Névrotique

Est dit névrotique ce qui se rapporte à la névrose : un trouble psychique dans lequel la personne souffre de symptômes comme l’anxiété, les obsessions ou les phobies, tout en restant en contact avec la réalité et consciente du caractère excessif de ses difficultés. Le mot qualifie aussi bien un symptôme ou un conflit intérieur qu’un mode de fonctionnement de la personnalité.
Origine de la notion
Le terme « névrose » a été introduit au XVIIIe siècle par le médecin écossais William Cullen pour désigner des maladies attribuées au système nerveux sans lésion décelable. Son sens a profondément changé depuis. À la fin du XIXe siècle, les travaux de Charcot, de Pierre Janet puis de Freud ont fait de la névrose un trouble d’origine psychique, et non plus une maladie des nerfs.
La névrose selon la psychanalyse
Pour Freud, le symptôme névrotique est l’expression d’un conflit inconscient entre des désirs, souvent liés à la sexualité infantile, et les exigences de la morale ou de la réalité. Dans sa seconde théorie de l’appareil psychique, le moi tente d’arbitrer entre les pulsions du ça et les interdits du surmoi ; le refoulement de ce qui est jugé inacceptable produit de l’angoisse et des symptômes de compromis.
La psychanalyse distingue plusieurs formes classiques :
- la névrose hystérique, où le conflit s’exprime notamment par des symptômes corporels sans cause organique ;
- la névrose obsessionnelle, marquée par des pensées envahissantes et des rituels ;
- la névrose phobique, où l’angoisse se fixe sur un objet ou une situation ;
- la névrose d’angoisse, faite d’une anxiété diffuse et de crises (voir Psychopathologie de l’adulte : la névrose d’angoisse).
Névrose et psychose
La distinction classique oppose la névrose à la psychose. Dans la névrose, le rapport à la réalité est préservé : la personne sait que ses craintes ou ses rituels sont excessifs et en souffre. Dans la psychose, ce rapport est altéré, avec par exemple des idées délirantes ou des hallucinations, et la personne n’a souvent pas conscience de son trouble. Les troubles névrotiques sont fréquents et d’intensité très variable, de la simple gêne à un handicap important.
Que reste-t-il du terme aujourd’hui ?
Les classifications psychiatriques actuelles ont largement abandonné le mot. Le manuel américain DSM, depuis sa troisième édition parue en 1980, l’a remplacé par des catégories descriptives : troubles anxieux, trouble obsessionnel-compulsif, troubles à symptomatologie somatique, troubles dissociatifs. La Classification internationale des maladies de l’OMS a conservé plus longtemps une rubrique des « troubles névrotiques », avant de l’abandonner à son tour dans sa onzième révision.
En psychologie de la personnalité, on parle de « névrosisme » pour désigner la tendance stable à ressentir des émotions négatives, l’une des cinq grandes dimensions du modèle dit des Big Five. Dans la langue courante, enfin, « névrosé » s’emploie souvent de façon péjorative pour une personne jugée anxieuse ou compliquée, un usage sans valeur médicale. Les épreuves de la vie peuvent aussi entraîner des souffrances durables, comme dans les pathologies du deuil. Une souffrance psychique persistante justifie de consulter un médecin, un psychiatre ou un psychologue.



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