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Les psychoses infantiles : Tableau clinique

Vous êtes ici : » » Les psychoses infantiles : Tableau clinique ; écrit le: 23 février 2012 par tayechi

Les psychoses infantiles précoces

Les troubles envahissants du developpement type de description : l’autisme infantile de Kanner. Décrit par Kanner en 1943, la description initiale a porté sur 11 cas.

L’autisme infantile est unanimement reconnu comme étant le tableau le plus spécifique des troubles mentaux de l’enfant et ce malgré la diversité des tendances en matière d’étiologie (génétique, neurophysiologie, psychanalyse ….)

Les études épidémiologiques retiennent une prévalence de 4 à 5 enfants autistes sur 1000C naissances. Le sexe ratio est de 3 à 4 garçons pour une fille.
Kanner a distingué deux symptômes primaires : l’isoiement autistique (aloness) ec E’immuabilifé (sameness).
Par la suite la symptomatologie a été organisée en une tétrade notamment par Rutter (1978), Ornitz et Ritvo (1976) et dans le DSM IV :

  • Incapacité à développer des relations sociales
  •  troubles des capacités de communication à la fois verbale et non verbale
  • comportements répétitifs et stéréotypées
  • début avant l’âge de 3 ans.

 L’isolement autistique (” Aloness “)

Le comportement spontané est caractérisé par l’isolement extrême de l’enfant. Il faut rappeler que le terme « autisme », emprunté à BSeuier et à la psychiatrie des adultes, marque bien ici l’intensité du repli sur soi.
Les enfants autistes sont tous incapables d’établir les contacts relationnels que l’on engage habituellement avec ses parents et d’autres personnes. Pendant la première enfance, e nourrisson autiste n’a pas de sourire social et d’attitude anticipatrice: il ne s’agite pas par exemple quand un adulte s’approche pour le prendre dans ses bras. Le contact oculaire es: souvent anormal. Le développement social de l’enfant autiste est caractérisé par un manque (mais pas toujours une absence totale) de comportement d’attachement et par une incapacité relativement précoce à établir un lien avec des personnes spécifiques. L’enfant autiste semble souvent ne pas reconnaître ou différencier les personnes les plus importantes de son entourage, et il est possible qu’il ne manifeste aucune anxiété de séparation lorsqu’à- le laisse dans un nouveau lieu avec des personnes qu’il ne connaît pas.



 Perturbation de la communication et du Langage:

j’ai présence d’un retard ou d’une absence totale de développement du langage constitue l’un des principaux critères diagnostics du trouble autistique.
Au cours de la première année de vie, la quantité et le type de babillage peuvent être réduits ou anormaux. Certains enfants émettent des bruits – claquement de langue, sons, cris perçants et syllabes qui n’ont pas de sens – de manière stéréotypée et sans intention apparente de communication .Quand un langage se développe, celui-ci n’a pas de véritable •’onction de communication avec l’autre, on observe en effet une altération marquée de ia capacité à engager ou à soutenir une conversation avec autrui. Des mots et même des ohrases entières apparaissent et disparaissent brutalement du vocabulaire de l’enfant autiste On relève dans le langage autiste la présence d’une écholalie (immédiate ou différée), ou usage hors contexte de phrases stéréotypées .Ces anomalies sont souvent associées à une inversion pronominale.

Comportement et jeux stéréotypés

Pendant les premières années de vie, le jeu exploratoire que l’on observe chez l’enfant normal est absent ou très restreint chez l’enfant autiste. Il manipule jeux et objets d’une •nanière qui ne correspond pas à leur fonction, sans souplesse ni créativité ou imagination en utilisant très peu d’éléments symboliques .L’enfant autiste n’arrive pas à imiter ou à faire des mimes abstraits. Les activités et jeux, lorsqu’ils existent sont rigides, répétitifs et monotones. Il fait souvent tourner les objets, les tape, les aligne, ou s’attache à des objets inanimés. L’enfant autiste résiste au changement, un déménagement, le déplacement d’un meuble dans une pièce, une inversion dans la routine quotidienne, peuvent provoquer un état de panique et des crises de colère ; c’est ce que kanner a décrit sous le terme d’immuabilité (samness) ou encore l’angoisse de maintenir l’environnement identique.

 Signes associés

Plusieurs signes non spécifiques de l’autisme peuvent être observés parmi ces signes nous citons une instabilité de l’humeur et de l’affect, une hyperactivité ou encore une inhibition psychomotrice, une agressivité et des accès de colère qui apparaissent souvent sans que l’on comprenne la raison. Les comportements d’auto agressivité ou d’automutilation comprennent des cognements de tête, morsures, griffures et arrachage de cheveux.
Une faible capacité attentionnelle, des difficultés de concentration dans les situations de travail, une insomnie, des problèmes alimentaires et des troubles sphinctériens sont également fréquents.
La réaction aux stimuli sensoriels est particulière, il est classique de dire que les autistes ont une préférence pour le toucher, l’odorat ou le goût, qui sont des perceptions proximales, plus que pour les perceptions distales comme l’audition ou la vision. Ils ont souvent un seuil de douleur élevé ou une réaction altérée à la douleur.
La déficience mentale est fréquemment associée à l’autisme sans être un signe constant, on distingue les enfants autistes à haut fonctionnement intellectuel de ceux qui ont une déficience mentale.

