/*

Propositions métapsychologiques :La zone qui pousse a la pulsion

Vous êtes ici : Accueil » ENFANCE » Propositions métapsychologiques :La zone qui pousse a la pulsion
Propositions métapsychologiques :La zone qui pousse a la pulsion

Si la pulsion reçoit sa poussée de la zone érogène qui l’origine, le sujet reçoit sa poussée désirante de la «zone», de la «part» de manque de son objet, lequel est donc loin de n’avoir qu’un rôle négatif dans le fonctionnement.

L’objection pourrait nous être formulée de nommer l’objet a, alors que Lacan soutient et déclare qu’il est innommable et pour ce motif le désigne de la première lettre de l’alphabet latin, et alors même que Freud, dans sa remarquable étude sur l’objet de la mélancolie, ne le nomme pas non plus. Cette objection est réfutable, si l’on considère que l’objet de «dysharmonie» désigne un incontournable réel qui, nommé ou non, reviendrait de toute façon à sa propre place ; autant dès lors le nommer puisqu’il peut l’être, plutôt que de feindre de ne pas s’occuper de ce qu’il est, en le désignant d’une lettre. S’il est dit a, et si nous l’indexons de cette façon, cette fois c’est également pour rappeler par cette lettre que son rôle est premier, princeps, structural, ri que tout autre objet quel qu’il soit n’en est que la métonymie, et y ramène.

Pour revenir de façon incidente sur l’autisme, et en reprenant le tableau synoptique donné pour n’en décrire que la symptomatologie, quoi de plus patent, de plus évident, île plus incontestable, que cet objet a partout à l’œuvre dans l’articulation de la fonc- tion et du fonctionnement, soit pour être la cause de ses déficits, soit pour être la nuise de ses excessifs débordements? Mais reprenons le principe selon lequel le lonctionnement peut corrompre la fonction à partir d’un objet que le symbolique y lixe, pour le pervertir.

Le débordement chez le pervers polymorphe

La vie sexuelle peut être spontanément éveillée chez l’enfant par des causes internes, mais elle peut l’être aussi par des causes externes et notamment la séduc­tion ; alors, dit Freud, « l’enfant peut devenir un pervers polymorphe et être entraîné à lotis les débordements5 imaginables». Il faut reconnaître dans l’égale prédisposition à toutes les perversions «un trait universellement humain et originel» [13], conclut-il.

Le débordement est évidemment en l’occurrence traumatique. Pour Freud d’ailleurs, traumatisme et séduction vont généralement de pair, et se raccordent par un trait associatif commun : le débordement. Ce débordement résulte d’un excès d’excitation endogène autant qu’exogène, qu’alimente de surcroît une poussée concomitante d’angoisse; il excède à son tour le seuil de tolérance en deçà duquel le sujet pourrait encore le liquider ou l’élaborer (refoulement, contre-investissement, rejet, amnésie, banalisation, surcharge libidinale du moi, jouissance, etc.), ou bien en nictaboliser l’énergie par abréaction (décharge, acte, verbalisation, etc.); dans son i apport à la fonction, le fonctionnement en perd toute mobilité, toute alacrité, pour se lixer à l’objet dysharmonique produit par le choc éprouvé et l’affect correspondant; iv qui se réalise ainsi est analogue à ce qui résulterait d’une levée d’un refoulement i|ni laisserait sans dénégation venir à la conscience la représentation refoulée.

Simultanément à son affect, l’autiste et le psychotique en subissent les affres, qui liichent souvent en vain de faire de ce qui leur est exogène une image endogène, mais i|iii n’ait pour objet réel extérieur qu’un lierait l’instance moïque primaire.

Racines infantiles du débordement

De ce débordement, quelles sont les racines infantes ?Deux fragments extraits des «Trois essais sur la théorie sexuelle» de Freud, permettent de les isoler. Le premier concerne l’organisation cannibalique : « Ici, l’activité sexuelle n’est pas encore séparée de l’ingestion d’aliments (…)• L’objet de l’une de ces activités est aussi celui de l’autre, le but sexuel réside dans l’incorporation de l’objet, prototype de ce qui jouera plus tard, en tant qu ’identification, un rôle psychique si important, «I Et plus loin : « Le commerce de l’enfant avec la personne qui le soigne est pour lui une source continuelle d’excitation sexuelle et de satisfactions partant des zoiwH érogènes, d’autant plus que cette dernière — qui, en définitive, est en règle générait’ la mère —fait don à l’enfant de sentiments issus de sa propre vie sexuelle, le caressf, l’embrasse et le berce, et le prend tout à fait clairement comme substitut d’un objet sexuel à part entière» .

