Les psychoses infantiles

Les psychoses infantiles

Les psychoses autistiques précoces :

Les modalités de début :

Les premières manifestations de ces affections ne sont plus souvent retrouvées qu’après coup, au cours d’une enquête anamnestique effectuée à propos d’un jeune enfant de 2ans présentant déjà des troubles majeurs. Il semble pourtant qu’un diagnostic et des mesures thérapeutiques précoces soient des éléments importants pour le diagnostic des psychoses autistiques. Cette dernière demeure, dans l’ensemble, très grave.

Les premiers troubles consistent le plus souvent en des anomalies des interactions mère-enfant comme l’absence d’apparition des « attitudes anticipatoires », un retard ou une absence d’apparition du sourire, et un trouble du développement psychomoteur (ajustement postural) au cours de la première année.
A ce trouble s’associent régulièrement des conduites alimentaires perturbées, une insomnie précoce soit de type agité, soit calme, plus évocatrice, et un intérêt pauvre ou inexistant pour les jouets.

Le tableau clinique de l’autisme de Kanner :

Le tableau clinique devient caractéristique et complet vers l’âge de 2ans.
L’autisme de Kanner est la forme la plus typique des psychoses autistiques précoces. Il est environ quatre fois plus fréquent chez les garçons que chez les filles. Les principaux symptômes sont représentés par diverses manifestations témoignant d’un autisme grave avec stéréotypies gestuelles et par des troubles du langage.

  • L’autisme : il se traduit essentiellement par le fait que l’enfant semble indifférent à son entourage, ne communique pas avec les autres. Dans la plupart des cas, il parait désintéressé, évite le regard, indifférent à l’appel de son nom et à la plupart des stimuli sonores. Sur le plan comportemental, l’enfant autistique peut rester immobile et inactif des heures durant, ou se livrer à divers comportements stéréotypés comme des balancements, des jeux interminables avec un objet quelconque investi de façon massive (comme en témoigne les accès d’angoisse, de colère agressive avec parfois violences lorsqu’on cherche à lui retirer).Toute intrusion de l’entourage et toutes modifications de l’environnements sont susceptibles de déclencher de telles réactions d’angoisse aigue, d’impulsions violentes, hétéro- et auto-agressives.
  • Les troubles du langage : Ils sont constants mais de nature variée ; Dans les formes les plus graves,le langage est inexistant. Ailleurs, l’enfant ne dispose que d’un langage rudimentaire, formé de mots isolés, déformés, incomplets.

Dans certaines formes cliniques, le repli autistique est moins prononcé et masquer par une instabilité psychomotrice ou par une activité d’allure ludique mais sans valeur de communication réelle avec autrui.

D’autre part, lorsqu’un certain langage à pu se développer, il se caractérise par l’impossibilité d’utiliser de façon adéquate le « oui », le « non » et les pronoms personnels (je, tu).

  • Les autres symptômes : il ya d’autres manifestations possibles de l’autisme précoce tel que, des tics, des rituelles alimentaires, d’habillement….

L’épilepsie associée est d’apparition plus au moins précoce.

Diagnostique et évolution :

Le diagnostic est en règle générale facile lorsque le tableau clinique est complet. Il est en effet aisé d’éliminer une surdité, une audi-mutité ou une arriération mentale.
Le pronostic d’ensemble de cette affection est très grave. Le développement du langage et la qualité de celui-ci sont sans doute le meilleur élément qui puisse permettre d’apprécier l’adaptabilité ultérieure d’un enfant autistique.

Dans les formes précocement traitées, la reprise d’un certain contact avec autrui et du développement du langage peuvent s’observer, avec, néanmoins, persistance de troubles importants de la personnalisation et des fonctions symboliques qui expliquent le caractère limité des relations interindividuelles.

Les psychoses a expression tradive :

Dans ces psychoses, coexistent des comportements autistiques et des signes de retard mental global. Elles sont parfois qualifiées d’arriérations-psychoses et ont déjà été évoquées à propos du diagnostic de retard mental. Elles correspondent aux tableaux cliniques que l’on décrivait auparavant sous les termes d’arriération mentale « avec troubles affectifs graves associés » ou de « débilité évolutive ».
Ce diagnostic est évoqué lorsqu’en présence d’un retard mental et de troubles psychomoteurs, on constate chez un enfant âgé de 3à 7ans une franche dysharmonie d’acquisitions selon les domaines concernés.

Les dysharmonies évolutives de structures psychotiques :

Ces troubles, individualisés par R.misès correspondent à certaines psychoses symbiotiques décrites par M.Mahler. Ils apparaissent plus tardivement que l’autisme et le « retrait » est moins massif que dans la psychose de Kanner. Ils se distinguent par ailleurs des psychoses à expression déficitaire par le fait qu’ « initialement, la part du défit fixé apparaît négligeables ou limite à la sphère fonctionnelle (langage, psychomotricité) » (R.Misès). La description clinique qu’en propose cet auteur comprend :
-Des difficultés dans les interactions précoces mère-enfant.
-Une angoisse massive de séparation
-Un échec des tentatives d’autonomisation
-Une incapacité à communiquer avec autrui de façon adaptée, avec isolement, et ambivalence affective vis-à-vis de la mère.
-Une symptomatologie obsessionnelle avec rituels divers, extensifs et très contraignants
-Des troubles psychomoteurs avec maniérisme, attitudes « précieuses » et sophistiquées.
-Les troubles du langage : monologue, logorrhée ou mutisme.

Les psychoses a extériorisation tardive :

Ces psychoses sont parfois qualifiées de psychoses de la période de latence
Le tableau clinique est plus riche et plus variable et moins déficitaires que les psychoses précoces :

a-Des signes de retrait et d’isolement (contact lointain, froid, isolement apragmatisme, etc.)

b-Des signes d’instabilité psycho-motrice : agitation, difficultés de concentration, hyperactivité, violence, crises auto ou hétéroagressives.

c-Une production fantasmatique ou délirante : fantaisies imaginatives, fantasmes de morcellement, etc.

d-Des signes d’anxiété et des signes de la lignée névrotique, surtout des phobies, des obsessions et des rituels.

e-Des troubles du langage : refus, mutisme, altération, etc.

f-Des troubles psychomoteurs : maladresse, ralentissement, stéréotypies, etc.

Prise en charge des psychoses infantiles :

La diversité des thérapeutiques proposées montre bien qu’aucune ne peut être considérée comme une panacée.
Les neuroleptiques sont les molécules les plus prescrites; ils atténuent parfois la symptomatologie (en particulier l’angoisse et l’instabilité de l’enfant psychotique) et favorisent ainsi la reprise du processus structurant ainsi que la qualité de la relation thérapeutique. En fait, le plus souvent, on a recours aux psychothérapies d’inspirations diverses et à un aménagement du cadre de vie.

Les techniques « réparatrices » visent à éviter à l’enfant toutes frustrations et l’aident à vivre de façon harmonieuse et satisfaisante toutes les étapes de la relation mère-enfant qu’il aurait manquées. Les techniques « interprétatives » reposent sur le modèle psychanalytique. Les techniques « comportementales » visent à effacer les symptômes les plus gênants.
La prise en charge de tels enfants se fait dans des institutions de divers types: externats, internats médico-pédagogique, hôpitaux de jour, familles d’accueil.

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