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Introjection,projection,incorporation

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Introjection,projection,incorporation

 

Incorporation et introjection

C’est parce qu’il y a fonction entendue comme phallique, que l’incorporation — par inscription signifiante — est possible, et c’est en cela qu’elle s’oppose à l’introjection, laquelle ne suppose pas la mise enjeu d’une fonction puisqu’elle n’est pas relative au corps, mais à un jeu d’équivalences imaginaires.

  • Manque, objet a et miroir

Dans cette mesure, l’objet a ne peut être concevable que du côté de la jouissance phallique, donc du côté de l’incorporation. Du côté de l’introjection, ce n’est pas d’un objet a qu’il s’agit, mais d’un manque, puisque l’introjection est du côté de l’identifi­cation ; et que ce manque ne fait jamais trou dans le réel, mais seulement dans le miroir. Ce n’est donc pas d’un objet non spécularisable qu’il s’agit alors, mais d’un trou dans le miroir.

  •  Le corps en l’Autre

Dans le miroir c’est du corps au lieu de l’Autre qu’il s’agit, c’est-à-dire du corps des signifiants : quel sexe cela a-t-il? L’Autre n’est donc pas ce lieu grâce auquel on saurait tout de son identité sexuelle si l’on s’y trouvait. La mère, quand elle s’y colloque, en devient à cet égard énigmatique pour son enfant, qui peut croire pouvoir lever cette énigme, en étant ce petit bout de corps par lequel il serait ce par quoi son identité sexuelle se définirait. Il se voudrait alors non pas seulement objet phallique pour la mère (cf. le leurre) mais phallus de la mère — réel ici.

Registre de l’introjection, registre de l’incorporation

Cela ne permet certes pas de conclure que l’introjection n’existerait pas, mais cela permet de mieux en préciser le registre : le registre ou l’instance de l’introjection- projection, c’est le moi. Ce moi que Freud excluait d’abord du registre des pulsion sexuelles, et qu’il réservait au registre des pulsions non sexuelles d’auto- conservation. Le registre de l’incorporation, d’une part concerne le sujet, puisque le sujet est anticipation, c’est-à-dire qu’il n’a besoin d’aucun support-, mais il supposMI qu’un signifiant le représente auprès d’un autre signifiant. Pour le dire avec plus de rigueur et cliniquement, le sujet suppose — c’est sa fonction anticipatrice qui le lui I commande — un pour un c’est-à-dire un signifiant relatif au savoir inconscient pour un signifiant relatif à ce qui en vaut conceptualisation. 11 y a là «après- coup de l’anticipation». Je me suppose une mère parce que je suis né : et c’est pour V» que j’en veux savoir quelque chose. Cette fonction d’anticipation objective s’exerce quelle que soit la qualité du (trou, manque, mort) puisqu’elle fonctionne ni  c’est-à-dire après-coup. Le fonctionnement — lieu d’un  permet à l’enfant d’anticiper une fonction, c’est-à-dire ce qui peut en être le signifiant maître

Cette anticipation, elle parle sur ce qui vaut au S2 d’être élu pour le S1

Une projection part du S, pour «anticiper» un S2 (paranoïa, qui met enjeu Vimage du corps). L’incorporation part du S2 pour anticiper sur S, ; elle part d’un savoir, pour lui supposer son (ou ses) concept (s). La fonction, pourquoi est-elle phallique? Parce qu’elle est conceptuelle, qu’elle est de l’ordre du concept.

| Cette supposition crée un support, car le signifiant a besoin d’un support lui, qui n’est autre au début que le corps de la mère. Le support du signifiant est troué, tout tomme l’est le corps de la mère. Et du coup, l’incorporation concerne le signifiant, mais le concerne surtout à partir de la topologie du sujet, qui n’est autre au début que le corps de la mère, dont elle fait projection sur le corps de son enfant et ses orifices ; projection qu’il reçoit bien sûr cinq sur cinq.

Le trou du corps de la mère — du miroir qu’elle est — est au premier chef la liouche. Ce qu’elle a à anticiper du S2 des fonctionnements de l’enfant — ce qu’elle ni saurait — elle ne peut le faire que pour constituer son Sb son savoir à elle (si c’était de celui-ci qu’elle partait, elle serait une mère qui saurait déjà tout du fonc­tionnement et des fonctions de l’enfant). C’est dans la mesure où elle établit partiellement ce type de rapport, que pour l’enfant son propre corps est pris dans une relation paranoïaque avec son propre corps à elle.

Le trou de la bouche est celui qui est enjeu dans l’incorporation, puisque ce trou, il pnrle du lieu de l’Autre, et que ce faisant, il permet à l’enfant son incorporation signi- liante. Ce qui est à incorporer dépend du tour de ce dont est fait le trou, de ce en quoi l;i mère est trouée (elle peut ne jamais l’être : il n’y a rien d’inscriptible). Ce que l’enfant incorpore, c’est le trou de la mère, lequel est incorporable parce que ce trou est signifiant pour l’enfant. Et il est signifiant à quelle condition? A condition que cette incorporation soit anticipable. Une mère qui ne fournirait aucun S2, aucun »«voir, laisse son enfant dans l’impossibilité d’en concevoir un S,.

L’incorporation, c’est aussi de prendre corps; par l’incorporation signifiante, l’enfant prend corps, le signifiant pour lui anticipe le corps qu’il va prendre ou dont il vu se connoter. Quand la mère anticipe le S2chez son enfant pour savoir quelque chose de son S, à elle, elle n’est pas « lacanienne » à ce point, mais elle l’est clinique­ment et concrètement; c’est-à-dire que si elle n’anticipe pas quelque chose de l’ordre iln besoin dans ses pleurs par exemple, eh bien elle ne le nourrit pas, et il peut en mourir, le condamnant à la jouissance autiste — à l’objet halluciné du désir, voire du lu’soin. Pour qu’il n’en reste pas à la jouissance autiste, il faut qu’il incorpore. Or il n incorpore pas que de la nourriture, évidemment; il incorpore ce que sa mère lui en dit — il mange ses mots — mais n’en incorpore-t-il que de la voix (signifiant phoné­tique)? ou peut-il aussi incorporer, et de façon signifiante, du corps parlé, et pas nécessairement parce qu’on lui parle son corps à lui (objet voix) mais parce que le corps de la mère a été ou est parlé : c’est ici toute la place qu’elle donne dans son discours au père et à son désir. Si le signifiant n’est pas uniquement une pure diffé- ivnce phonétique, mais passe par le fonctionnement — qui n’est pas image alors l’inscription signifiante peut également être incorporée bien que non phonétique. Cette  incorporation n’a rien à voir avec l’imitation, mais avec le registre de la fonction.

La posturo-motricité n’est pas illusoirement l’ensemble contenant des fonctions : elle n’est pas qu’un contenant, qu’un pot sans orifice. Elle est une fonction elle aussi, dont le fonctionnement est ce qui permet d’anticiper la coordination psychomotrice, à partir d’images virtuelles de son aboutissement qui sont relatives à ses objets a. Étant une fonction, elle est également jouissance, et de cette jouissance, ces objets virtuels sont les objets spécifiques. Cette spécificité signifie que si la posturo-motricité, parce qu’elle est fonction, n’est pas un objet a, le fonctionnement qu’elle commande, commande à son tour que ses objets a lui soient spécifiques. Si elle est une fonction, c’est son fonctionnement qui produit des objets a qui lui sont propres, spécifiques, « à distinguer des autres objets a.

 

Vidéo : Introjection,projection,incorporation

http://www.youtube.com/watch?v=qNByQji8LCU

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