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Les aphasies

Vous êtes ici : » » Les aphasies ; écrit le: 15 novembre 2011 par La rédaction

Définition

Aphasie vient du grec et signifie «perte de la parole»
Le terme aphasie désigne la perte partielle ou totale de la faculté de s’exprimer et de comprendre le langage, qu’il soit parlé ou écrit, malgré l’intégrité anatomique et fonctionnelle des organes de la phonation (langue, larynx) et indépendamment de toute atteinte neurologique d’origine sensorielle (sans difficultés d’audition ou de vue). L’aphasie est également le décalage entre l’idée que le malade veut exprimer et celle qu’il exprime vraiment. Il s’agit d’un trouble acquis du langage écrit et oral.

L’aphasie est apparue suite à une lésion de l’hémisphère gauche dominant pour le langage. Cette lésion survient à la suite d’une atteinte au cerveau, due à une tumeur, à un traumatisme crânien ou le plus souvent à un accident vasculaire cérébral (AVC).



Les symptomes de l’aphasie

L’aphasie se manifeste différemment chez les personnes concernées. Le degré de la sévérité dépend du lieu et de l’étendue de l’atteinte cérébrale.
Le contrôle de la motricité par le cerveau est croisé; l’hémisphère gauche contrôle le bras et la jambe droite, tandis que l’hémisphère gauche contrôle le bras et la jambe droite.
L’hémisphère gauche est le responsable pour parler, comprendre, lire et écrire.

Le parler

Les aphasiques peinent à s’exprimer spontanément, certains ne prononcent que des syllabes répétées ou parlent très lentement et ont des difficultés à former des mots ou à trouver le mot adéquat. Certains parlent plus couramment, mais mélangent les sons et les mots.

L’écriture

Les aphasiques ont souvent des difficultés à écrire des lettres, des mots et des phrases, les lettres peuvent êtres échangées, ajoutées, supprimées ou remplacées. Parfois, les mots sont écrits correctement mais ne correspondent pas au sens du terme recherché.

La compréhension

Au quotidien, la faculté de comprendre le langage est souvent surestimée. Les aphasiques ne comprennent souvent que quelques mots et s’aide du contexte, des mimiques et des gestes de l’interlocuteur, pour comprendre le sens général de ce qui leur est dit.

La lecture

La compréhension écrite s’appuie souvent sur des mots isolés. Le fait qu’un aphasique lise le journal ne signifie pas forcement qu’il comprenne tous les mots et les phrases, avec l’aide des illusions, sur la base de certains mots et en fonction de sa connaissance du sujet traité, il peut comprendre un article dans ses grandes lignes. Cette stratégie est plus difficile à appliquer pour la lecture.

Evolution de la maladie

La récupération dépend de l’ampleur de la lésion, ainsi que de sa localisation dans le cerveau. Un rétablissement des fonctions langagières est partiellement possible, parce que les cellules cérébrales aux abords immédiats de la lésion peuvent se rétablir et reprendre à leur charge une partie des fonctions langagières.

La phase aiguë

La plupart des personnes touchées par l’aphasie pensent que leurs capacités langagières se rétabliront complètement.
Les personnes ayant des difficultés marquées de compréhension ne reconnaissent pas leurs troubles. Cela peut donner des réactions fâcheuses, car ils ont l’impression que c’est leur entourage qui conspire en baragouinant. D’autres personnes sont conscientes dès le début de leur maladie et en souffrent énormément.

La phase post-aiguë

Avec le début de la thérapie et les premiers progrès, la personne aphasique commence à réaliser qu’elle devra probablement vivre avec un handicap langagier pendant toute sa vie. Certains s’opposent d’abord à cette idée, en se cramponnant à l’espoir d’une amélioration; d’autres réagissent par la dépression, se claustrant avec le sentiment d’être à la charge de tout le monde.

La phase chronique

Au fil du temps, les personnes aphasiques parviennent à améliorer leur qualité de vie et ceci malgré leur handicap. Ils se découvrent de nouveaux intérêts et activités, en dépit du handicap langagier. Une telle réorientation prend de nombreux mois, voire des années.

Classification des aphasies

On peut classer les aphasies en trois grands groupes

L’aphasie sensorielle, ou aphasie de Wernicke

Perte de la compréhension du langage, difficulté de réception d’éléments venant de l’extérieur. Elle se caractérise par des troubles de la compréhension très importants et par une expression verbale utilisant des mots inappropriés, avec l’utilisation d’un nouveau vocabulaire (néologisme). Le patient n’est pas conscient de son atteinte.
Ce type d’aphasie se rencontre essentiellement lors des perturbations du champ visuel droit au cours desquelles il existe une atteinte de l’air de Wernicke.

L’aphasie motrice ou aphasie de Broca

Perte de la parole, difficulté de transmission des idées. Elle se caractérise par des troubles oraux et écrits alors que la compréhension est à peu près bonne. Le patient présente généralement des problèmes d’articulation à des degrés divers, et utilise des phrases qui ne sont pas structurées. Il a du mal à trouver le mot exact pour s’exprimer, et les mots utilisés ne sont pas adaptés.
Ce type d’aphasie se rencontre généralement lors d’une hémiplégie droite (paralysie atteignant la moitié droite du corps), dans laquelle l’aire de Broca est atteinte.

L’aphasie mixte

Association des troubles de l’expression et de la réception des idées, dont le traitement est particulièrement difficile, surtout quand les troubles sont importants.

Recommandations thérapeutiques

Une rééducations orthophoniques est nécessaire

L’orthophoniste fait une évaluation détaillée de tous les aspects du langage chez la personne atteinte, afin de déterminer non seulement ses difficultés, mais aussi ses capacités résiduelles.
L’évaluation, même si elle ne peut être que sommaire dans certains cas, devrait être effectuée le plus tôt possible. Lorsque la rééducation du langage semble appropriée, l’orthophoniste élabore un plan d’intervention adapté à chaque personne aphasique, en se basant sur l’examen initial.

Orienter le patient vers les institutions spécifiques, les associations, les centres de rééducation des troubles du langage.

Aider une personne aphasique par votre attitude positive

  • Essayez d’accepter la personne aphasique telle qu’elle est présentement en évitant de vous référer à ce qu’elle était auparavant.
  • Insistez davantage sur ce qu’elle peut faire que sur son déficit.
  • Aidez la personne aphasique à retrouver et développer des intérêts qui stimulent sa pensée et la garder active toute la journée (petits travaux, hobbies).
  • Encouragez la personne dans chacun de ses efforts et félicitez même les progrès les plus minimes.
  • Prenez garde aux attitudes de surprotection qui ne peuvent que nuire à l’autonomie personnelle et sociale de la personne.
  • Portez attention à ce qu’elle veut vous faire comprendre en maintenant le contact visuel, en ralentissant ou en interrompant votre activité. Reprenez ce qui vient de vous être signifié, par exemple, en posant des questions.
  • Fournissez à la personne aphasique des informations claires et précises qui l’aideront à mieux comprendre ce qui se passe autour d’elle.
  • Manifestez votre compréhension les personnes aphasiques ressentent souvent l’impression que leur problème est le pire qui soit. Cela encouragera la personne si vous lui-dites «Je peux un peu imaginer comment tu te sens, cela ne doit pas être toujours facile pour toi». Évitez cependant trop de sollicitude.

Encourager la communucation au sein de la famille.

Solliciter l’aide de la famille et de l’entourage .

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