Travail de nuit

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Travail de nuit

Introduction :

Le travail en équipes alternantes ou travail posté a été adopté pour répondre à des besoins de production continue. Ce type de travail implique que l’organisme du travailleur est soumis régulièrement à des rythmes qui ne concordent pas avec ceux de son horloge biologique, ce qui engendre une fatigue difficile à récupérer, des troubles du sommeil et peut être source de maladies et d´accidents au travail.

Conséquences du travail de nuit sur la santé physiques et mentale :

Conséquences physiologiques :

C’est le rythme circadien basé sur l’alternance jour / nuit qui nous dicte de dormir la nuit et de rester éveillé le jour. Les capacités de vigilance du travailleur dépendent en grande partie de ce rythme et c’est pour cela que le maintien de la vigilance en pleine nuit exige des efforts redoublés pour ne pas se laisser envahir par la somnolence.
Dormir le jour est également rendu plus difficile puisque, d’une part, il a une durée généralement plus courte que le sommeil de nuit. Il est moins réparateur car ses propres rythmes (succession de différents stades d’activités cérébrales) sont modifiés. Il présente notamment une dette en « sommeil paradoxal » qui marque la phase d’activité cérébrale intense et qui correspond au rêve dont on connaît le rôle récupérateur de la fatigue mentale.
D’autre part, le sommeil de jour devient très difficile dans un l’environnement extérieur est non seulement marqué par la lumière du jour mais aussi par des nuisances sonores beaucoup plus présentes.
Le décalage de l’horloge biologique des travailleurs de nuit a un effet néfaste sur la quantité et la qualité de leur sommeil.

Pathologies :

L’alternance des horaires entraîne une irrégularité des repas qui provoque des troubles gastro-intestinaux rencontré chez la majorité des travailleurs postés.
Le travail de nuit est à l’origine d’une sur fatigue qui, à long terme provoque une usure prématurée de l’organisme, une dégradation accusée de l’état de santé : les effets du surmenage dus au travail de nuit équivaudraient à un vieillissement fonctionnel de 7 années.

La fatigue :

Elle provient du manque de récupération et de la difficulté de compenser les perturbations liées aux conditions de travail, mais aussi aux conditions extra-professionnelles (moyens de transport, les activités extraprofessionnelles…). Si en prenant comme repère le milieu de la période de travail, on a constaté que :

• lors du poste de l’après-midi toutes les performances sont à leur maximum, il y a coïncidence entre les acrophases des valeurs considérées (activité physique, force musculaire, humeur) et le milieu du temps de travail ;

• le matin, au contraire, les performances maximales se situent en seconde partie du temps de travail, ainsi l’individu travaille alors qu’il n’est pas encore « en forme » ;

• pour le poste de nuit, c’est l’inverse, le maximum des performances se situe avant le milieu du temps de travail, ainsi l’ouvrier travaille alors qu’il n’est plus « en forme » pendant la seconde partie de son poste.
Ce travail à contretemps explique la fatigue, laquelle provoque une usure prématurée de l’organisme.

Perturbations psychologiques et sociales :

Des perturbations psychoaffectives sont obligatoirement associées aux modifications des rythmes biologiques. Les changements d’horaires compromettent souvent la vie conjugale et l’éducation des enfants, ceci d’autant plus que la femme travaille aussi en équipe. Interviennent également la satisfaction professionnelle et l’opinion du conjoint. Les difficultés familiales peuvent être à elles seules un motif d’inaptitude.

De manière générale, le sentiment d’exclusion de la communauté, la non-participation à la vie sociale, aux responsabilités collectives sont mis en relief: La participation à des activités collectives (sportives, culturelle, politique…) est extrêmement difficile. Le travail envahit le temps libre ; l’opérateur vie un conflit psychologique devant l’impossibilité d’assumer ses rôles de travailleur, du chef de famille et de citoyen.

Et pourtant il y a ceux qui choisissent travailler la nuit, ils déclarent aimer l’ambiance particulière qui règne lorsque la majorité de la population est endormie. D’autres qui déclarent se sentir plus libre à cause de l’absence de la hiérarchie.

Troubles de l’alimentation :

Les troubles de l’alimentation seraient liés au décalage des horaires des repas et les erreurs diététiques : augmentation de la ration glucidique, grignotage, casse-croûte froid et riche en lipide avec apparition très fréquente de troubles digestifs : dyspepsie, ulcère gastrique, lourdeur digestive, troubles intestinaux, constipation.
Par ailleurs on observe une prise de poids dès que les employés commencent à travailler en équipes alternantes. Ceci est très net pour le travail de nuit qui entraîne la prise d’un repas nocturne supplémentaire au moment de la désactivation digestive, tout en maintenant les deux repas principaux de la journée.

Aménagement des conditions de travail :

Aménagement des horaires et des roulements :

Faire en sorte que le poste du matin commence à 6 voire 7 heures plutôt qu’à 4 ou 5 heures.
Les roulements doivent être courts de 2-3 jours. Les postes de nuit de 2-3 jours consécutifs doivent être suivis de 2 jours de repos.

Aménagement pour la sécurité collective :

Pas de nuit ininterrompue de travail. Cela amènerait à réserver aux travailleurs de nuit de repos et donc à organiser des demi-équipes avec un signal sonore permettant de réveiller les dormeurs instantanément en cas d’urgence.

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