La personnalité hystérique ou histrionique
La personnalité hystérique ou histrionique désigne un mode durable de fonctionnement marqué par un besoin intense d’attirer l’attention d’autrui et par une expression des émotions exagérée et changeante. Lorsque ces traits sont rigides, envahissants et source de souffrance ou de difficultés importantes, les classifications psychiatriques parlent de trouble de la personnalité histrionique. Le terme histrionique, qui vient du latin histrio, « comédien », a remplacé dans les classifications le mot hystérique, trop chargé d’histoire et de préjugés.
D’où viennent ces deux termes ?
L’hystérie a longtemps été attribuée, depuis l’Antiquité, à un dérèglement de l’utérus, d’où son nom et son association injustifiée aux femmes. À la fin du XIXe siècle, Jean-Martin Charcot puis Sigmund Freud l’ont étudiée comme un trouble d’origine psychique. La psychiatrie contemporaine a ensuite séparé ce qui relève des symptômes de conversion, classés à part, et ce qui relève de la personnalité. Le manuel américain DSM a adopté l’expression « personnalité histrionique » en 1980, et la classification de l’OMS l’utilise également.
Les traits caractéristiques
Les descriptions cliniques retiennent notamment :
- un malaise lorsque la personne n’est pas au centre de l’attention ;
- une attitude de séduction parfois inadaptée à la situation ;
- une expression émotionnelle vive mais superficielle et rapidement changeante ;
- l’usage de l’apparence physique pour attirer le regard ;
- une manière de parler riche en impressions mais pauvre en détails ;
- une dramatisation et une théâtralité dans l’expression des émotions ;
- une forte suggestibilité, c’est-à-dire une sensibilité à l’influence d’autrui ou des circonstances ;
- la tendance à considérer les relations comme plus intimes qu’elles ne le sont.
Derrière cette façade, on retrouve souvent une grande dépendance affective, une quête de reconnaissance et une sensibilité marquée aux frustrations et au jugement des autres. Le diagnostic ne se pose pas sur quelques traits isolés : il relève d’une évaluation par un psychiatre ou un psychologue, qui vérifie leur ancienneté, leur caractère envahissant et leur retentissement.
Fréquence, évolution et complications
Les études épidémiologiques situent la fréquence de ce trouble autour de 1 à 3 % de la population générale, avec des écarts importants selon les méthodes. Il est plus souvent diagnostiqué chez les femmes, ce qui pourrait refléter en partie des biais de diagnostic. Avec l’âge, les manifestations les plus spectaculaires ont souvent tendance à s’atténuer.
Plusieurs complications sont décrites : épisodes dépressifs, troubles anxieux, plaintes corporelles sans cause médicale retrouvée, consommation excessive d’alcool ou de médicaments, ruptures relationnelles et difficultés professionnelles. Le risque suicidaire doit être pris au sérieux, notamment lors des crises affectives.
Quel accompagnement ?
La prise en charge repose avant tout sur la psychothérapie, qu’elle soit d’inspiration psychodynamique, cognitive et comportementale ou centrée sur les émotions. Elle vise à mieux reconnaître ses émotions, à trouver des façons moins coûteuses d’obtenir de l’attention et de la reconnaissance, et à construire des relations plus stables. Un traitement médicamenteux peut être proposé pour une dépression ou une anxiété associées, sur prescription. Toute personne qui se reconnaît dans ces difficultés, ou qui s’inquiète pour un proche, peut en parler à son médecin traitant ou à un professionnel de la santé mentale.




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