la maladie mentale: repli autistique

> > la maladie mentale ; écrit le: 15 novembre 2011 par La rédaction modifié le 8 septembre 2019

Schizophrénie

Historique et définition :

En 1899, Kraepelin a regroupé sous le nom de démence précoce, les patients atteints d’hébéphrénie (caractérisée par un syndrome dissociatif exprimant une forme de désorganisation psychique), de catatonie (une attitude qui se caractérise par une inertie et un négativisme) et de démence paranoïde.
Selon Bleuler, le schizophrène présente unealtération de la pensée, du sentiment et des relations avec le monde extérieur. Cette altération est due à une scission des fonctions psychiques ou dissociation se traduisant au niveau clinique par la discordance (Chaslin, 1912)
Bleuler a créé le terme schizophrénie, en 1911 signifiant étymologiquement « esprit scindé », pour désigner ces malades. Selon sa théorie, les schizophrènes auraient en commun une altération de la pensée, du sentiment et des relations avec le monde extérieur due à une dissociation des fonctions psychiques.
Pour Bleuler, la schizophrénie représenterait plus un groupe de maladies qu’une entité nosologique proprement dite.

D’après Henri Ey, « la schizophrénie est un ensemble de troubles où dominent la discordance, l’incohérence verbale, l’ambivalence, l’autisme, les idées délirantes, les hallucinations mal systématisées et de profondes perturbations affectives dans le sens du détachement et de l’étrangeté des sentiments; troubles qui ont tendance à évoluer vers un déficit et une dissociation de la personnalité ».

La schizophrénie est une psychose, qui se manifeste par la désintégration de la personnalité et la perte du contact avec la réalité.
C’est la maladie mentale chronique la plus fréquente. Elle frappe près de 1 % de la population des pays économiquement développés, autant les hommes que les femmes, entre 15 et 35 ans.

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Mode d’entrée et installation de la schizophrénie :

Les troubles apparaissent vers la fin de l’adolescence ou chez l’adulte jeune (entre 15 et 35 ans).

Mode d’entrée brutal :

La bouffée délirante aiguë est la forme typique d’entrée dans la schizophrénie.

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Mode d’entrée progressif :

Les troubles peuvent s’installer progressivement sur des semaines ou des mois.
Elle peut débuter avec un fléchissement scolaire, une baisse de rendement intellectuel,l’abandon de l’emploi, une tendance à l’ isolement et une hostilité envers le milieu familial.

Tableau clinique :

La schizophrénie affecte de façon sévère tous les domaines cognitif, émotionnel et comportemental.

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Syndrome dissociatif :

La dissociation est le trouble fondamental de la schizophrénie, elle se manifeste par une perte de cohésion et de l’unité de la personnalité.
Ce syndrome dissociatif est caractérisé par une ambivalence affective, une bizarrerie des comportements, un détachement de la réalité et une impénétrabilité.
La dissociation touche la sphère intellectuelle, affective et comportementale.

*Sphère intellectuelle

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  • Trouble du cours de la pensée : la pensée est altérée dans sa continuité : flou et discontinuité de la pensée, trouble du débit idéique : les barrages</strong>, ralentissement du débit verbal….
  • Trouble du contenu de la pensée : pensée déréelle = non dirigée vers des situations réelles;
  • Trouble de l’attention et de la concentration.
  • Trouble du champ de conscience.
  • Distorsion verbal : mutisme, impulsions verbales, accélération du débit, réponses à côté, néologisme… .
  • Altération de la logique;logique déréelle,absurde et pensée magique.

* Sphère instinctivo- affective

  • Discordance affective des réactions émotionnelles inappropriées et paradoxales (pleurs ou rires immotivés), émoussement des affects, indifférence à autrui, froideur au contact, incapacité à exprimer ses affects, négativisme, inertie, oppositionisme agressif… .
  • Altération du comportement sexuel.

Sexualité auto-érotisée, fixation narcissique ou incestueuse….