Autres psychoses precoces de l’enfant

Les psychoses précoces déficitaires

Concept français décrit par Misés et Lang , repris par la classification française, Le tableau clinique est marqué par l’intrication de traits et mécanisme de la psychose et des troubles graves dans l’organisation des fonctions cognitives et instrumentales, sans qu’on puisse établir une prééminence clinique de l’un des versants sur l’autre .
Ainsi, dans un tableau dominé par le retard mental et la dysharmonie des acquisitions , le diagnostic repose principalement sur la mise en valeur d’un noyau psychotique dont l’expression varie selon les sujets et selon l’évolution .Le retrait est moins massif que dans l’autisme de Kanner, le déficit intellectuel et les troubles du langage accentuent les difficultés de communication, les angoisses psychotiques s’extériorisent surtout à l’occasion d’accès qui entraînent des phases de repli plus accentué, des régressions sévères , des comportements impulsifs notamment auto agressifs.
L’évolution est marquée par des décompensations d’allure dissociative ou des épisodes délirants polymorphes pouvant survenir, en particulier autour de la puberté.

Les psychoses symbiotiques

Décrites par Mahler en 1957 et caractérisées par les particularités suivantes :

– début des troubles au cours de la troisième année avec un développement antérieur quasi normal en dehors de quelques troubles instinctuelles tel que des troubles du sommeil.
– Sur le plan clinique, les psychoses symbiotiques associent à des degrés variables, des signes autistiques et des signes de fusion symbiotique avec autrui. L’enfant adopte, dans le contact avec autrui, une attitude très ambivalente : tantôt il recherche un contact fusionnel dans un rapproché corporel très intense, tantôt ce rapprochement est vécu de façon angoissante avec d’intenses réactions de fuite.

Les dysharmonies psychotiques

Ce sont des formes cliniques qui s’expriment à partir de l’age de 3 ou 4 ans, la symptomatologie clinique varie d’un cas à un autre et pour le même enfant, elle se modifie au cours de l’évolution. Les motifs de consultation sont très divers :

– manifestations d’angoisse diverses inhibition sévère
– grande instabilité
– troubles relationnels importants
– dysharmonie dans l’émergence du langage et des fonctions cognitives
– échec scolaire

Certaines capacités d’adaptation peuvent être maintenues, à certains moments ou durant un certain temps, chez certains enfants, souvent au prix d’une restriction et d’une limitation des échanges avec autrui. A d’autres moments le risque de désorganisation psychotique paraît plus menaçant.

Les psychoses tardives

Ce sont des psychoses dont les manifestations débutent entre 6 et 12 ans, elles sont :€3JCOup plus rares que les psychoses précoces. D’ailleurs un certain nombre d’entre elles -£ sont en réalité que la prolongation d’une forme précoce.

Par rapport aux psychoses précoces, ces formes de la seconde enfance surviennent sur une rersonnalité beaucoup mieux structurée, avec le langage qui est déjà élaboré, les processus cognitifs qui commencent à se dégager de la pensée magique, le réel est perçu comme bel et b;en distinct de l’imaginaire. Les manifestations psychotiques à cet âge apparaissent comme des conduites régressives, voire déstructurantes par rapport aux attitudes a’térieures de l’enfant. On y distingue selon la classification française :

 La schizophrénie de l’enfant

Le manifeste soit progressivement soit à partir d’un épisode aigu ou subaigu, et s’inscrivant sans un processus évolutif au long cours.

Le tableau clinique est marqué par la dissociation, la discordance, les manifestations : angoisse psychotique, retrait et désorganisation majeure avec perte rapide des capacités ïraDtatives. Les manifestations délirantes sont moins fréquentes et plus difficiles à mettre en e. cence que chez l’adulte, elles prennent la forme d’idées persécutives ou d’idées de transformation corporelle, ou encore de phobies étranges.
L’évolution se fait généralement vers l’altération de l’efficience intellectuelle et la persistance :e troubles schizophréniques.

Les troubles psychotiques aigus

Episodes aigus ou subaigus, pouvant prendre la forme de bouffée délirante avec survenue -rutale de manifestations délirantes polymorphes, par leurs thèmes et leurs mécanismes.
Une évolution rapidement favorable est nécessaire au diagnostic.

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