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Le Rire : Le XVIIIe siècle avec Voltaire et Kant.

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 Le Rire  Le XVIIIe siècle avec Voltaire et Kant.

Voltaire

  • Il associe le rire à la joie « gaie » et en fait, comme la plupart des auteurs, l’expression facio-vocale de cette émotion agréable. Il dénie toute agressivité ainsi que le triomphe narcissique sous-jacents chez le rieur et s’en tiendra à une conception partielle et positive rejoignant celle des humanistes de la Renaissance.

« L’homme est le seul animal qui pleure et qui rit. Comme nous ne pleurons que de ce qui nous afflige, nous ne rions que de ce qui nous égayé. Les raisonneurs ont prétendu que ce rire naît de l’orgueil, qu’on se croit supérieur à celui dont on rit… Qui­conque rit éprouve une joie gaie, dans ce moment-là, sans avoir un autre sentiment. »

  Kant

Figurant traditionnellement parmi les représentants des théories intellectualistes (théorie du contraste), une lecture attentive de son texte sur la plaisan­terie et le rire (dans la critique de la faculté de juger) semble révéler une reflexion beaucoup plus riche et complexe.

En effet, il établit une forme de chaîne associative entre les termes suivants : jeu des idées ou plaisanterie / dynamogé­nie de la vie corporelle / rire / sentiment de santé ou bien- être corporel, plaisir (sensation ou état psychosensoriel).

La plaisanterie, aspect du risible et jeu de représenta­tions de l’esprit, serait génératrice de plaisir après avoir déclenché une dynamogénie corporelle ou intensification

du sentiment de santé dont l’éclat de rire en serait une expression majeure. Celui-ci induit alors un vécu de plai­sir à la fois au niveau psychique et corporel.

Cependant, comment ce jeu de représentations de l’es­prit agirait sur la vie corporelle ? Il suggère l’existence d’une harmonie et d’une synergie entre l’esprit et le corps. Le jeu corporel « mimerait » (au niveau viscéromoteur) le jeu de l’esprit.

Mais ce jeu d’idées qu’est la plaisanterie consiste dans un changement brusque des représentations de l’esprit lié à la perception de quelque chose d’absurde et de soudai­nement inattendu.

L’esprit attendait quelque chose de bien particulier avec la tension psychique que cela comporte et on lui pré­sente subitement autre chose, une incongruité, une absur­dité, décevant son attente. La détente brutale succède à la tension. Ce mouvement se répercute alors sur le corps.

« Dans la plaisanterie, écrit-il, le jeu part de pensées, qui dans leur ensemble, lorsqu’elles tendent à s’exprimer de manière sen­sible, mettent aussi le corps en action ; et tandis que l’entende­ment en cette présentation, en laquelle il ne découvre pas ce qu’il attend, se relâche soudain, on sent l’effet du relâchement dans le corps par l’oscillation des organes, qui réalise le rétablissement de leur équilibre et qui a une heureuse influence sur la santé…

Il faut qu’il y ait quelque chose d’absurde en tout ce qui doit provoquer un rire vivant et éclatant (en quoi par conséquent l’entendement ne peut trouver aucun plaisir). Le rire est une affection résultant de l’anéantissement soudain d’une attente extrême. »Enfin, adhérent à la conception humaniste du rire, il lui attribue une valeur thérapeutique et hygiénique.

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