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* Sphère comportementale : catatonie

  • Manifestations psychomotrices de l’ambivalence

Aboulie (perte de la volonté), apragmatisme (absence d’activité efficace), conduites ambiguës et contradictoires.

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  • Négativisme psychomoteur

Clinophilie (tendance exagérée à garder le lit), fugues, refus alimentaire, catalepsie (perte de l’initiative motrice).

  • Inertie psychomotrice: passivité et d’automatisme, écholalie, échopraxie….
  • Stéréotypies verbales, gestuelles et mimiques
  • Impulsions, sous formes d’actes violents dont les motifs sont impénétrables, crimes immotivés et étranges, suicides bizarres……

le délire paranoïde :

Le délire dans la schizophrénie est flou, désorganisé et non systématisée, ces thèmes et ces mécanismes sont multiples.

Les thématiques de délire sont la persécution, la mégalomanie, l’érotomanie, le délire mystique et hypochondriaque….

La dépersonnalisation est très fréquente en schizophrénie, il s’agit surtout d’une transformation corporelle, un trouble d’identité sexuelle, une angoisse de morcellement et une dislocation corporelle.

La schizophrénie s’accompagne très souvent d’un automatisme mental. Le sujet croit que les personnes devinent ses idées ou volent ses pensées, il y a un écho de la pensée (pensée qui se répète comme un écho avec un commentaire).

Les hallucinations : ce sont des perturbations des perceptions le plus souvent auditives (le schizophrène entend une voix qui fait des commentaires ou profère des insultes, des menaces), mais parfois aussi visuelles, olfactives ou tactiles.

Le repli autistique :

L’autisme est une manifestation psychotique caractérisée par une perte de contact avec la réalité, un repli sur soi, un rejet du monde extérieur. Il s’agit d’un symptôme fondamental de la schizophrénie.

Formes cliniques de la schizophrénie :

La schizophrénie simple :

La personne est en retrait, solitaire, il a une grande indifférence affective.
Dans cette forme, il y a très rarement un délire ou il est très peu important, il se manifeste par la dissociation qui est lente en insidieuse. Les sujets ont une personnalité schizoïde, ils ne consultent pas systématiquement, c’est l’entourage qui les incite.

La schizophrénie paranoïde :

La schizophrénie paranoïde est la forme la plus fréquente.

Le délire est important, il est délire est flou, incohérent, sans thème particulier.
On observe, également, une alternance d’épisodes aigus et de rémission (évolution cyclique).

La dissocordance est au second plan, caractérisée par l’ambivalence, la bizarrerie, l’impénétrabilité et le détachement de la réalité.

La schizophrénie hébéphrénique :

L’hébéphrénie est un trouble schizophrénique débutant précocement (hébé = jeunesse), le plus souvent de type déficitaire.

Les signes négatifs sont au premier plan : autisme, émoussement affectif et émotionnel et une altération des capacités cognitives.
L’activité délirante est pauvre, l’adaptation sociale est rapidement compromise.

La schizophrénie catatonique :

Dans cette forme, les troubles psychomoteurs sont au premier plan. Elle est marquée par une perte de l’initiative motrice, on note, également
des troubles du comportement général, avec négativisme, maniérisme, impulsions, une catalepsie qui se traduit par le maintien plus ou moins long des attitudes,
des troubles neurologiques et somatiques ; déshydratation avec hyper sudation, hyper kinésie et akinésie. Ainsi que des troubles psychique, le sujet est en opposition et en négativisme permanent.

La schizophrénie dysthymique :

Appeler, aussi, troubles schizo-affectifs, les accès aigus ont la particularité d’être accompagnés de symptômes dépressifs, avec risque suicidaire, ou au contraire de symptômes maniaques. De plus, cette forme périodique associe des éléments schizophréniques tel que la dissociation et le délire.

Les périodes inter-critiques sont marquées par la persistance d’une dissociation discrète.

