il faut qu’un épisode thymique majeur coexiste avec les symptômes caractéristiques de la schizophrénie, mais aussi que des idées délirantes ou des hallucinations persistent au moins deux semaines en l’absence de tout épisode de l’humeur. Les troubles de l’humeur doivent par ailleurs occuper la majeure partie de la durée totale de la maladie. Le psychiatre doit écarter d’autres causes : prise de substances, affection médicale, trouble bipolaire ou dépression avec caractéristiques psychotiques, schizophrénie compliquée d’une dépression. Cette frontière est délicate, et le diagnostic peut être révisé au fil du suivi.
Prise en charge
Le traitement associe le plus souvent plusieurs approches, adaptées à chaque patient par l’équipe soignante :
- des médicaments antipsychotiques, éventuellement associés à un régulateur de l’humeur ou à un antidépresseur selon la forme ;
- un suivi psychothérapeutique et un accompagnement social ;
- la psychoéducation du patient et de son entourage, pour reconnaître les signes de rechute ;
- une vigilance particulière face au risque suicidaire lors des phases dépressives.
Le pronostic est variable : il est souvent décrit comme intermédiaire entre celui des troubles de l’humeur et celui de la schizophrénie. Toute personne qui s’inquiète pour elle-même ou pour un proche doit s’adresser à un médecin ou à un psychiatre ; en cas d’idées suicidaires, il faut contacter sans attendre les services d’urgence.




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