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Transitivisme,douleur et masochisme

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Transitivisme,douleur et masochisme

La  notion freudienne de contingent perceptif constant et inconstant dans ses rapports avec le jugement d’attribution a été traitée dans le chapitre «La mère et le miroir». Nous voudrions introduire autrement le transitivisme que par cette notion.

Comment introduire le transitivisme?

Dans le transitivisme normal, il n’y a pas d’écart. L’enfant n’imite pas l’autre, il compare ce qu’il perçoit de l’autre à ce qu’il sait déjà à partir de la perception passée par son propre corps c’est la mémoire telle que Freud la conçoit dans son Entwurf). Le h iinsiii visme suppose qu’à ce savoir, la douleur manque; et cependant l’enfant dit Aïe!

le  masochisme est premier, certes, mais encore?

  •  Ce Aïe! est la conséquence du transitivisme de la mère quand il déborde de son feftvoir le masochisme de son enfant, et en fait une douleur: elle crée l’affect de l’enfant.
  •  Ou bien ce Aïe! découle de ce que le masochisme de l’enfant est insatisfait, par jbNcnce de la douleur anticipée par la perception d’un coup : ce qui consiste à mettre un signifiant sur une absence d’affect.

C’est en cela que naît le sadisme

Ce  n’est pas parce que je dis Aïe! que je me suis donné un coup vraiment.

Dans  le premier cas

Si la mère dit Aïe! quand l’enfant se donne un coup, elle l’oblige à inscrire son comportement dans ce signifiant, sinon il n’y a pas inscription signifiante de la douleur et il risquerait de pousser son masochisme jusqu’à une douleur qui le débor- iln.iii complètement. La douleur ici est le signifiant qui maintient l’écart : elle fournit ‘M lii douleur pour qu’il n’y en ait pas trop. C’est la douleur pour être plus sage.

I Inc mère d’autiste laisse ainsi son enfant se servir librement de nourriture; et il se m ii : dans le frigo, ou dans le four brûlant; il ne se refroidit ni ne se brûle : ce n’est |w. un dur à cuire, ou un sujet qui sait conserver son sang froid! Pour autant, c’est un mi|ii dont la mère prend garde car son désir à elle, c’est qu’il éprouve une douleur, Imcii sûr, pour être plus sage, moins autiste.

Dans le deuxième cas

Ici l’enfant prend à son compte et par anticipation, la douleur de son pareil. Il ne tient pas compte de ce que cette douleur, de n’être pas passée par son propre corps, lui est étrangère.

  •   L’affect produit par la frustration

Dans le deuxième cas, le jugement par comparaison n’est pas possible. C’est peut- être là que se justifierait une discussion du concept de la frustration symbolique qui n’aurait pas comme effet caractéristique lorsqu’il s’agit de l’objet, de déterminer un rabattement sur une activité orale, mais qui se traduirait par la production d’un affeci indissociable de son signifiant.

Un type particulier de répétition

La répétition demandée par l’enfant du signifiant de la douleur comme pour s’exposer aux coups, comme pour vérifier que la mère prend soin de lui, est aussi répétition par résistance de l’enfant au signifiant de la douleur. En l’occurrence, tout se passe comme s’il insistait pour préserver son masochisme, et pour préserver égale­ment le sadisme de la mère dans son transitivisme : tout peut faire positivement douleur pour le protéger contre son masochisme.

Fonction sadique du transitivisme

Dans le transitivisme avec un autre enfant, l’enfant s’assure de son sadisme envers lui. Il s’assure que l’autre est bien sadisé. En souffrant de ce que l’autre s’est cogné par exemple, et en lui exprimant cette souffrance, il le sadise afin que sa souffrance se manifeste également et, au-delà, pour qu’il devienne un peu plus masochiste.

  • Transitivisme, savoir, anticipation et débordement

Quand la mère met des signifiants sur la douleur non encore éprouvée par l’enfant, non exprimée en tout cas, elle fait l’hypothèse qu’il pourra, ou qu’il aurait pu, anti­ciper le coup pour l’éviter, pour éviter une douleur. Dans ce cas-là, la mère est au lieu du savoir, lequel participe à la pulsion de conservation. Elle participe et peut-être même tient lieu de dispositif de pare-excitation. Elle n’est en l’occurrence, selon nos concepts, rien d’autre que ce qui pare au débordement de la fonction masochiste par le fonctionnement de la douleur.

On voit qu’il ne s’agit pas nécessairement de ranger du même côté masochisme et douleur, et que la douleur peut être ce qui s’inscrit de signifiant dans le corps pour faire opposition au masochisme ou le dériver vers le sadisme : agressivité dirigée vers l’extérieur ou devenant motrice.

Masochisme et Transitivisme secondaires

Les enfants qui se pensent être de trop ont des fantasmes de masochisme volon­taire : des désirs de servitude, mais avec un versant idéal «Il aurait pu se faire que… C’est ma faute si ça n’a pas été mieux». «J’aurais pu devenir médecin, mais j’ai l>référé devenir kinésithérapeute. Bref, je suis peut-être maso, mais je ne le dois qu’à moi». Ou encore : un frère se «cogne» des études, mais ce sont ses frères qui en

revendiquent le fruit (dette, transitivisme secondaire mêlé à la culpabilité). «Si nous Hptvions pas renoncé à faire des études, il n’aurait pas pu faire les siennes. Il nous ilml donc sa réussite — il est par conséquent en dette envers nous». En quoi retrou- » « mis nous alors le transitivisme? En ceci : il se «cogne» des études, mais ça doit lui I nii- «mal» de se les être «cognées» à cause de nous : la dette peut être alors i « Inprise comme la réparation, le soin apportés au masochisme, bref sa «guérison» il sa relance.

L’on repère aisément un tel transitivisme dans les groupes et associations, où ce «uni évidemment toujours les mêmes qui se «cognent» le travail : ça devrait leur lune mal de constater que ça ne profite qu’à eux, que les autres n’en bénéficient pas.

I infin, la politique est à la transitivité ce que le saltimbanque est au grand théâtre : l’opposition y souffre toujours de ce dont se charge la majorité…

 

Vidéo : Transitivisme,douleur et masochisme

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