Incorporation et identification

Dans sa démonstration, assez ramassée, Freud pose comme équivalents l’objet  sexuel et l’ingestion d’aliments; toutefois, comme le but sexuel est l’incorporation de l’objet, cet objet d’une part n’est plus celui de l’ingestion, et il est d’autre part nécessai* | rement sexuel : son destin rompt l’équivalence initiale et donne à l’identification,  l’incorporation, un objet lui aussi sexuel. On pourrait objecter que l’ingestion d’aliments et l’objet sexuel étant tout d’abord identiques, l’aliment serait lui aussi sexuel et lui aussi serait incorporé, l’identification ne portant en fin de compte que sur lui (le lait, ou le sein par exemple). Cette séduisante objection ne tient pas : car pouf» quoi dans un cas Freud ferait-il état d’ingestion, et dans l’autre d’incorporation Il indique d’ailleurs que l’incorporation n’est pas limitée à l’activité orale proprement (peau, respiration, vision, audition, etc., peuvent relever de l’incorporation), et vise, par destruction de l’objet incorporé, à en assimiler les qualités, les traits fondamentaux. |

Commerce sexuel

C’est d’ailleurs le vaste registre de l’incorporation qui nous a conduit à choisir l| second fragment; la zone érogène orale, plus précisément l’enclos des lèvres, souici d’une continuelle excitation sexuelle et d’une constante satisfaction, s’élargit à tout «le commerce» de l’enfant avec sa mère, qui lui fait don de sentiments issus de h« propre vie sexuelle en le caressant, l’embrassant, le berçant, et qui le prend «claire ment » comme substitut d’une objet sexuel « à part entière ».

Ce commerce, élargi à de multiples zones corporelles ramenées à la zone érogène labiale et buccale, c’est à lui que se repère le débordement d’une fonction vitale qui est l’ingestion par son fonctionnement, devenant sexuel au point de pouvoir eu élargir le ressort ou de lui trouver des objets substitutifs, qui ne soient plus lev aliments proprement dits et qui ne soient plus satisfaisants que pour le fonctionne« ment, comme c’est le cas lorsqu’il y a suçotement d’un pouce.

Le fonctionnement peut être débordant, au point :

-    de ravir à la fonction ses objets ;

-    de la priver d’une réelle satisfaction ;

-    de lui substituer une satisfaction imaginaire à laquelle participe le fantasme;

-de conduire la fonction à requérir un excès d’objets, tant leur bivalence pernu’l

de satisfaire aussi le fonctionnement;

-   de la conduire à n’en plus requérir, en leur ôtant tout indice de satisfaction ; de se dissocier de la fonction.

A ces débordements du fonctionnement sont notamment repérables les anorexies, li boulimies, les caresses des organes génitaux externes tandis que les lèvres tètent |p soin, etc. Le nourrisson, l’enfant, y participent certes activement; mais il n’y a rien lu qui puisse induire à penser qu’il s’agisse chez eux d’une quelconque disposition  génétique, constitutionnelle ou autre.

Mieux vaut expliquer cette active participation par le rapport, le commerce qui  entretiennent le nourrisson et sa mère, commerce dont se soutient le fonctionnement  et ses débordements (ou ses insuffisances bien sûr). Ce commerce est peu anodin :

  • C’est pour l’enfant une source continuelle d’excitation sexuelle et de satisfactions ;
  • C’est ce qui aiguillonne la zone érogène, afin qu’en partent excitation et satisfaction ;
  • L’aiguillon, c’est la propre vie sexuelle de la mère;
  • par ce commerce, l’enfant devient pour elle un substitut d’un objet sexuel, et il le devient à part entière.

L’objet sexuel fixé dans le fonctionnement

l’our ce qui est de faire déborder la fonction par son fonctionnement à partir d’un nliji’l qui n’est pas à proprement parler celui de la fonction, mais qui est celui du fonctionnement et qui, de s’y fixer, devient sexuel, la mère ne manque pas d’ardeur! |!l l’objet sexuel qu’elle fixe de la sorte dans le fonctionnement pour le faire llt’horder, pour qu’il déborde la fonction, quel est-il? C’est son propre enfant, objet Ifxucl à part entière. La fonction d’un enfant peut donc être pour lui, ou contre lui, ilrhordée par un fonctionnement qui se fixe comme objet propre cet enfant lui-même, mais devenu pour sa mère substitut d’un objet sexuel. Dans un tel jeu de miroir à trois fltivs, l’enfant peut être partie prenante du désir de sa mère.

 

Vidéo : Propositions métapsychologiques :La zone qui pousse a la pulsion

http://www.youtube.com/watch?v=3eLFWwdoxgk

Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié