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Propositions métapsychologiques :Fonction paternelle et fonctionnement du père

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Propositions métapsychologiques :Fonction paternelle et fonctionnement du père

Est-ce que la fonction paternelle, parce qu’elle est une fonction, est à ce seul titre  phallique? Le phallus étant signifiant du manque, le père serait-il dès lors le sigm fiant du manque dans le grand Autre? Autrement dit, puisque dans cet Autre la mer« n’a pas à être «toute», le père y tient-il une place qui serait complémentaire, ou y tient-il la place qui lui serait propre? Ou bien, est-ce parce qu’il est signifiant du  manque dans F Autre, que la mère n’y peut être toute?

Le signifiant du manque dans l’Autre

C’est cette fonction paternelle comme signifiant du manque dans l’Autre qui permet au sujet d’être représenté par un signifiant auprès d’un autre. Faute en effet do signifiant du manque, aucun signifiant ne manque à un autre, aucun n’est différentiel pour l’autre, aucun ne peut donc donner lieu au sujet dans l’Autre. Par exemple, lors de la déclaration de ma naissance, à l’état civil : mon nom me représente et me vaul déclaration. Je suis donc représenté par mon nom, pour faire déclaration.

  •   Si la mère prend toute la place dans le grand Autre, il n’y a pas de manque de signifiant : elle va me représenter, mais auprès de qui, de quoi? Elle prend la place du père, mais sans être pour autant signifiante du manque dans l’Autre.

La mère tient lieu de toutes les fonctions pour l’enfant, quand après sa naissance il est incapable de quoi que ce soit. Mais tient-elle aussi la fonction paternelle? Certes non. Car à ce moment, ce qui est nécessaire à l’enfant, c’est que par son concours, chacune des fonctions ait un fonctionnement adéquat correspondant.

  •   Et pourquoi, puisque la mère peut pourvoir à tant de choses qui satisfont son enfant sans manquer de la satisfaire elle-même, pourquoi normalement constatons-nous que tout cela cesse (ce qui correspond à la fin de « la maladie de la mère »)? Cela cesse pourrait-on dire, parce qu’elle est aux prises avec deux débordements qui sont liés : 1

_ le fonctionnement de l’enfant (fonctionnement pour lequel elle a beaucoup fait) déborde progressivement les fonctions de sa mère ;

_ le fonctionnement sexuel du père déborde les intérêts de la mère pour son seul enfant, afin de la rappeler à la sexualité.

A ce moment et grâce au père, la délivrance de la mère est complète.

_ Ceci posé, la question se pose toujours de savoir en quoi la fonction paternelle est une fonction, et quels en sont les fonctionnements au sens où nous l’entendons.

En effet dans la psychanalyse, et ailleurs, ce dont on parle, et fort justement, c’est du foncionnement paternel. C’est toujours du fonctionnement, c’est essentiellement flln fonctionnement qu’il s’agit dans l’analyse quand à propos du père, il est porté plainte. Est-il possible d’y aborder la fonction paternelle elle-même? Qu’en est-il de la fonction en tant que telle, si elle existe?

La fonction paternelle

Freud a parlé de la fonction paternelle proprement dite,quant il établit d’une façon d’ailleurs énigmatique que l’identification primaire se fait  au trait unaire paternel, c’est-à-dire à la loi de l’interdit de l’inceste dont il prend  consistance.

Comment penser autrement la fonction paternelle?

C ‘ette fonction est représentée par son nom, non pas tel homme ainsi nommé, ni tel héros ainsi décoré d’un nom, mais de ce que la fonction procède du père, qui ne peut pas  ne pas avoir de nom, pas seulement dans la langue, mais dans le langage; ce qui suppose que dans le réel, le père doive être le nom qui le nomme : c’est là le minimum et l’essentiel du trait de l’identification primaire. Tout comme est impos­able qu’il n’y ait pas de père réel, le père comme nom (à savoir que père : c’est un limn), est une nécessité logique. Dans le grand Autre, la fonction de ce nom, c’est d’y flic en tant que le grand Autre est le lieu des signifiants.

Si la mère tient toutes les fonctions, elle peut croire pouvoir tenir aussi la fonction de  ce nom. Dans cette hypothèse, le nom du père est pour elle imprononçable, car de le prononcer, elle en perdrait la fonction.

Mais dans le grand Autre, il y a ce nom; c’est ça sa fonction : c’est d’y être. Conséquence quant à l’identification primaire

. Ce que nous venons de dire suppose que l’identification primaire de l’enfant à mm père consiste dans la certitude logique qu’il manque quelque chose à la mère.

 . Et la fonction paternelle, c’est d’exclure qu’il ne manquerait rien à la mère.

.Quand Freud dit qu’il y a identification primaire au père, c’est du père en tant que nom, et tel que nous venons d’en préciser la fonction, qu’il parle. Le trait unaire : c’est le nom du père.

.Autrement dit, ce qui manque toujours à la mère, ce n’est pas le signifiant père, qui comme signifiant est dans l’Autre, c’est de pouvoir prétendre être le réel corres­pondant au nom père. La fonction paternelle exclut qu’elle puisse avoir cette prétention; elle exclut qu’il puisse venir à l’idée de quiconque d’y renoncer.

 Signifiant du manque

Ainsi le père est-il signifiant du manque dans le grand Autre, et c’est aussi sa fonc­tion; il est signifiant du manque dans l’ensemble des fonctions, phalliques parce qu’elles sont fonctions; il est même signifiant commun du manque dans toutes ces fonctions et du manque dans le grand Autre : il est donc ce signifiant par lequel le grand Autre et les fonctions peuvent s’articuler.

Ce qui explique qu’il soit si difficile d’être un père :

  •  L’être pousse à l’identification primaire qui nécessite ce nom et sa fonction, 1 C’est d’ailleurs plus exactement cette fonction qui pousse à cette identification.
  •  Du coup, l’enfant se trouve confronté à la nécessité de l’anticiper. Que la mèril veuille faire de lui son phallus, c’est ce qu’elle lui propose pour n’en rien anticiper. 1

Le fonctionnement paternel

Parenté, filiation, légitimité, transmission, meurtre du père, paternité, lien et idcnli* 1 fication au père, interdit paternel, idéalisation du père, imago paternelle, complexi® paternel, haine et amour du père, ambivalence, culpabilité, rivalité et castration : tout I cela et autre chose encore, relève du fonctionnement paternel.

Tout ce qui est Autre à la fonction paternelle telle que nous proposons de lu conceptualiser, se regroupe donc dans le fonctionnement paternel ; fonctionnement qui peut connaître selon les situations, les liens familiaux ou sociaux, les cultures, si’» | excès ou ses déficits de débordement; fonctionnement qui peut fixer un objet (lu I mère) à la fonction ; fonctionnement qui peut s’ordonner à la fonction ou la pervertir; I fonctionnement que quiconque peut assumer; fonctionnement qui ne peut en aucuns 1 façon cependant contrevenir à cette loi : la fonction paternelle comme signifiant du manque dont le fonctionnement est marqué, et par lequel il peut prendre consistance, 1

Conclusion

Après ce qui vient d’être élaboré, pour différencier fonction paternelle et fonction- 1 nement du père, le lecteur peut facilement reconnaître le registre auquel appartienl cette intervention faite à un adolescent : «Si vous êtes tenté par la drogue, n’est-ce pas parce que vous supposez que votre père peut tout se permettre? »

 

Vidéo : Propositions métapsychologiques :Fonction paternelle et fonctionnement du père

http://www.youtube.com/watch?v=UYL4Fg2pFHg

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