Psychopathologie de l’adulte:Les états limites ou fonctionnements limites ou « border line »

> > Psychopathologie de l’adulte:Les états limites ou fonctionnements limites ou « border line » ; écrit le: 7 octobre 2013 par Hela modifié le 11 novembre 2014

Il s’agit de sujets qui se trouvent entre le fonctionnement psychotique et le fonctionnement névrotique. Ils en présentent certaines caracté­ristiques, mais également des spécificités.

Les hypothèses étïologiques

Comme nous l’avons vu dans la partie sur la structure de personnalité, l’état limite est une astructuration. Pour diverses raisons remontant à l’enfance, la structure n’a pas pu s’édifier autour du complexe d’Œdipe. Toutefois, la différence soi/non-soi est bien établie, contrairement à la structure psychotique, il semblerait qu’avant d’entrer dans l’Œdipe, un traumatisme désorganisateur est survenu, mobilisant chez l’enfant des défenses massives ne lui permettant pas de vivre un Œdipe structurant.

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Il va alors penser avant tout à se protéger et à s’adapter à un environ­nement dysfonctionnant (violence, alcoolisme, dépression, etc.).

La problématique

La problématique centrale chez le sujet limite tourne autour de la perte d’objet. Le sujet qui n’a pu se construire solidement que par des amé­nagements de types hystérique, obsessionnel ou phobique est en proie à la crainte terrible de perdre l’autre dont il est extrêmement dépen­dant. Ce type de relation avec l’objet est dit « anaclitique ». Le sujet a toujours besoin de la présence de l’autre. Il ne possède pas en lui- même la capacité à être seul. Il n’a pas pu internaliser de bon objet à l’intérieur de lui-même. L’autre lui est donc toujours nécessaire. Le sentiment d’exister est très dépendant de cet autre et n’existe pas en lui-même. Le niveau identificatoire est resté celui de l’adolescence, toujours en quête et très influençable.

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Parfois, le sujet perd le sentiment d’exister et se trouve face à l’effroi. Ou bien il est submergé par des pensées crues mal secondarisées (issues directement de l’inconscient). Il peut alors momentanément fonc­tionner sur un mode psychotique. De façon générale, sa pensée lui fait peur et il la fuit. Il établit donc un travail de vidage de sa pensée et se rue vers l’action.

Symptomatologie

La dépression

On trouve des dépressions chez les sujets névrotiques et chez les sujets limites. Chez ces derniers, la dépression est toujours sous-jacente, car les sujets ressentent un vide intérieur qui se fait sentir dès qu’ils sont seuls, ou face à une situation de perte. La dépression se manifeste par un désintérêt pour le monde extérieur, une vision négative de soi et du futur. Sur le plan somatique, une grande fatigabilité et un ralentis­sement psychomoteur sont présents. Sur le plan psychique, on observe une « bradypsychie », ralentissement général des facultés de penser. Par ailleurs, on trouve des troubles du sommeil, alimentaires ou sexuels. Le risque suicidaire est toujours à mesurer pour ces patients qui passent aisément à l’acte.

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L’angoisse

Elle est massive chez les sujets limites. Elle est permanente et diffuse. Le sujet ne la rattache à aucune représentation, si bien qu’elle l’envahit et ne peut être contenue. Au fond, elle est liée à la peur de la perte de l’objet et du sens de la vie. Le sujet est incapable de gérer ce surcroît d’angoisse, ce qui aboutit à la confusion et à des débordements.

Les troubles addictifs

Pour combler le vide intérieur que les sujets limites ressentent, ils ont fréquemment recours à des objets d’addiction comme l’alcool, la drogue, le sexe, la nourriture ou le jeu. Ne pouvant contrôler la présence de l’autre dont ils sont très dépendants, ils compensent cette absence en se procurant un autre objet dont ils deviennent rapidement dépendants. Les conséquences sont graves pour leur santé, mais ils sont souvent dans le déni de leur corps et de la mort (toutefois vivement redoutée).

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C’est pour calmer l’angoisse provoquée par le vide interne, pour atté­nuer la souffrance d’une perte non dépassable, pour lutter contre la dépression sous-jacente qu’ils utilisent ces objets transitoires d’oubli et de soulagement. Ils ne recherchent pas le plaisir mais la disparition du déplaisir, voire de la souffrance morale, qui les assaille. « Tout, mais surtout pas rien ! » pourrait être leur devise.

Les troubles du comportement de type psychopathique

Le sujet limite contrôle mal ses pulsions. Il est envahi par celles-ci, notamment face à la perte ou à la frustration, et il n’a pas les moyens psychiques de le supporter. Il est donc rapidement poussé vers l’action impulsive, ce qu’on appelle des passages à l’acte. Cela peut être des actes violents issus de la colère, des actes transgressifs sur une per­sonne ou un objet. Le sujet est incapable de se contenir et va se trouver confronté à la Loi. Il peut aussi s’agir de passage à l’acte suicidaire, le sujet ne supportant pas de souffrir.

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La prise en charge

Il y a un véritable travail psychothérapique à faire avec les sujets limites. Par la verbalisation et l’appropriation du récit de sa vie, le sujet peut donner du sens à ses traumatismes. Cependant, le cadre thérapeutique demande une certaine souplesse et l’angoisse massive d’abandon des patients rend la thérapie très délicate.

vidéo: Psychopathologie de l’adulte:Les états limites ou fonctionnements limites ou « border line »

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