La schizophrénie pseudo-psychothique ou pseudo-névrotique :

Il existe des manifestations à type de trouble anxieux, hystérique ou obsessionnel.
Cette forme peut induire des erreurs diagnostiques et des impasses thérapeutiques.
Selon le DSMIV (Diagnostic and Statistical Manual – Revision 4), les manifestations dites pseudonévrotiques ne doivent pas faire méconnaître, les symptômes schizophréniques caractéristiques sous-jacents : flou de la pensée et du propos comme premier degré de désorganisation, croyances et convictions irrationnelles et illogiques comme premier stade du fonctionnement délirant, indifférence affective et émotionnelle comme premier palier des manifestations de repli autistique.

Les formes pseudopsychopathiques de schizophrénie soulèvent souvent des questions diagnostiques particulièrement difficiles. On appelle «psychopathie» un désordre comportemental caractérisé par l’impulsivité, l’instabilité affective et sociale, l’appétence marquée pour les toxiques, la propension aux conduites délinquantielles et la marginalité. Ce désordre débute à l’adolescence et s’atténue vers la trentaine sauf quand il a conduit à une mort accidentelle, une maladie alcoolique ou une autre toxicomanie, une condition d’invalide consécutivement à un accident. Certains psychopathes présentent des bouffées délirantes aiguës… et certains schizophrènes présentent des comportements de type psychopathique. Dans ce dernier cas, au fil du temps, les symptômes de schizophrénie deviennent de plus en plus évidents et les conduites psychopathiques s’amendent en quelques années.

Traitements :

Les neuroleptiques :

Le choix du neuroleptique selon les symptômes.
Les neuroleptiques tel que : haldol, <strong>largactil, loxapac, solian, ont la propriété d’atténuer les symptômes aigus (hallucination, délires, troubles du comportement….)
Les neuroleptiques sédatifs (tercian, loxapac, nozinan) ont la propriété d’atténuer l’angoisse psychotique ou l’agitation.

La psychothérapie de soutien :

Elle consiste à obtenir la confiance du patient,ainsi que son entourage.
Parler avec le patient des effets secondaires des troubles et le dédramatiser.

La réadaptation :

Le traitement médicamenteux s’accompagne d’une réadaptation qui débute pendant l’hospitalisation, se prolonge et se diversifie selon le rythme de progression du patient.
Il s’agit des encouragements et des stimulations pour aider le patient à combattre les symptômes persistants qui la handicapent et minent sa motivation. L’objectif du programme de réadaptation est d’apprendre aux patients à s’occuper d’eux-mêmes et à réapprendre des occupations valorisantes au travail et aux études.

La thérapie psychoéducative :

Il est indispensable d’offrir au patient et à sa famille des informations à propos de la maladie, de son évolution et de ses traitements. Il faut apprendre à porter attention aux symptômes annonciateurs de rechute et éviter les stress (drogues, émotions fortes, etc.) qui peuvent aggraver la maladie. Il faut découvrir un nouveau style de vie qui permettra au patient de devenir le plus fonctionnel possible en protégeant la vulnérabilité, en surmontant les handicaps et en offrant du soutien à la famille.

La sociothérapie :

Pendant l’hospitalisation : ergothérapie et thérapie occupationnelle doivent déjà préparer la réinsertion sociale.
A la sortie de l’hôpital et devant des situations nouvelles ou complexes, les patients auront besoin d’une aide pour résoudre des problèmes de la vie quotidienne (logement, alimentation, socialisation, travail). Il ne s’agit pas d’un besoin de dépendance, mais plutôt d’une assistance pour planifier et réaliser des activités qui s’inscrivent dans une routine quotidienne.

Evolution :

25% des patients ne présenteront plus de signe patent de la maladie et auront une insertion socio-professionnelle considérée comme normale.

50% des patients présenteront une forme intermédiaire provoquant une altération variable des domaines affectif, relationnel et professionnel.

20-25% présenteront une forme grave de la maladie: délire permanent ou symptômes déficitaires interdisant toute activité soutenue nécessitant une hospitalisation prolongée ou du moins le maintien dans un milieu exerçant une surveillance permanente.

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Une réponse pour "la maladie mentale"

  1. Karima  3 juin 2018 at 11 h 48 min

    Super article merci

    Répondre

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